‹ Légendes du Moyen âge. Par Gaston ParisChapitre 38 sur 51 · C. 2oy45, f. 151. — xiv* siècle · texte numérisé non relu

C. 2oy45, f. 151. — xiv* siècle

D. 24 432, f. 42. — xiv« siècle.

E. 1393, f. 169. — xiv* siècle.

Un de mes anciens auditeurs, 31. Henri Dcluncle, a bien voulu, pour une de nos conférences de l'Ecole pratique des hautes Etudes, soumettre ces cinq manuscrits à une étude extrêmement minutieuse et en relever toutes les variantes. Je n'ai à parler ici que de la façon dont, avec l'aide de ses col-

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liilions, j ai coiisliUu- \c texte, .lo dirai hriévoniont que les cinq maïui.serit.s remontent a deux cuijies différentes du manuscrit original |)erdu : A!il> dcsccndeiil de I un. C représente l'autre, /•; parait être le produit dune fusion des deux, (^.e qui distingue CE tir .\]ih. r V^l (pic 1 Oidre des sens ^\c l'oiseau n'y est pas le même : le se/i.s qui est le premier dans CE est le second dans ABD, ce qui amène nalmellemenl à cet endroit d'assez fortes divergences. .lai considéré Toidre de CE comme l'original, parce cpi il conrordc av(>c celui de Pierre -Mphonse : dès lors rétablissement du texte était tout indiqué. La bonne leçon devait résulter de la comparaison des deux familles entre elles : je n'entre pas dans le détail de celte comparaison: je dirai seulement quelle donne comme résultat un texte qu'on peut regarder comme partout satisfaisant. En ce qui concerne les formes, qui varient dans li>s manuscrits divers et souvent dans un >cul et même maïuisci'it. j'ai adupti'' (■elles cjui se rapprochent le |)lus (lu fiançais nnrinal. l'ne nme {largccc et Iccc pour le français leclie au v. 104) fait seule difficulté : elle semble appartenir à un dialecte qui traitait le c autrement que le picard et que le français, dialecte dont plusieurs poèmes du moyen âge paraissent offrir des traces, mais qu'on n'a retrouvé jusqu'ici leprésenté par aucun patois subsistant '. ba forme pini \un\v /tin est attestée par

I. Voyez liomaiiid. t. Vil. |i. \:V.f: Zcilschrifl filv romaninclie l'Iii/aloijic. t. 11. |i. -Tii; Toblcr. Dit ihni vrai aniel, -" éd., p. 22. On peut sii|i|»(iscr (Im'cii doliors lics deux dialectes où F/'«/ic/(« et /r(/«c« doiuiaicnt rospeclivc-

deux rimes: elle est surprenante au premier abord, mais elle n'est pas sans analogues*. En général, la langue de notre lai est très correcte, et par là même donne lieu à peu d'observations; elle ne présente pas non plus à la lecture de difficultés sérieuses.

ment France, franche et Franche, franke, il en avait trois autres : l'un qui disait France, franke. Tautre qui disait Franche, franke, et le troisième qui disait France, france. C'est à ce troisième (oublié dans le passage cité de la Romania) qu'appartiendrait notre rime, si on écrivait, comme je l'ai fait, largece et tece et non pas largiteche et teche. On aurait dans ce cas affaire à une simple modification, relativement récente, du français normal; le tch originaire répondant à c latin devant a y serait devenu tç; c'est ce qui s'est produit en provençal, ou le ch de l'ancienne langue se prononce aujourd'hui, au moins dans le dialecte d'Avignon, tç.

\. Il est vrai qu'en général l'addition après Vu d'un t non étymologique a une raison qui n'existe pas ici; elle est d'ailleurs surtout habituelle en provençal (voy. Romania, t. VII, p. lûo; t. VIII. p. 110); mais il yen a en français des exemples incontestables.

Il ;iviiil jadis a un t.in<.

Bien a passé plus de ceiil ans,

Qu'il estoit uns riclies vilains;

De son nom ne sui pas certains, 5 Mais riclies ert de granl manière

De prés, do l)ois et de rivière.

Et de (|iiaiil (|ii';ili('i'l ;i licho ome :

Se dire vos eu vncil i.i sdinc

Il avoit un manoir si bel 10 N'a l)orc, n'a vile, n'achastel,

Se le voir vos en vueil conter.

En tout le monde n'out son per.

Ne si bel ne si delitable ;

Li contes vos semble roi t fable, ij Qui vos en diroit la fa(,'on :

Je ne cuit que ja mais face on

Tel donjon ne si riche tur;

La l'iviriT roroit onlnr.

Qui tut cncluuil \v purpris;

V. 7. « De tout ce qui convient à un luimnv^ riche da. « Si on vous en disait. »

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