‹ Légendes des personnagesChapitre 48 sur 55 · JOLIE FILLE D'MERS · texte numérisé non relu

JOLIE FILLE D'MERS

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ara fâ^philiPPe H déchu de toute £^ IPSfSj* veraineté dans les Pays-Bas. \fê^S^™^Mais la nationalité belge somg^P^^QjF^meiilait encore; car d'imprudents traités avaient appelé au pouvoir le duc d^Uençon, quatrième fils de Catherine de Médicis, frère du roi de France Henri III, de triste mémoire. François de Valois, duc d'Alencon, débarqua donc le 1 0 février 1 582, à Flessingue.

11 venait de Londres, où son mariage avec Elisabeth paraissait d'autant plus assuré, qu'on avait dressé les articles du contrat, et que la reine d'Angleterre lui avait mis au doigt son anneau, en présence de toute sa cour. Quoique Elisabeth eût alors quarante-huit ans, et le duc

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d'Àlençon vingt-cinq, cette alliance était si brillante pour leur nouveau souverain, que les Brabançons et les Flamands n'en voyaient pas le côté ridicule.

François de Valois était assez laid. 11 avait le nez gros et enflé, un peu aquilin, rapproché de la bouche, le menton court et pointu, les joues fanées et bouffies, les yeux rouges et presque toujours à moitié fermés, les cheveux châtainardent, les moustaches fauves et clair-semées. Une pareille tète, encadrée dans une fraise énorme à gros tuyaux, avait-elle pu plaire à la reine d'Angleterre, qui, de son coté, était rousse et laide aussi, mais se jugeait une beauté ? Il s'habillait avec élégance. Son caractère humoriste et inquiet aurait pu se révéler dans son teint bilieux, s'il n'avait pas mis du rouge et d;'s mouches.

Ce prince sans étoffe fit son entrée à Anvers le 1 9 février, accompagné de plusieurs gentilshommes anglais et d'une suite nombreuse de jeunes seigneurs français qui gouvernaient son esprit, et qui n'avaient de remarquable quêteur étourdcrie. Il alla se louer à l'abbaye de Saint-

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Michel, où il fut reconnu et proclamé duc de Brabant et margrave du Saint-Empire. Des fêtes publiques animèrent Anvers plusieurs jours à l'occasion de cet événement. Cependant beaucoup de bourgeois, tout en préférant la France à l'Espagne, avaient espéré mieux. Ils regardaient le duc d'Alençon comme une espèce d'aventurier qui venait exploiter le pays. On parlait avec surprise du prince d'Orange, qui lui avait remis le chapeau et le manteau ducal, et qui le premier l'avait salué duc de Brabant. On avait remarqué encore que le nouveau souverain avait paru peu gracieux en jurant de maintenir les privilèges acquis.

Parmi les officiers français qui accompagnaient le duc d'Alençon, on avait observe surtout le sieur de Rochepot, courtisan de haute taille, fat de quarante ans, dont la figure effrontée contrastait singulièrement avec les bonnes faces anversoises, et qui s'était raillé des préroeatives du peuple, de façon à inspirer d'avance de l'ombrage.

Le 1er mars , on annonça d'une manière presque officielle le mariage du nouveau duc

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