Kane et 0-Kanaloa, lui demandèrent
Heaha kau huakaï nui.
Pourquoi as-tu entrepris un si g*rand voyage,
E Kàhai^ i iki mi aï ?
Kahaï, et viens- tu ici ?
1 imi mai au i ka Hema^
Je viens à la recherche de Hema ;
Aia i Kahikif aia i Ulupaupau^
Qui doit être dans Kahiki, dans Ulupaupau,
Aia i ka Aaia^ haha mau ia a Kane^
Saisi par l'Aaia, toujours inspiré par Kane,
Loaa aku i kukulu o Kahiki ;
Après avoir atteint les limites de Kahiki (3).
(1) flanaia-Kama-Lama était le sobriquet de la mère de Hema, Hina, On dit que, mécontente de ses enfants Puna et Hema, elle remonta dans la lune, mais que, pendant qu'elle montait, son mari Aïkanaka, la prit par la jambe et l'arracha ; à la suite de quoi elle fut appelée Lono Moku « l'Estropiée Lono ». M. J. B. Dole, dont la traduction de ce chant, publiée dans VHawaiian Club papers (Boston, 1868), dit que Hanaia Kama Lama est l'étoile ou croix du Sud.
(2) Ce placement de Kanaloa dans la même catégorie que le Dieu Kane, indique l'origine méridionale du chant, bien que les bardes hawaiiens, en arrangeant la légende, aient donné la première place à leur propre ancien Dieu Kane, en mettant son nom avant celui de Kanaloa. (Note de Fornander.)
(3) Ne pourrait-on pas, d'après cela, traduire Kakini par : terres, mondes, îles connues ?
A notre avis cette iég-ende a évideiQinent trait à celle que nous avons rapportée (1) et qui était attribuée à un grand prêtre, nommé Kama-pii-Kaï.
Comme on vient de voir, en ne cherchant que la vérité, Fornander reconnaît que la traduction hawaiienne est, non seulement identique à celle de la Nouvelle-Zélande, mais provient des émigrants du Sud aux Hawaii ; elle vient donc elle-même corroborer l'opinion que nous soutenons dans notre ouvrage.