LÉGENDE D'HIPPOCRATE
Le mire aussi doit savoir quelque peu de magie.
Pierre Masson.
ppœs avoir fait du prince de la poésie un sorcier en , commerce avec le diable, on ne pouvait pas faire moins pour le père de la médecine. On raconte donc que, du temps que César- Auguste était empereur de Rome , son neveu Gatus,
qu'il aimait par-dessus toutes choses et qui devait hériter de l'empire, tomba si gravement malade, que les médecins ne purent le guérir. 11 y avait trois jours et trois nuits qu'il ne parlait plus; toute la cour était en grande tristesse, lorsque, par bonheur, Hippocrate entra dans Rome, qu'il fut bien surpris de trouver en deuiL Il avait beau interroger les passants, personne ne lui répondait. 11 monta au palais de l'empereur, pour savoir la cause de cette douleur publique. Il ne vit que de la consternation partout ; et, se frayant passage jusqu'à la chambre où le malade était couché, il comprit alors ce qui causait la consternation générale. 11 mit la main sur le cœur de Gatus, et dit à César-Auguste :
— Quelle faveur m'accorderez- vous, si je rends la vie à ce jeune homme?
L'empereur promit tout; et le savant médecin, prenant dans son aumônière une herbe et un breuvage, en composa une potion qu'il fit avaler au malade, en lui ouvrant doucement les lèvres. Le jeune homme leva les yeux aussitôt, dit quelques paroles qui comblèrent d'espoir
d'hitpjcràte -151
l'assistance; et, en moins de trente jours, Hippocrate le remit en pleine santé.
Auguste combla de biens l'habile docteur et fit élever deux piliers, sur lesquels il mit, d'un côté, la statue d'Hippocrate, et, de l'autre, celle de Gatus. Il admit le savant à sa table et lui donna place dans ses affections.
Peu de temps après, des habitants du pays de Galles vinrent s'établir à Rome. Il y avait parmi eux une dame d'une grande beauté. Un jour que, de la fenêtre du palais, elle regardait la statue d'Hippocrate, comme on lui vantait lt philosophe ■
— Tout philosophe qu'il est, dit-elle, je gag* qu'en un jour je le ferai tenir pour le plus grand fou du monde.
Le savant médecin, ayant appris ce propos, voulut connaître la belle Galloise. A sa vue, il en devint si épris, qu'il tomba malade. L'empereur, inquiet, envoya toute sa cour auprès d« lui; la Galloise y vint, reçut les aveux du philosophe, feignit d'y être sensible, et Hippocrate recouvra la santé.
Mais la belle dame, qu'il croyait épouser,.
était une malicieuse. Comme Hippocrate la pressait :
— Venez cette nuit sous ma fenêtre, lui ditelle; on descendra une corbeille attachée à une corde ; on vous montera dans la tour, où ma famille tous fera savoir ses conditions.
Le savant fut exact : au milieu de la nuit il se plaça dans la corbeille, que la Galloise fit élever presque au sommet de la tour, beaucoup plus haut que les fenêtres; puis, attachant la corde à un croc, elle laissa le malheureux Hippocrate suspendu au milieu des airs.
Or, cette corbeille était, à Piome, une espèce de pilori où l'on exposait les malfaiteurs. Quand il fut jour et que Ton vit là Hippocrate, tout le monde chercha quel pouvait être son crime. L'empereur était à la chasse, d'où il ne revint que le soir : et ainsi la corbeille ne fut descendue qu'à la nuit.
C'est le pendant de F aventure de Virgile.
Le savant ne voulut pas faire connaître l'auteur de son triste accident ; mais, pour se venger, il rendit la Galloise éprise, au moyen d'un charme, d'un vieux nain bossu et contrefait,
d'hippocrate 153
avec lequel on fut bien surpris de la voir se marier.
Quelque temps après, un chevalier vint à Rome annoncer à César-Auguste qu'un homme de Nazareth, appelé Jésus, guérissait tous les malades, ressuscitait les morts, et faisait d'autres merveilles. Hippocrate aussitôt quitta Rome, en disant qu'il allait chercher Jésus et apprendre de lui ce qu'il ne savait pas.
En cheminant, guérissant partout les malades, mais ne ressuscitant pas les morts, il arriva chez Antoine, roi de Perse, dont il rendit le fds à la santé. Antoine, pour récompense, lui fit épouser la fille du roi de Syrie.
Pour recevoir dignement la belle princesse, le philosophe, qui était magicien, comme vous verrez, fit construire un palais magnifique, où éclataient l'or, l'argent et les pierreries ; son art, d'ailleurs, l'avait rendu puissamment riche. Il construisit aussi un lit qui guérissait de toutes maladies ceux qu'il y faisait coucher.
Cependant la princesse ne l'aimait point, parce qu'il n'était pas de race royale. Hippocrate s'en aperçut, et il se fit une coupe d'or, à
laquelle il fixa des pierres précieuses qui neutralisaient l'effet des poisons. Plusieurs fois la méchante femme essaya de l'empoisonner, mais, inutilement : le charme de la coupe était supérieur à la puissance des venins. Irritée de cet obstacle, la princesse déroba la coupe et la jeta dans la mer.
Hippocrate s'aperçut donc de ses mauvais desseins : aussi refit-il, au plus vite, une autre coupe moins belle, mais qui avait la même vertu. Cependant il oubliait d'aller chercher Jésusde Nazareth, et pour ses passions, comme tant d'autres, il se perdait.
Sur ces entrefaites, le roi Antoine tint une cour plénière, à laquelle Hippocrate s'empressa de se rendre avec la princesse sa femme. Un soir, après souper, le roi, le philosophe et la méchante femme étaient à une fenêtie qui donnait sur la cour du château. Ils virent danscette cour une jeune truie qui mangeait un grand ver. Hippocrate s'écria :
— Celui qui mangerait la tête de cet animal périrait sur-le-champ, nul remède ne pourrait le sauver.
d'hippocrate 155
— Nul remède? demanda la princesse.
— Nul remède, répéta le philosophe, excepté s'il buvait l'eau dans laquelle cette tête aurait été cuite.
— Cela est bien étrange, ajouta la femme; puis elle parut s'occuper de tout autre sujet.
Mais, aussitôt qu'elle fut libre, elle alla trou- Ter le cuisinier du palais et lui ordonna de servir à Hippocrate la tête de cette truie, qu'elle désigna, et elle recommanda de jeter l'eau qui aurait servi à faire cuire l'animal. Le cuisinier exécuta ponctuellement les ordres qu'il avait reçus; et à peine le philosophe eut-il mangé une partie de la tête de la truie, que, devinant la trahison de sa femme, il s'écria :
— Hélas! je suis mort
Il s'empressa d'aller aux cuisines demander l'eau dans laquelle avait été cuite la tête d» l'animal venimeux; on lui indiqua le fumier sur lequel cette eau avait été jetée. Il s'y coucha, mais inutilement : le poison était plus fort et le brûlait peu à peu.
La princesse qui l'avait trahi ne put jouir de sa mort: car, malgré les prières de son mari,
qui lui pardonnait et demandait grâce pour elle, le roi Antoine la fit exposer sur un rocher du rivage. Elle y resta trois jours et y mourut.
Hippocrate cherchait à force de soins à prolonger son existence; mais la vie le quittait d'heure en heure. Il fit creuser sa tombe sous un rocher; et, avant de mourir, il fit une chose qui étonna beaucoup ceux qui la virent : il prit un panier de jonc et 7 e remplit d'herbes; puis il jeta dessus beaucoup d'eau, qu'il fit sortir par un seul jet, sans laisser une goutte d'eau s'échapper d'un autre côté. On eût dit qu'elle coulait d'un tonneau bien fermé. On lui demanda pourquoi il agissait ainsi.
— Je le fais, dit-il, pour vous montrer combien c'est une grande chose que la mort d'un homme, quand elle est résolue. Aucune médecine ne peut l'empêcher; car, si je devais guérir, je pourrais arrêter la dyssenterie qui me travaille, comme j'ai ôté de ce panier l'eau qui s'y trouvait.
Ar.ivs avoir ainsi parlé, le fils d'Esculape ne tarda pas à mourir; il expira Le quinzième jour
d' hippocrate 157
de septembre, un peu avant la mort de Notre - Seigneur.
Nous avons emprunté cette notice d'Hippocrate à un extrait plus étendu que M. Leroux de Lincy a publié. Ce savant y ajoute un fragment du roman des Sept sages de liome^ où Hippocrate joue un rôle peu glorieux :
Hippocrate, dit Tune des histoires de ce livre, fut le plus savant médecin de la terre. De toute sa famille, il ne lui resta qu'un neveu, auquel il se garda bien de découvrir la science qu'il possédait. Malgré tout, le jeune homme étudia en silence, et devint aussi habile que son oncle, qui, ayant reconnu son talent, n'en parut nullement contrarié. Il arriva que le fils du roi de Hongrie tomba malade. Hippocrate fut mandé aussitôt; mais d'importantes affaires l'empêchaient d'entreprendre un aussi long voyage. 11 répondit au roi que ne pouvant obéir à ses ordres, il lui enverrait un sien neveu. Ce dernier se rendit à la cour de Hongrie.
Le roi et la reine présentèrent le malade au jeune médecin, qui regarda l'enfant, regarda le père, regarda la mère, puis demanda à voir
leurs urines : on les lui montra. Après avoir longtemps réfléchi, le jeune médecin dit :
— Donnez à manger à cet enfant de la chair de bœuf.
On obéit à la prescription, et le fils du roi de Hongrie guérit aussitôt. Le jeune médecin, richement payé par le roi, retourna près de son oncle. Hippocratelui demanda :
— As-tu suéri l'enfant ?
— Oui, sire.
— Que lui as-tu donné?
— Chair de bœuf.
— Tuesbien savant, dit Hippocrate; — et de ce moment il roula dans son esprit des pensées de mort et de trahison à l'égard de son neveu.
Il l'appela un jour et l'emmena avec lui dans un jardin. Je vois une belle herbe, dit le jeune homme; et il s'empressa de la cueillir et de la présenter à son oncle.
— C'est vrai, répliqua Hippocrate; mais je crois en sentir une autre meilleure.
Le neveu s'agenouilla pour la cueillir; aussitôt Hippocrate tira un couteau qu'il avait caché sous sa robe, s'approcha du jeune homme, le
d'hippocrate 159
frappa et le tua. 11 fit plus : rentré chez lui, il prit tous les livres qui étaient en sa possession et les brûla.
Hippocrate, dit le même livre, sentant qu'il allait bientôt mourir, se fit apporter une tonne remplie d'eau pure, qu'il fit percer en divers endroits, et qu'il boucha hermétiquement. Puis7 ayant séché l'eau de la tonne avec une poudre, il appela ses amis : — Voici une tonne, dit-ily que j'ai remplie d'eau claire; or, débouchez-la.
Les amis d'Hippocrate tirèrent les chevilles; mais l'eau ne coula pas : — J'ai pu étancher toute l'eau de cette tonne, reprit le médecin; mais je ne puis arrêter celle qui coule de mon corps : c'est pourquoi je vais mourir. Et il ne se trompait pas ; il ne tarda pas à rendre le dernier soupir.
Legrand d'Aussy, dans ses fabliaux, où il ménage si peu la délicatesse de son lecteur, a donné au'-si d'Hippocrate l'aventure de la corbeille, qui du reste, comme nous l'avons rein arqué, est copiée de la légende de Virgile.
Nos pères, dar.s leurs fabliaux, prenaient plaisir, eomm* on le voit, à jeter du ridicule sur les philosopha; et ils ont
160 LÉGENDE d'hIPPOCRATE
montré par là qu'ils connaissaient aussi bien que nous les faiblesses humaines.
On lit donc, dans le tome Ier du recueil assez peu décent de Legrand d Aus>y, qu'un jour Aristote reprocha à son élève Alexandre la passion qu il avait conçue pour une jeune indienne, et l oubli de ses devoirs de roi où l'entraînait cette passion. Le prince, écoutant les leçons de la sagesse, fit dès lors sa cour moins assidûment. L Indienne fut instruite de la remontrance du philosophe et résolut de s'en venger. Elle alla trouver Aristote ; et, comme il n'était protégé que par sa pauvre philosophie, elle lui fit quelques gracieux compliments qui le troublèrent plus vite qu'elle ne lavait espéré. Quand elle lui eut tourné l'esprit par un sourire, elle lui demanda s'il do serait pas assez bon pour lui permettre de satisfaire à un désir qu elle avait depuis longtemps et qui n'exigeait de lui qu'un peu de complaisance. Aristote protesta qu'il ne lui pouvait rien refuser, — Eh bien ! dit la princesse, j'oserai donc vous avouer cette fantaisie, que je ne puis gfuérir que par votre condpscendance. C'est que je meurs d'envie d'aller à cheval sur votre dos. — Le philosophe chauve < t îidé n eut pas la force de refuser une de nande aussi absurde. La fine Indienne avait fait apporter une selle, une bride et un iouet. Elle plaça la selle sur le dos d 'Aristote, la bride dans sa bouche, sauta sur lui comme sur un coussin, et le fit marcher à quatre pattes devant \lexandrp. ...
Ce ii ail singulier est cité dans 1 Etinjale d .Enéas Sylvius. Spraugers, peintre de l'empereur Rodolphe II, l a peint au commencement du dix-septième siècle, dans un tableau que Sad< 1er a gravé : i! est mentionné aussi dans les notes de Michel d Ephèse sur Aristote (Venise, l">*27 .
LOUIS DE BOUBENHOREN
L011S DE BOUBENBOREN
De Charvbde en Scylla.
Proverbe.
mm
r, a>'s le temps où les doctrines "..'■' de Luther entraînaient si vite
\ les Allemands avariés, le sei-
ï gneur deBoubenhoren se laissa SSPj séduire aux charmes des pré- ■icants, qui dispensaient du jeûne et de l'abstinence, qui glorifiaient la chair et le plaisir, mais qui pourtant ne préservaient pas trop du diable; car jamais on ne vit plus de sorciers, plus de possédés, plus de sombres prodiges qu'en ce temps-là, dans les contrées qui désertaient l'Église.
Le seigneur de Boubenhoren avait une femme et un fils, qu'il fit en trer dans sa secte ; et, comme il tutoyait le bon Dieu, il trouva bon que son fds le tutoyât lui-même. Puis il l'envoya à la
162 LOUIS DE BOUBEXHOTïEX
cour du duc de Lorraine. Il avait dix-huit ans. Émancipé par son père et par sa croyance nouvelle, le jeune Louis de Boubenhoren se livra sans frein à tous les plaisirs. Son père lui avait donné une somme d'argent ; il la perdit au jeu, redemanda des fonds, les perdit encore, et lassa bientôt l'indulgence paternelle, qui voyait dans un tel fils une ruine rapide. La vie de plaisir n'agrandit pas trop le cœur. Désolé des refus qu'il lui fallait subir, blessé dans son orgueil qui ne pouvait plus briller, Louis de Boubenhoren glissa vite dans un désespoir insensé. En jurant et maugréant, il s'écria qu'il était prêt à se vendre au diable, si le diable voulait l'acheter un peu cher . 11 n'eut pas plus tôt formulé cette résolution, qu'il vit à ses côtés un jeune homme de son âge, élégamment vêtu, qui lui donna une bourse plein* d'or et lui promit de venir le lendemain fairt avec lui ses arrangements.
Louis courut retrouver ses amis, regagna ce qu'il avait perdu, emporta même l'argent des autres, et rentra chez lui, sans trop s'inquiéter de son aventure.
Le jeune homme mystérieux reparut le len-
LOUIS DE BOUBENHOREN 163
demain et lui demanda, pour récompense du service qu'il lui avait rendu, trois gouttes de «on sang, qu'il reçut dans une coquille de gland ; puis, lui offrant une plume, il lui dicta quelques mots barbares que Louis écrivit sur deux billets différents. L'un de ces billets demeura au pouvoir de l'inconnu, l'autre fut enfoncé, par un pouvoir magique, dans le bras de Louis, à l'endroit où il s'était piqué pour tirer les trois gouttes de sang. La plaie se referma sans laisser de cicatrice.
— Je m'engage, dit alors l'étranger, à vous servir sept ans, au bout desquels vous m'appartiendrez.
Le jeune homme y consentit, quoique avec une certaine horreur intérieure. Mais il était entraîné par sa passion. Depuis ce jour, le démon ne manqua pas de lui apparaître sous diverses formes, et de l'aider en toute occasion. 11 s'empara peu à peu de son esprit ; il lui inspirait des idées neuves et curieuses, qui le séduisaient; le plus souvent il le poussait adroitement à de mauvaises actions.
Le terme des sept années vint vite. Le jeune
164 LOUIS DE BOUBENHOREN
homme, qui avait alors vingt-cinq ans, retourna à la maison paternelle. Le démon auquel il s'était donné lui conseilla et parvint à lui persuader qu'en empoisonnant son père et sa mère, et mettant le feu à leur château pour cacher ce crime, il se verrait en possession de tous leurs biens.
Le jeune homme se décida à ces forfaits; il ne les eut pas plus tôt commis qu'il fut saisi d'un sombre désespoir; et il allait se tuer luimême. C'était ce que voulait le diable, qui s'était planté dans son cœur. Mais on croit que cette famille infortunée avait fait , avant sa déplorable chute, quelques-unes de ces bonnes actions que Dieu n'oublie pas. Sa mère, tout égarée qu'elle était, avait conservé une vénération tendre pour la Sainte Vierge. Son père, qui peut-être avait cédé lâchement à l'ambition, n'avait pas mis la main sur les biens de l'Eglise et conservait chez lui, sans les sêner, des serviteurs catholiques. Enfin le poison n'opéra point sur les parents ; le feu mis au château fut éteint sans avoir causé de dégâts. Le jeune homme, troublé, découvrit à un vieux domestique sûr et fidèle, par qui il avait été élevé, l'état où il se
LOUIS DE BOUBENHOREN 1 65
trouvait, le priant de lui chercher des secours. Aussitôt qu'il eut fait cette démarche, le démon le saisit, quoique la dernière heure ne fût pas venue, lui tourna le corps en arrière, et tenta de lui rompre les os. Sa mère, malgré son hérésie, vit bien qu'il fallait recourir aux exorcismes ; un prêtre fut appelé. Le diable parut, dit-on, avec les traits d'un sauvage hideux et velu, et jeta à terre un pacte différent de celui qu'il avait extorqué du jeune homme, pour donner à croire qu'il abandonnait sa proie. Mais le saint prêtre ne tomba point dans le panneau ; et enfin , le 20 octobre 1 603, il força le démon à rapporter la véritable cédule, contenant le pacte réel fait entre lui et Louis de Boubenhoren.
Le jeune homme renonça alors au démon, abjura l'hérésie, fit sa confession générale; et on vit sortir aussitôt de son bras gauche, presque sans douleur et sans laisser de cicatrice, le pacte secret, qui roula aux pieds de l'exorciste. Sa famille rentra avec lui dans la vérité.
On voyait, dans une chapelle de Molsheim, une inscription célèbre qui contenait toute l'a- Tenture de ce gentilhomme.