Les Mille et un Jours, contes persans... suivis déplu
2i6 LÉGENDES DU MOYEN AGE
Cette fable se trouve dans ÏÂnvâr i Suhaili, rédaction persane du Kalilah et Dimnah, célèbre roman d'origine sanscrite, traduit en peblvi, de là en syriaque, en arabe, et dans un très grand nombre de langues de l'Asie et de l'Europe : elle n'était pas dans l'original arabe, ni dans la rédaction persane plus ancienne où a puisé l'auteur de YAnvcir i Suhaili, ni même peut-être dans le texte primitif de ce livre1. Ce n'est pas là assurément, une présomption en faveur de son antiquité. On a fait remarquer, il est vrai, que l'idée fataliste qui y est exprimée se retrouve, également rapportée à des oiseaux, dans un conte dont l'origine indienne est certaine et dans le texte sanscrit de l'original du Kalilah et Dimnah2, mais je ne pense pas que celaprouve que notre conte, dont la plus ancienne rédaction (celle du Barlaam grec) remonte si haut, soit une altération de celui qu'on vient de lire, qui n'apparaît qu'à une époque fort récente3.
sieurs autres recueils de contes traduits des langues orientales, nouvelle édition, par A. Loiseleur-Deslongchamps (Paris, 1838), p. 448.
1. Voy. Benfey, Pantschatantra, t. I, p. 291. Je ne puis, naturellement, entrer dans le détail de toute cette recherche.