URBAIN GRANDIER
éprises de lui, quoiqu'elles ne le connussent pas. IFexécuta son dessein de cette sorte : une branche de rosier chargée de plusieurs roses charmées (les magnétiseurs comprendront parfaitement ce fait ) fut jetée dans le couvent. Toutes celles qui les flairèrent furent saisies d'esprits malins, et livrées à un ensorcellement qui les faisait soupirer après Urbain Grandier, qu'elles n'avaient jamais vu, — Dieu permettant ainsi cette plaie et cette perturbation de leurs sens, pour des raisons que nous n'avons ni le droit ni le besoin d'approfondir. Elles étaient comme en démence, se retiraient dans les lieux écartés, appelaient Grandier ; et lorsque, soit par une hallucination, soit par un acte de Satan, la figure imaginaire ou réelle de Grandier paraissait devant elles subitement, elles le fuyaient avec horreur; car le cœur de ces pauvres filles restait pur; leurs sens étaient seuls assiégés. Aucune d'elles ne consentit jamais aux sugges lions qui les éprouvaient.
Mignon, assisté d'un sage curé, exorcisa la prieure, qui était en proie à d'étranges crises, et dont le corps parfois restait élevé de terre