LVII. — CONCLUSION
Le droit d’une juste défense comprend aussi celle de nos alliés civils et spirituels.
Gibbon.
« Les croisades ont été très-diversement appréciées , dit le P. Tervs^ecoren dans ses Précis historiques. Il faut attribuer la cause de ces divergences d’opinions aux changements survenus graduellement dans l’étude de l’histoire , à la mauvaise foi des protestants et des ennemis de Rome dans les discussions historiques, à l’empire des préjugés répandus de toutes parts contre l’action de l’Église. »
(( Longtemps déchirée par les barbares du Nord , dit Joseph de Maistre (1 ) , l’Europe se voyait menacée des plus grands maux. Les redoutables Sarasins fondaient sur elle, et déjà ses plus belles provinces étaient attaquées, conquises ou entamées. Déjà maîtres de la Syrie, de l’Égypte, de la Tingitane , de la Numidie, ils avaient ajouté à leurs conquêtes d’Asie et d’Afrique une partie considérable de la Grèce, l’Espagne, la Sardaigne, la Corse, la Fouille, la Calabre et la Sicile en partie. Ils avaient fait le siège de Rome et brûlé ses faubourgs. Enfin ils s’étaient jetés sur la France, et dès le huitième siècle, c’en était déjà fait de l’Europe chrétienne, c’est-à-dire aussi des sciences et de la civilisation, sans le génie de Charles Martel et de Charlemagne, qui arrêtèrent le torrent. »
{\) Du Pape, liv. III, ch. vu.