FRÉDÉRIC BARBEROUSSE
maladif, mais d'une grande piété. Il finit par obtenir une victoire complète. Toutefois il ne sortit pas de cette lutte sans en porter de rudes cicatrices; car pendant longues annéss, par la permission de Dieu, dont les secrets ne nous sont pas tous connus, le père Surin vécut obsédé et souffrit des peines qui ont fait de sa vie un martyre.
FRÉDÉRIC BARBEROISSE
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Que sais-je ?
MOSTAIGSE
P^^^iP% ous ne voulons pas juger ici cet Ê3 empereur, mélange de grandes m W§k clua^^s et c^e grandes faiblesses . MjJ^JràBien avant Charles-Quint, il rê- ^^^^®^^vait la monarchie universelle et se croyait le roi de la terre. Nous nous bornons à rapporter sa légende, aidés pour cela des recherches curieuses que la Quarterly
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Review a publiées sur les traditions populai res ' .
Dans les siècles de la chevalerie, dit l'écrivain anglais, une immortalité romanesque fut souvent décernée aux hommes excentriques, par la reconnaissance ou l'admiraiion des masses. Ceux qui avaient vu leur chef ou leur roi dans sa gloire, après une bataille où sa bravoure le distinguait encore plus que sa couronne, ne pouvaient se faire à l'idée de le voir mourir comme le dernier de ses soldats. Le rêve d'un serviteur fidèle et la fiction d'un poète, d'accord avec la pompe des funérailles, avec l'intérêt d'une famille, avec la crédulité du peuple, tout concourait à prolonger au delà de la tombe l'influence du héros. Peu à peu les honneurs rendus à sa cendre devenaient le culte d'un demi-dieu, qui ne pouvait être sujet à la mort. Achille reçut des Grecs cette apothéose. De même les Bretons attendirent longtemps le réveil d'Àrthus assoupi à Avalon;les Portugais se sont flattés pendant un siècle de l'espoir que leur roi Sébastien revien-
1 Nous suivons fréquemment la induction élégante de ce passage curieux public jar la Ra »e Brit l'inique.
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drait réclamer son royaume usurpé; et de nos jours la mort de Napoléon à Sainte-Hélène n'a été un fait réel pour beaucoup de nos campagnards, que lorsqu'on a vu son cercueil entrer à Paris.
C'est ainsi que les trois fondateurs de la Confédération Helvétique dorment dans une caverne près du lac de Lucerne. Les bergers les appellent les trois Tell, et disent qu'ils reposent là, revêtus de leur costume antique. Si l'heure du danger de la Suisse sonnait, on les verrait debout, toujours prêts à combattre encore pour reconquérir sa liberté.
Frédéric-Barberousse a obtenu la même illustration. Lorsqu'il mourut en Asie, pour s'être baigné comïHe Alexandre dans le Cvdnus, l'Allemagne se montra si incrédule à la mort de cet bomme qu'elle croyait, les uns un esprit supérieur de l'essence des anges, les autres un génie assez fort pour se faire servir par les puissances mystérieuses, que cinq imposteurs, qui prirent successivement son nom, virent accourir les populations auinur de leur bannière. Les faux Frédéric furent successivement démasqués et pu-
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nis ; cependant le peuple s'obstinait à croire que Frédéric vivait, et répétait qu'il avait prudemment abdiqué la couronne impériale. C'est un sage, disait-on ; il sait lire dans les astres : il voyage dans les pavs lointains avec ses astrologues et ses fidèles compagnons, pour éviter les malheurs qui l'auraient accablé s'il fût resté sur le trône; quand les temps seront favorables, nous le verrons reparaître plus fort et plus redoutable que jamais.
On citait à l'appui de cette supposition des prophéties obscures, qui annonçaient que Frédéric était destiné à réunir l'Orient à l'Occident; ces prophéties prétendaient que les Turcs et les païens seraient défaits par lui dans une bataille sanglante, près de Cologne, et qu'il irait alors reconquérir la Terre-Sainte. Car rien n'a jamais été aussi populaire que les Croisades. Jusqu'au jour fixé par le destin, le grand empereur, disait-on, s'est retiré dans le château de Riffhausen, au milieu de la forêt d'Hercvnie; c'est là qu'il vit à peu près de la vie du roi Arthus. 11 dort sur son trône; sa bai be rousse a poussé à travers la table de
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marbre sur laquelle s'appuie sou bras droit, ou, selon une autre version, ses poils touffus ont fait trois fois le tour de la pierre, comme l'acanthe enveloppe un chapiteau de "colonne.
On trouve en Danemark une variante de la même fiction, arrangée d'après la localité, où il est dit que Holger Dansvre, dont les romans français ont fait Ogier-le-Danois, est endormi sous les voûtes sépulcrales du château de Cronenbourg, Quelqu'un avait promis à un paysan une forte somme, s'il osait descendre dans ce caveau et y rendre visite au héros endormi. Le paysan se laissa tenter; au bruit de ses pas, Ogier, à demi renversé et sans ouvrir les yeux, lui demanda sa main ; le paysan présenta à Ogier une barre de fer. Ogier la saisit et y laissa l'empreinte de ses doigts. — C'est bien! ajouta* t-il, croyant avoir pressé le poignet du serviteur et éprouvé sa force. C'est bien, il y a encore des hommes en Danemark.
Cela dit, Ogier retomba dans son sommeil profond.
Frédérie-Barberousse, selon les traditions populaires, comme un vrai Allemand, aime la