‹ Légendes du calendrierChapitre 31 sur 95 · PRONOSTICS DE LA SAINT-JEAN · texte numérisé non relu

PRONOSTICS DE LA SAINT-JEAN

Les curieux de présages cherchent , le soir de la fête, ce qu'ils appellent les vers de Saint-Jean. Ce sont les vers luisants. Ils croient que la possession de ces vers porte bonheur.

La petite bête de la Vierge, qu'on appelle communément la couturière , porte bonheur aussi à ceux qui la recueillent. Mais prise le jour de Saint-Jean, elle préserve celui qui l'a trouvée, pendant tout un an , des maux de dents et des maux de tête.

La jeune fille qui peut cueillir ce jour-là un trèfle à quatre feuilles sera mariée dans l'année.

Mais il y a un autre procédé ou présage pour les jeunes filles qui veulent se marier. Elles font une couronne composée de neuf sortes de fleurs; elles se rendent au pied d'un arbre aux nombreux rameaux et y lancent leur couronne. Autant de fois que la jeune fille qui se soumet à cette épreuve verra retomber sa couronne sans s'attacher à quelqu'une des branches de l'arbre, autant d'années elle restera encore sans mari.

On blâmera, chez les populations naïves, ces croyances superstitieuses qu'elles ont conservées, faiblesses peu offensives dont les philosophes s'irri-

tent par convention , que la religion seule guérit en ce qu'elles peuvent avoir de condamnable , et qui sont ordinairement le côté pittoresque d'un peuple.» Ce sont des ressources pour le poëte, et vous savez le parti que Waller Scott en a tiré.

Il y avait encore une vilaine coutume , qui reste invétérée même de nos jours, où nous nous flattons d'être si policés, dans un grand nombre de communes rurales : c'est la décapitation du coq. On pend un coq par le cou au timon d'une voiture. Les partisans de ce jeu se placent à une distance raisonnable, armés de bâtons, qu'ils lancent tour à tour avec vigueur au coq qui se débat. Ce n'est le plus souvent que lorsqu'il a été horriblement meurtri qu'un des bâtons lancés avec vigueur détache le corps pantelant de la tête. Le vainqueur, à ce jeu abominable , garde cette tête comme un préservatif du tonnerre, et va manger avec ses camarades la chair malade du pauvre oiseau. Ce jeu se faisait à Paris, au moyen âge , sur la place de Grève , après qu'on avait brûlé deux douzaines de chats dans le feu de la Saint-Jean. II se faisait encore à Bruxelles sous la domination française, à la place du Petit-Sablon. Il a été interdit en 1845. Il n'a plus lieu chez nous que dans la plupart des villages gros et petits ; et il est déplorable qu'on ne supprime pas un plaisir si odieux.

Enfin on dit que les charbons du feu de la Saint- Jean, pulvérisés et bus dans un demi-verre d'eau tous les matins, préservent ou guérissent de la phthisie. Tout autre charbon, et surtout le charbon de

saule porphyrisé, a cette vertu, pris à temps.

Il n'est pas nécessaire d'ajouter que l'Église repousse tous ces pronostics ou présages.

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