Le lai est seul à donner unitiuenicnl le nom de « sens
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mestier se tu les vouloies mètre a uevre. — Par foi », dist li païsans, « et je te lairai aler ». Et lasche la main, et la masenge se trait seur une branche, et fu merveilles liée de ce qu'elle fu eschapée. « Or t'apenrai. » dit la masenge au païsant, « se tu veus, mes trois sens. — Oïl voir », dist il. — « Orescoute, » dit la masenge : « je te le (et si le retien bien) que ce que tu tiens à tes mains que tu ne getes a tes pies ^ et que tu ne croies pas quant que tu orras, et que tu ne meines mie trop grand duel de la chose que tu ne pourras avoir ne recouvrer -. — ■ Que est ce? » dist li vilains: « n'en diras-tu el?^ Parle cuer Beu ! se jeté tcnoie, tu ne m'eschaperoies huimais. — En non de moi », dit la masenge, « tu avroies droit, car j'ai en ma teste ' une pierre précieuse aussi grosse comme uns ues de geline^qui bien vaut cent livres ». Quant li païsans l'oï, si débat ses poins, et destire ses cheveus et demeine le plus grant duel dou monde. Et la masenge commença a rire, et li dist : o Soz
aux trois préceptes de roiseau; la seconde version de la Disciplina emi)loie aussi ce mot, mais pas dès l'aliord.
1. Ici l'accord avec le lai est incontestable, et ne peut guère être fortuit.
2. Ici, le récit s'accorde au contraire avec celui de Barlaain, e! il est probable que notre auteur avait les deux versions dans la mémoire.
3. Le mécontentement du vilain quand il entend les sens de l'oiseau n'est raconté que dans le lai (voy. cidessus).
4. Notre auteur est le seid à mettre dans la tête de l'oiseau, et non dans son corps, la prétendue pierre précieuse.
o. Cet œuf de poule provient visiblement de l'œuf d'autruche de Batiaam.
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vil.iiiis, luauvaiseiiiriil as (miIcikIu cl mis a ucvrc les liuis sens (}uc jo l'avoie dit ; saches de v(»ir que tu ics (le loiis trois drcciis. lu ino tonoies eu ta main, si mu> i^etas a les pies (|uaiil lu me laissas alcr; et me crois de ce ([ue je te Ils entendant (|ue j'avoic en ma teste une pierre précieuse (\m estoit aussi grosse comme uns ues de geline, et je toute ne sui si grosse; et si meines duel de moi a cui tu ne recouverras jamais, car je me garderai mieus que je ne me sui gardée. » Atanl bâti ses éles et s'envola, et laissa le païsant son duel fesant. « Sire, » (list li arcevesques, « vous veez bien (|ue vous ne pouez recouvrer a vos! re lil. et bien devez croire que il est en paradis, si vous devez conforter. » Li rois vit bien et sot ([ue li arcevesques li disoit vi-ai, si se conforta et oublia au(}ues son duel '.
M. (le ^^^■liliy. dans la criliiidc aussi sobre que judicieuse à laciuclle il a soumis les récits de la Chroniqiie de Reims, dit que ce qui choque même la vraisemblance, c'est de su])poser qu'Eudes Rig-aut, arclicN r(|ui' de Rouen, ail pu essayer de consoler Louis IX de la iikh-I di' suii lils en lui récitant l'apologue de la mésange et du ])aysan. Je ne sais si mon savant cnnrrt'n' ne prcd' pas ici involontairement aux liomm(\s du xiii'' siècle noire
1. liéciLs irun Mcncslrcl de Ilciins; un XllI' xirrlr. |)ui)li''S parN. de Wailly (Paris. 18TG). p. 4G1-4(U). J'ai reproduit le Irxie de M. (1(> Wailly avec de IcgcTc-^ miidilicatioiis i|iii mportent guère (lue sur la f'tirme.
façon de penser et de sentir. N'employait-on pas alors des apologues de ce genre dans les circonstances les plus sérieuses et pour les applications les plus graves ? Pourquoi un prélat n'aurait-il pas cité au roi, pour le tirer de sa douleur, un « exemple » que le célèbre prédicateur Jacques de Yitri, et beaucoup d'autres après lui, ont inséré dans leurs sermons pour porter les âmes à la piété ? Cela me paraît d'autant plus admissible qu'Eudes Rigaut était un grand conteur d'histoires et avait même, parait-il, composé des « livres de facéties », qui malheureusement ne nous sont pas parvenus, 11 me plaît, quant à moi, de croire que les conseils du petit oiseau, apportés du fond de 1 Inde, ont pu aider saint Louis à reprendre courage dans son chagrin ; il ne faut pas oublier d'ailleurs que la grande consolation que lui donne l'archevêque, c'est, naturellement, que son llls est en paradis.
Notre lai fut publié pour la première fois par Barbazan en 1756 ' ; d'après cette édition Le Grand d'Aussy, en 1779, en donna une traduction
1. Le texte de Barbazan a été reproduit par Méon dans sa nouvelle édition des Fabliaux et Contes (Paris, 1808), 1. 1, p. 114. Ce texte, sauf quelques erreurs, est lisible; il s'appuie essentiellement sur le ms. C comparera et là avec -1.
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abrégéo, (Unis Ijuiiicllc il a iioUmimciil, cl l)i<'ii à tort, supprimr li' Irait di- la pierre précieuse que ioiseau prélciul avoir dans le corps', l'ii an anparavaiil, \\'iclan(l avail iniprinic dans \c. Mercure allemand son iinilaliun i\r icM-iginai, Des Vœgleins Lehren, «pii se lil encore avec plaisir, mais ne vaut pas à cou]) sur \v vieux conlc français. Je nai i)as lu les iniilalions (1(> d(Mix autres poêles, l'un allemand, Nicolay, l'autre anglais, Way 2.
1. Le Lai de l'Oiselet se trouve à la page -l't du t. IV do la nouvelle édition (Paris, 1829) des Fabliaux el Contes de Le Grand dAussy.