‹ Légendes du Moyen âge. Par Gaston ParisChapitre 26 sur 51 · Schœbel, p · texte numérisé non relu

Schœbel, p

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milles riniai,'iiialinii une fois rvoillrc sur ce sujet.

L'inspiration (mi est d aillfuis |)C'ii conforme à 1 espril (1 autres légendes formées aulour du récit de la l'assif)n. Pourf|iioi .li'sus, « tout débonnaire, )) (|iii ne punit la haine de laveugle Longin qu'en lui donnant à la fois la liiniièri" des yeux et celle de l'àme. aurait-il si sévrrenn'iit cliàtié un autre de ceux auxquels il j)iiait son Père de jjardonner, « parce qu'ils ne savaient ce (pi'ils faisaient )) i'Le châtiment de Malc paraît, il est vrai, justifié par son ingratitude, mais ce trait a précisément disparu des formes postérieures du récit. En revanche, ce récit a été influencé par les vagues traditions relatives à un « témoin » qui devait subsister parmi les hommes jusqu'à l'avènement du « règne de Dieu. » C'est aussi comme « argument ])Our notre foi », comme « (émoignage contre les incrédules », que le conte de Gartaphilus et plus plus tard (l'Ahasvérus a été siu-lout avidemcnl accueilli.

En dehors de l'élément religieux, ce qui, dans ce conte, devait frapper vivement l'imagination, c'est l'idée d'un homme restant immortel à travers les générations qui meurent incessamment, mêlé d'ailleurs aux autres hommes et parcourant sans cesse leur séjour 11 va là ccrtaincMntMit une donnée poétique, mais hcaiicoiiii moins féconde

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qu'elle ne le semble au premier abord. Tous les poètes et romanciers, en France, en Allemagne, en Angleterre, qui ont essayé de la développer, ont échoué et devaient échouer. Une épopée du Juif Errant ne sera jamais qu'une série de tableaux historiques, auxquels manquera un lien réel. L'élément vraiment poétique du sujet, l'impossibilité pour un homme qui serait immortel de goûter les joies de la vie mortelle, est gâté ici par le fait même que l'immortalité, au lieu d'être un don imprudemment souhaité, est dès l'abord, pour le héros, un châtiment, et que, d'ailleurs, toujours accablé sous le souvenir de sa faute, il est dans un rapport indissoluble avec celui qu'il a offensé, qui le punit, et dont il attend le retour.

La réconciliation d'Ahasvérus avec le Christ, la mort du Juif Errant, idée précisément opposée à celle de la légende, est peut-être ce qu'elle pouvait offrir de plus sympathique, surtoutà notre époque, et un poète français, M. Ed. Grenier, l'a traitée avec talent. Gœthe avait voulu faire un Ahasvérus, et il avait conçu le sujet avec une originalité profonde, en donnant au cordonnier de Jérusalem un caractère très particulier, mélange de bon sens, d'étroitesse d'esprit et d'ironie, qui lui aurait permis d'avoir une attitude personnelle en face de l'humanité qui s'écoule devant lui. Toute-

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fois, a|)rrs av<jir oscjuissé son poc'iuo jusqu'à la iiioil (lu Clirisl. il sapcnjiil »(uc l appareille richesse (le i-e sujet ii'tHait que dé'ccvaule, et il y rcnoii(;a, turl heureuseiiieiil, pour s'allaclier à la I(3geiide de Faust, bien aulrciiieul humaine el fôconde*.

I. Un crili(Hif jiHtMiiiituI, M. F. IIfll)i,i,', ;i écrit une (^'liidc spéciale sur tous les poètes de su» piiyscpji se sont essayés à nietlre en scène le Juif éternel (Berlin, 1874) : ce n'est iiuuii magasin de curiosités.

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