‹ Légendes du Moyen âge. Par Gaston ParisChapitre 28 sur 51 · Voir ri-aiirès. p. 202. note · texte numérisé non relu

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100 i,K(;r.NnF,s nr moyi.n m.f.

Chrisli millesima ducentesimn sexagesimn seplima. l'.ii I ti'O, daprrs le rliroiiif|ii(Mir sionnois Sigisnioiulo Tizin, Jo/iannes Butladeus, qui olim Chviahnn dum ad pntihubim duceretur inhumaniter impuleral, nd a Chrialo fuit dictum : Kxapectabh me dum venero, passa par Sionno, ri, jiy.uil VII II' labjcaii où Androa Vaiini vonail (le icpiésontcr lo Clirisl portant sa croix, il (U'rlara que c'était le portrail <lii Christ le jiliis rossomhiaiil cpi il eut jamais vu. Tizio connaissait, rraillours et cite le passade de lîonatti ; le livre ayant été im])rinié h Anp:sbourg- en 1401. ce passatic lui rejjroduil en Allemagne dès llidii dans vine des premières éditions du livre ))upulaire cité |)lus haut '. et c'est là que l'avait pris Libaviiis, dont le témoignage \wu\ désormais son inlérél. C'est sans doute aussi de cette édition, ofi ligure sur le titre mèm(> la forme latine Johminea BuHadœus, qu'est \-eiiii en saltérant aux Saxons de Transylvanie le siiiguli(M' nom de Hedeus, et 1 on jxmiI conjeclnrer qu(> la forme hi-etonne lioudedeo remonte à la même source. |»ar i\r> iiili^rmédiair(\'^ inconnus. Le conimcn-

1. Dantzijï, IfiOi, ii" Vil! de l;i li>lc (Ircssée pitr .M. Ncubaiier (p. 70-71). Qii(ii(|U(' (('Ile l'dilioii |ijirai.ss(' rire la si'ule roiisorvi'c (|iii fasse mi'iition de « (luido Bonafiis » l'I (lo « .loiianiics BiitladaMis ». il est jinihahlo f|U(* cctlo notice a (lu èli'e soini-iil rej)rodiiile.

taire de Bonatti prouve dailleiirs qu'au xiii'^ siècle on regardait bien le nom de Bvttadeiis comme un composé de huttare, fr. bouter, et le nom de Dieu(eo quod impulisset Dom2nMm).

Il semblait donc jusqu'à ces derniers temps que toutes les mentions du Juif immortel sous le nom de Buttadeus ou de formes correspondantes fussent ilaliennes d'origine et remontassent même en dernière analyse au passage cité ])lus liant de Guido Bonatti. ^lais voici que deux témoignages récemment signalés placent la question sur un nouveau terrain. Le célèbre bistorien, jurisconsulte et moraliste Pbilippe de Novare. en terminant ce Livre de Forme de plait qui est une des sources les plus importantes de notre connaissance du droit féodal, énumère les meilleurs jurisconsultes qu'il ait connus dans les royaumes de .Térusalem et de Cbypre, où il exerça pendant plus de quarante ans sa brillante activité. Il ne cite que les morts ; quant aux « bons plaideurs » qui vivent encore, il n'en parle pas par réserve, mais il assure qu'il serait beureux de faire leur éloge s'il leur survivait : « Et de ce, remarque-t-il en parlant de lui à la troisième personne, fait il bien a creire, ja ni eûst il plus d'avantage que de vivre longuement et bien, et enssi avroit il passé Jehan Boute-

I'.)2 i.Kc.KNnF.s iir Aiovr.N ack

dieu^. » Pliilij)|t(' (lo Xovarc rcn'vail ccllo déclaration ciilr»' l-i.">0 (<l 1^^)'); ce ncst (|u'cn 1:21)7 que Jean Boutcdicu traversait Forli el laissait de son nom le plus auticri témoignage (jut' l'on connût jusqu ici. Il est clair d'ailleurs que, pour que la plaisanterie de Pliilijjpe fût comprise, il fallait (pie Jean Boutcnlieu fût un personnage ffénéralement cunnu dans le milieu où elle se produisait. Mais on peut se demander (piel était précisément ce milieu. Philippe était né en Italie, où nous trouvons presque exclusivement, après lui. le nom qu'il donne au Jtnf immortel ; d'autre j)arl il écrivait en français tant sa prose que ses vers, et il se montre tout imbu de littérature française ; eidin il vivait en Syrie : un i>ersonnage inylliitpie nicnlionné p.ir lui peut donc avoir une origine ilalicnne. l'iançaise ou orientale. C'est toutefois la dernière, ou plutôt une condiinaison des dtnix dernières, ipii es! la plus vraisemblable. M. W Csselofsky a récemment montré que les deux légendt^s. parallèles et peut-être originairenieni idenlitpies, de Malchus le Maudit (celui ([ui soullleta le Christ) et du Juif Krrant apparlienneni primitivement au

1. Assitics (le Jrrusulem, t. 1. p. iiTO. L'éditi'ur des Assise-^ ne fait a lU' une remarque sur ce nom el ne le mentionne pas à la table ; aussi n'avait-il attiré laftenlion de personne.

U-: JUIF EHIUNT 193

cycl(! (les l(\L>eii(lcs locales formées à Jérusalem autour (les tradilions ou des fictions relatives à la Passion du Seignoiu''. C'est donc, selon toute |)rol)al)ilité, dans le milieu des I<>ançais établis en Syri(! (|ue le personnage du Juif ([ui avait ))oussé le (Jlu'ist pour liàler sa marche et (pii avait été condamné à m; j)as périr et à marcJKMsans cesse par le monde reçut le. nom de Je(ui Bouledieu, et c est de Terre-Sainte (ju il passa plus lard, minii de ce nom, en Italie.

Un autre témoignage est veiui prouver que d'ailleurs il ne s'y était pas renfermé. La Bibliothèque nationale a récemment acquis un recueil d«' p(^tits mystères pi'ovençaux {\y\ xv'' siècle, tous plus ou moins groupés autour de la Passion, mais parnn' lesquels, chose singulière et ici parlicnlièrement regrettable, la Passion elle-même l'ait défaut. Seulement le scribe a eu I idée de dresser deux tables, (pu' n(; concordeid d'ailleurs |)as exactement, des seize pièces environ dont aiu'ait (In se composer une représentation conil)lèle ; la seconde de ces tables conq)rend la lisle des personnages qui figurent dans chaque pièce : oi", poiu' la Passion, absente, connue on Fa vu, dii recueil, après les noms habilinds des bour-

1. Arrhir liir sltirisr/ir l>/iilol<i;/h', I. V, p. :i9S : I. VIII. p. aiil.

I'.)4 LKWKNDKS I>1 M<iVr.\ Ai.l.

n-aux (lu (lliiisl. I«ls (juc Piijuau^cL TaUiafei', Harissaid. un lil l'un aprrs I aiilrc les deux suivants : M<ilci'!<, liuladiex '. <^>ui' ce <lciMii('r nom nous oCIVc la Iniim' provençale corrcsjxjndaiit au fran(;ais bouledien cl ;i lilalien liulladeo, il n"y a évidoninienl j)ms lieu d eu (hniler, cl celh* indicalinu esl d()td)lenieid inlércssaille . puisiju'olle nous montre d Une part ce ))ersonnay(' en Provence à inu' épo(|iK' el sons un nom où on no l'y a\ail |)as eiu-ore l'eneoidré. el puisipie d anire pai'l (die nous le fail voir inlervenanl dans ini mystère de la l\issinii. tandis tjiie iusi|u"à présent, dans aiieinie (le> innnnd)ral)les formes (|ue ce mystère a revêtues au xv" siècle elie/ tons les 'peuples de ri'jn'oj)e, on n'avait tiouvé la moindre nn'ntion du Juif maudit sous un (pndconqn(> de ses noms-. Mallieiireusenienl. étant privés du texte niènu> d(> la |)ièee provençale, nous ne savons pas au jusle ce (pii se passait eidre liotadien et le Seigneur''.

1. A. Tlioniiis, Xolicc .s//*' //// recueillie ini/s/ères provenratiJ\ diuiis les Annales du Midi, t. H. p. ;îS'.i.

2. Le myslt-re prciNciirai de l;i Passidii, encore iiH'dil. (|iii esl coideiiu dans un n>s. liieii eutinii apparlenaid a -M. Didot (voir 1'. Meyei-. InUodiiclinii à Ihiiirel el Kelum, ne Inil i)as exeeplimi.

3. On poiuTail même >e demander si fiotudieti n'esl pas simi)lement une épilliète de Malcits, et si l'on ne renouverait pas lA l'identité primitive sn[)i)Osée de ces deux personnages : mais e'esl tics peu piiil)al)le. Iloliidieii, avant

r,K JUIF KRRANT 195

La l'orme lVan(;aise Boutedieu cl la l'unne provençale Boladieu sont bien daccord avec la forme italienne Butladeo pour nous faire voir dans le surnom du malheureux Jean un composé du verbe bouter, holar, buttare , et du représentant en vulgaire de Taccusalif latin Deum. M. Morpurgo, dans la curieuse publication qui donne occasion à la présente étude ^ sans combattre précisément cette explication, ne trouve pas non plus improbable « celle qua indiquée M"'* Micliaelis de Vasconcellos dans un remarquable article de la Revista Lusitana- ». Cet article, fort intéressant en effet, résout et soulève plusieurs questions dont je dirai un mot, puisque je suis revenu à m'occuper de ce sujet. Pas plus que lltalie, disais-je dans ma première étude, l'Espagne (et j'y comprenais le Portugal) ne connaît le Juif Errant, Or mon savant ami Adolplio Coelho ma rappelé, ce que je n'aurais pas dû oublier, que ce personnage était connu en Espagne sous le nom, qui indique toute une transformation poétique de sa légende,

son action funeste, figurait sans doute dans le mystère sous le nom de Jean, qu'il porte toujours ailleurs.

1. UEbreo errante in I/itlia. |)ar JI. S. ^Morpuriio. Florence, 1800.

196 liu;E.M)KS DU MOYKN AdK

(le .lii;iii l^spera-en-Dios. M'" de \ ascoïKclNts (Irmuiilic à son loiir, («juIit M. Coollio, (|ii(' le Poi'liiù^îil l'a l'iifaloment adoplr, en I appelant. loàc» de Espera-em-l)eos. A |)ropo.s <hi nom de liiitladeo, elle avait d'abord fait on note la reniaiHjiK* suivante : « Dans le nombre exlrèmenuMit considérable des vieilles formules de serment on d imprécation, moitié plaisantes, moitié sérieuses, (pie jai rcMiKMllies dans des comédies vulgaires portu<j;aises, se rencontre celle de votadeux, 'Ootu-a-Deux (espagnol : votadios, voto-a-lJion). Voto a, dans cette formule, n'a absolument rien à faire avec le verbe hotar « pousser, heurter », (pii correspond à ritalien butlare. C'est le subsiaiilif roto. Jat. vulum, promesse, serment (cf. dolu-a-tal), votamares, voto-a-(a-Virgen-Maria, etc.). « Mais, dans un posl-sci'iptum ajouté à son article, M""^ de Vasconcellos indique un rapj)ort |)ossible entre les deux mots Buttadeo et votadios. C'est (pie dans un dialogue espagnol (manuscrit) du xv*^ siècle elle a relevé, eiilre les noms (1 autr(>s iiéros ])opulaires, celui de .luan de \ oto-a-Diox. « De cette mention, dit-elle, on peut tirer une double suj)j)ositioii, ipic j'émettrai prudemment sous forme de (piestions : 1" Juan Lspera-en-Dios m\\:n{-i\ aus^i en l'.spagne le nom (le ./iKiii (le Viilo-d-Dios y '1" Ce nom. inodilii' par

LE JUIF EHRANT 197

le procédé de létymologie populaire, correspondrait-il à l'italien Buttadio? » Si je comprends bien la savante et ing-énieuse romaniste, elle a été portée à supposer que le nom Bultadio avait été, par étymologie populaire, changé en Espagne, en celui de Voto-a-Dios. M. Morpurgo paraît lui prêter l'hypothèse inverse, et en tout cas il la l'ait sienne. Remarquant que, dans le document qu'il publie et dont nous allons parler, Jean Bottadio ou Yoltadio dit qu'il a pour autre nom Servo di Dio, il est porté à penser que le premier nom lui-même ne signifie pas autre chose que devoto ou votato a Dio, et qu'il a été transformé en Buttadeo « i)ar une fausse analogie avec buttare )). L antiquité des formes Boutedieu, Buttadeo, Botadieu, et de l'explication qu'on leur donne rend cette supposition très peu vraisemblable ; mais voici un témoignage curieux qui vient compliquer la question. Mon regretté confrère le comte Paul Uiant l'a trouvé dans un des manuscrits (pi'il avait examinés au cours de ses immenses recherches sur les sources de l'histoire de l'Orient latin ; c'est un manuscrit de la lin du XI V' siècle qui se trouve à Evreux (n° 36), et qui contient sous le nom de Libe?' terre sancte Jérusalem, un ouvrage que JM. Riant, dans la note qu'il avait l)i(Mi voulu me communiquer,

198 i.i;i.i;mii> m muvi n \".i.

appri'ci.iil ainsi : !■ (liiidc puiir Ir.s |tMci'iiis, (•()ni|)il(- (Taifirs IjifloUdi' Sii(lli('iiii cl IMiilippiis, Iroisirmc (|iiart <lii \iv'' sit'clc ; Irrs |)('ii de notices originales ; le mainisciil nCst j)as orii^iiial, csl iino copie inromplcle cl inanvaiso '. » I/tine (les iKilii'es ai()iil(''es jiar le eompilaleiir est celle (|iii lions iiilérc.ssc : <( Aii.ssilôl aj)i'C5> l'église (lu S|)asiiic, la slalioii de Simon le Cyrcnéen el la maison de Judas (IMiili|)j)iis, j). 52), on lil : lion ))iar/is ultra per eamdem viam eut locus a viilgo [il man(|ne évidemnicnl dictiis cl un nom], ubi Johanne^ liiitladeus impeUil(\. impulit) Chrislum Dominum quando ihat lir/atus ad mortem, insullanda dicens Domino : \'ade ullra, vade ad iiioilem ! lui re^pondil DominuK : Ego vado ad morlem. sed lu usi|Ui' ad diem judicii non -. Kl. ul quidam dicunl simplices, visus est aliquando mulli^ : scd Iioc asserilur a sapienlibus quia diclus Johannes, qui corruplu nomine dicilurJohanne^ Bulladeua, sano vocahulo appellalur Johannes Derolua Dfo. qui fuit iicutifer

1. l)';i|)ii's iiiii' iKilc (le -M. Uiiuiiil (l;ni> h' Idiir- Il du Calalofjiie (les bibliullicf/ues tien liéparleiiienls. paj^e 41 il. ce h'jiitr. niiil.ii:r(' ses dcrinils. dcxiiil ôlri' iiisi'-i't'' d;ins ii- Idiiu' III di's Arcliircs lie t'Orieiil lnliii.

-. -M. Mi)i|)Mr,i,M lilc 1111 |);issii,!,'i' iisscz aiudofîuo. mais moins iiiirTcssiiiil \)iw sa rcniiif. dans le voyatri' de Scr Mariano df Sicniu-. fait i-ii li.il. A|nvs avoii' parle de la poiic par où Jésus, sorlil pmir aller an Calvaire, il ajoute : " Dieesi elie (|ni ei'a (|iiellii ilie é eliiamaln .liiJKinni Bnla-

LE Jlll' KKRANT 199

Karoli Magni et vixit CCL annis. Vient ensuite la maison du mauvais riche. « Tout est cligne de remarque dans cette notice, et d'abord l'assurance avec laquelle lautcHU' oppose à la bonne foi des simples, qui croient qu'on a rencontré plus dune fois Jean Boutedieu, la meilleure information des gens raisonnables, qui savent que le personnage en question était Jean Dévot-à-Dieu, récuyer de Charlemagne ; puis le rapprochement étymologique de ^[. Morpurgo, ou (ki moins un rapprochement très semblable, fait à son insu cinq cents ans avant lui. Signalons aussi la formule, jusqu'à présent inconnue, et très ingénieuse, du dialogue entre le Juif et le Seigneur : c'est parce que, en poussant Jésus, il lui a dil expressément daller à la mort qu'il est condamné, lui, à chercher la mort, sans la trouver jamais, jusqu'au jour du jugement. Il règne d'ailleurs dans ces quelques lignes, qui ont au moins deux sources différentes, une assez grande confusion. L'auteur semble admettre d'abord comme vraie l'histoire de ,/oannes BiUtadeus et ensuite reprochera ceux qui l'admettent d'avoir, pour la construire, détiguré le nom et altéré le

deo, e dixe per dispecto a .Iliesii : Va pur r/ik, clic lu narai una tua. una ! Rispose ruinile .Ihesù : lo (inxlar<'> : In m'uspecterai hinlu vhe io lonii. Non ri i' pi'rdoïKni/.a. »

•2(10 i.K(;km)i:s i»r movi.n ali:

caracltTo de Johanncs Dévolus Dca. Mais c(> ([iii nous importe, c'est l'exislence légendaire de e»; dernier personnaj^e , rvidcniMicnl idcnlicpic an .Inan de Vuto-ti-Dios siy-nali' imi l-'-spat^-nc ;in xvi'" sircle pai' M"" de N'asconcrllos. ( Micllc csl la bonne forme entre l(»s deux .' Si Idn arimel la |)remière. il laid la cidirc (tri<j;inairenieid latine, le mol dévot v\ ses eoni^énères n'ayant |)as étr aussi ancienncnicnl |i(i|iidaires dans l'idioiiir vulgaire des |)ays romans. Si l'on cioil une l'oi-me vulgaire i)lus vrais(Mnl)lal)lc à lori^inf. il faudra admettre l'espagnol de ) ôto-d-Dioa. ou I ilaliiMi de Voto-a-Uio (car le IVanrais ni le |)i'ov('n(;al ne peuveid entrer eu li^iic de ((tniptei. La question est l'url ojjseurc, d il faudrait. |»oiu' la résoudre, des éléments (jui nous foui défaut. .Mais quel est le personnage doid il s'agit ici et (|ui j)assail pour axoir att(Mnl. non l'inimortalité, mais une longévité exiraoï'dinaire '.' Il n est pas aussi inconnu (|u'il le send)le au jjreniier abord. Il est évident, eu effet. (|ue c'est le uièmiMpie ce ,/ert)i des Temps, dont \'iiiceid de lîeauvais, d'après une source qui m'est ineoiniue, dit simplement à l'année 1139 : Joannes de Temporibus morilto-, qui vixeral annix irecentis aexaginla nnu ' a

I. \a' IcxIi' |)iiili' '.\\\. in;ii> (inilUiuiiir {U- NiiiiLris. (|iii

tempore Karoli Magni, cujus armiger fuerat, notice qui a été répétée depuis par divers chroniqueurs, notamment flamands i, et révoquée en doute ou j)lutôt bizarrement atténuée par l'historien Paul Emile quand il daigna recouvrir de son beau style cicéronien sa compilation extraite de nos vieilles annales -. Il faut d'ailleurs que Jean des Temps ait été plus célèbre qu'il ne résulte de cette mention chez un chroniqueur du xni® siècle, puisque l'arrangeur du traité contenu dans le manuscrit d'Évreux le connaissait sous le nom de Johannes Dévolus Deo, tout en ne lui accordant que deux cent cinquante ans de vie^, et qu'en Espagne il est resté connu sous son nom de Juan de los Tiempos, par lequel il est désigné dans un drame de Calderon*. 11 est

reproduit ce passage, donne 301. qui est préférable : Jean des Temps aurait vécu de 778 à 1139.

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