‹ Légendes des îles Hawaii, tirée de Fornander et commentées, avec une réponse à m. de QuatrefagesChapitre 6 sur 8 · TEXTE ET TRADUCTION · texte numérisé non relu

TEXTE ET TRADUCTION

Ka^Ulu nei wau^ Je suis Ka-Ulu, O ka kama o Kalana^ Le fils de Kalana,

(1) Les Polynésiens, t. 2, p. 174.

(2) Ka étant l'article défini le devant les noms ou tout' au plus la préposition qui a le sens général de : de, appartenant ^,nous croyons que Fornander a eu tort de ne faire qu'un seul mot de Kaulu, et qu*il faut écrire Ka-Ulu. 11 ne s'agit, presque certainement, dans cette légende que du grand et célèbre ancêtre Ulu auquel tous les Polynésiens du Sud rapportent leur descendance.

OkahiamoeKapu^

Le rejeton sacré,

Kaauvoaalalua (1).

Le diable de mer (la raie gig'antesque) ;

Ke keele maa alaioa ;

Le grand frondeur (habile à la fronde).

Kuulei, pawa (2).

Les couleurs de Tarc-en-ciel, la lumière du matin,

Ka mea nana i hoo lei ;

Senties choses qui Font couronné partout :

Ka-Ulu mauka, e Ka-Ulu makaï ;

Ka Ulu à terre, Ka-Ulu à la mer ;

E Ka Vlu-e-Kiwaa ia (3)

Ka-Ulu e, est un kiwaa;

E Ka-Ulu-e-auwaa ia.

Ka-Ulu est toute une flotte (une armée).

O lele aku keia o Wavau (4) ;

Il a abordé (visité) Tlle Wavau,

O Upolu, o Pukalia iki,

Upolu, la petite Pukalia,

Pukalia nui^ o Alala ;

La grande Pukalia, et Alala,

O Pelua^ o Palana., o Holani ;

Peina, Palana, Holani,

ke Kuina^ (5) o Ulunui^ o Uliuli ;

(1) Nom de la raie diable de mor, poisson monstrueux, qui se montre à la surface de Teau comme un canot submergé.

(2) Traduction peut-être inexacte : Kuu étant le pronom mon, ma, mes et leï signifiant guirlande, couronne.

(3) Kiwaa est le nom d'un très gros oiseau de mer, probablement TAIbatros*

(4) Wavau et Upolu sont les noms encore actuellement portés par deux îles, la 1" du groupe Hafulu-bu, là seconde du groupe Samoa. Peut-être Alala n'est-elle que VAlofl du groupe A'iu-Fatu, ou îles de Hoorn de Lemaire, dont l'autre est Futuna avec une haute montagne.

(5) Fornander traduit le mot Kuina par isthme, mais peut-être n'est-ce que le nom prdpre d'une île ou d'une presqu'île. Toutefois, l'article préfixe ke lui semble indiquer le contraire, et Kuina, dit-il,

L'Isthme, Ulunui, Uliulî,

O MelemelCy o Hûkua, hû Alo ; ■

Melemele, Hûkua, hti Alo,

Hakalauaï ; apo ka lani ; Hakalauai ; il a embrassé (mesuré) le ciel ; Apo ka po, apo ke ao ;

Il a mesuré la nuit, il a mesuré le jour,

Apo kukulu Kahiki ;

Il a atteint les limites (les points cardinaux) de Kahiki ;

Pau Kahiki ia Kaulu ;

Tout Kahiki a été exploré par Kaulu ;

Pau Kahiki ia Kaulu ;

Tout Kahiki a été exploré par Kaulu,

1 koa o halulu koakoa ;

Jusqu'aux récifs de Corail, où la mer brise en grondant, Maï ke au paha ta Ku, Lesquels datent peut-être du temps deKu, Mai ke au paha ia Lono.^ Peut être du temps de Lono, 1 wahia aï ka pumaleolani (1), Quand la coquille sacrée fut brisée.

ka pupu^ ka naia ; les coquillages, les marsouins, ka lei kua^ o ka lei alo !

Les guirlandes pour le dos, les guirlandes pour la poi-

[trine.

ka lele, o ka lele o kela^ L'autel, Tau tel de celui là !

Haku hakualani kau makua kane ;

est une expression poétique employée pour isthme, son vrai sens littéral étant a jonction ». Ce mot signifie aussi aux Sandwich ; couture, linceul.

Il croyait donc qu'il s*agissait de Tahiti.

(1) Pumaleolani était le nom d'un gros coquillage, dans lequel les grands chefs seuls avaient droit de souffler, il était tapa pour tout inférieur, qui ne pouvait le toucher. Le sens de cette expression et des lignes précédentes, est que depuis les temps les plus reculés ieS Tapus avaient été rompus et l'autorité méprisée.

Hakuhakualani est mon père ; O ka lele^ o ka lele o kaia l Oh ! ses autels, ses autels étaient nombreux. Lele ka oili o ka lani^ lele i ka lani ; Les deux sont ag-ités, ils volent, ils se précipitent ; Lele ka na lokuloku, lele i ka lani ; Une pluie terrible tombe, se précipite du ciel ; Lele ka an hea^ lele i ka lani ; Une pluie lourde tombe, en se précipitant du ciel ; Lele ka ua huma^ lele i ka lani.

Une petite pluie tombe en venant du ciel ; Lele ka Pinaohaolo lani^ lele i ka lani.

La mouche drag-on prend son vol et vole au ciel; O lele aku keia o Moanawaikaioo (l) ; Celle-là s'envole vers Moanawaikoioo. O ke au miki, o ke au ka^ e mimilo ai ; On est pris (saisi) par le courant, par un courant qui

[tourbillonne, par un gouffre.

E make ai ia o<3, 11 faudra que tu le surmontes ; E lele paha, e kupaha.

Tu le passeras (échapperas) peut-être, peut-être y res-

[teras-tuî

LEGENDE DE PAUMAKUA (2).

l'un des chefs de l'île Maui.

Diverses légendes relatives à ce Paumakua rapportent une partie de ses courses dans les pays étrangers ; elles

(l)Nous croyons quela traduction n'est pas tout à fait exacte, notamment pour le mot Moanawaikaioo. Comme on voit, d'ailleurs, ce ne sont que des fragments descriptifs mal cousus, mais pleins d'intérêt et faisant vivement regretter que la légende ne soit pas plus complète.

(2) Ouv. cild, t. II, p. 25.

disent comment il fit le tour du monde (Kaapunl Kahiki) et indiquent toutes les terres vues par lui en dehors du groupe Hawaii.

L'une d'elles rapporte qu'à son retour de Tun de ses voyages lointains, il ramena avec lui, à Oahu, deux hommes Haole (1) qu'on disait être prêtres : ils s'appelaient Auaiiahinu et Auakamea, et furent surnommés plus tard : Kaekae et Maliu. C'est de ces deux hommes que plusieurs familles du clergé des îles Hawaii disent descendre.

La même légende établit que Paumakua amena en même temps un prophète (I{aula), appelé Malela; mais la tradition ne dit pas que ce dernier fût un homme blanc.

Une autre légende rapporte que lorsque Paumakua revint d'un de ses voyages, il amena avec lui trois personnes « haole » appelées Kukahauula, Kukalepa (hommes) et Haïna Polo (femme).

Ces étrangers blancs^ dit Fornander, sont décrits dans la légende de la manière suivante : « Ka haole nui, maka alohilohi, ke a holehole, maka aa, ka puaa keokeonui, maka ulaula ». C'est-à-dire, des étrangers de haute taille, aux yeux étincelants, aux pommettes (joues) pelées, au regard insolent, de grands cochons blancs, avec des faces rougeâtres.

Dans un fragment d'ancienne légende, il est dit :

O Paumakua^ ka lani ô Moenaimua ; Paumakua le seigneur de Moenaïmua ; O ke aliinana ihele ke Kahiki^ Le chef qui est allé à Kahiki î A Kahiki i ke kaiakea (2), A Kahiki, dans la mer aux récifs, O mimo^ ô momi, ô ka mamio (3).

La belle, la précieuse, la prospère.

(1) Fornander traduite haole » par « blanc », mais à tort peut-être, ce mot signifiant avant tout <' étranger ».

(2) Fornander écrit en un seul mot, mais à tort. Il faut lire : Kai, mer, A, couleur, Kea, blanche ou mer de Corail.

(3) Remarquer que si, en hawaiien, « momi » signifie a pierre précieuse », il signifie également « perle », et que « mamio » doit être

O ha ia tnaïloko (1), o ka Auakahinu !

Oh ! le poisson pris, c'est Auakahinu (2). Auakameaialaniy C'est Auakamea les nobles! (du ciel).

LÉGENDE DE KAUMAILIULA (8).

Kaumaïliula était un chef hawaiien dont les aventures dans les pays étrangers étaient devenues le sujet de toutes les conversations comtemporaines, et de la légende suivante.

Il était petit-fils de Hikapaloa, le célèbre chef hawaiien de Kohala, de la lignée de Nana-Ulu, et le frère de Luukia. la femme de Olopana.

Il se maria avec sa nièce Kaupea, fille d'Olopana, laquelle était venue en visite à Hawaii, pendant que ses parents résidaient à Kahiki (4).

Une brouille étant bientôt survenue entre le mari et la femme, Kaupea retourna chez ses parents dans Kahiki, où elle accoucha d'une fille qui fut nommée Kamakaokeahi.

En apprenant le fait par d'autres arrivants de Kahiki, Kaumaïliula partit aussitôt pour aller prendre sa fille.

écrit « ma-mîo » : ma, aussi, et mio, heureuse, mamioen un seul mot n'étant pas hawaiien.

(1) Phrase poétique voulant dire que le poisson qu'il a pris, le trésor qu'il a attrapé dans son fdet, lors de son voyage : ce sont les étrangers Auakahinu et Auakamea.

(3) Nous ferons remarquer, enfin, que Fornander traduit constamment Kahiki par Tahiti dans ce fragment de légende, mais évidemment à tort, d'après la signification qu'il donne au premier mot et qu'il conserve avec raison dans plusieurs autres légendes.

(3) Ouv. cit., t. II, p. 57.

(4) Ainsi, Kaupea était allée en visite de famille aux îles Sandwich* en partant probablement des îles de la Société ou des Samoa. 11 n'est pas de légende qui fasse mieux comprendre avec quelle facilité, à cer^ taine époque, les Polynésiens franchissaient les 40 degrés environ qui séparaient les îles de la Société des îles Hawaii.

Les aventures qui lui arrivèrent dans le voyage, et les dangers qu'il eut à courir pour échapper au sacrifice auquel il venait d'être condamné parce qu'il avait, par inadvertence, enfreint leTapu, et son heureux retour avec sa fille à Hawaii, sont le^' thème de la légende et la date traditionnelle qui appuient le plus la fréquence et Tintimité des rapports à cette époque, entre les Hawaiiens et les groupes du Sud.

LEGENDE DE WAHANUI (1).

Parmi les chefs hawaiiens qui visitèrent les terres étrangères, les légendes ont retenu le nom de Wahanui, chef de Oahu. Ce chef visita d'abord les groupes Sud, et, après les avoir vus tous, il se dirigea vers les îles de TOuest, d'ojiil retourna au groupe Hawaii.

Wahanui passe pour avoir apporté de curieuses choses des contrées qu'il avait visitées, et entre autres des « Kanaka Pilikua », hommes de petite taille, qu'il débarqua à Kauaï, et qui, en raison de leur célérité, devinrent fameux comme coureurs (2) .

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