‹ Légendes du calendrierChapitre 36 sur 95 · XXXI. — LE TRIOMPHE DE VOLTAIRE · texte numérisé non relu

XXXI. — LE TRIOMPHE DE VOLTAIRE

Un homme qui est Tenu rire , d'un rire de démon , sur les misères de l'humanité.

Thomas.

Par une des malheureuses condescendances de ce pauvre Louis XVI, l'église grecque de Sainte-Geneviève, bâtie si lourdement par- Soufflot, venait d'être convertie en Panthéon, non pour recevoir des dieux ou des saints, mais des agitateurs. Elle avait recueiHi Mirabeau et attendait Marat. Entre ces deux célébrités, l'Assemblée nationale décréta que les honneurs du Panthéon seraient aussi accordés à Voltaire, leur maître.

L'apothéose de Voltaire eut lieu le 1 1 juillet 4791 . Voltaire était mort le 30 mai 1778, le jour anniversaire du martyre de Jeanne d'Arc, qu'il avait lâchement souillée de sa bave impure. N'était-ce pas un opprobre pour les plus tièdes et les plus débraillés de voir cet homme, qui ne fut jamais ni catholique, ni Français, ni honnête, nous troubler de son masque jusque dans les lieux saints? Un cœur français ne peut oublier avec quel cynisme il se réjouissait de nos défaites , dans ses lettres au roi de Prusse , ni avec quelle lâcheté il a bafoué nos gloires les plus pures. Un cœur catholique peut-il ne pas frémir de ses attentats contre cette religion auguste qui, comme le dit Montesquieu, nous rend heureux dès ce bas monde. Un homme honnête peut-il oublier ses outrages à la vertu?

Page 1