‹ Lègendes du Nouveau TestamentChapitre 102 sur 106 · VI. — LA REINE HÉLEINE OU OLEINE · texte numérisé non relu

VI. — LA REINE HÉLEINE OU OLEINE

Le faux dans l'histoire se trahit par des confusions de temps, de lieux et de personnes.

Sabatier de Castres.

On a vu 5 dans la XXXIVe légende (Vie de Jésus- Christ par les Juifs), une reine Héieine ou Oléine, présentée par les rabbins, cinq à six cents ans après l'événement, comme reine des Juifs au moment de la Passion de Notre-Seigneur. Il n'est pas nécessaire de nous appesantir sur l'absurdité d'une telle assertion.

Or il y eut une reine Héieine ou Oléine; mais elle était reine de l'Adiabène, portion de l'Assyrie. L'Adiabène touchait au royaume des Parthes, qui exerçait sur ce pays une sorte de suzeraineté. Cette reine se convertit au vrai Dieu , du temps de l'empereur Claude, vingt-cinq ans environ après la mort de Notre-Seigneur. Elle vint adorer à Jérusalem, où le Christianisme était fondé , mais en lutte. Si elle se fit chrétienne, nous l'ignorons. Mais on sait que, dans un temps de détresse, elle fit distribuer

des grains au peuple de Jérusalem, qui lui conserva un souvenir reconnaissant.

Il est évident : 1° qu'elle n'avait à Jérusalem aucun pouvoir; 2° qu'elle n'eut pas le bonheur de voir Notre Seigneur Jésus-Christ, ni par conséquent d'intervenir à travers les iniquités qui le condamnèrent, et qui, comme l'a démontré M. Drach, violaient toutes les lois du peuple de Dieu.

Il paraît, au reste, que la reine de l'Adiabène .mourut à Jérusalem, soit que ce fût dans le temps où elle y était venue pour adorer, soit à travers quelques catastrophes qui l'avaient fait sortir de ses Etats; car on trouve encore-, auprès d'une des portes de la ville sainte, le tombeau de la reine Héleine et d'Izatès, son fils.

Ce qui a pu entraîner les rabbins, qui ont dénaturé l'histoire de Notre-Seigneur, à introduire là cette reine Héleine, c'est que Lycophron et quelques autres anciens, comme on peut le voir dans doni Calmet, ont placé l'Adiabène dans la Mésopotamie.

Pourtant qui nous dira si l'écrit est fidèle ?

. Alex. Garnier.

a Trésor admirable de la sentence prononcée par » Ponce-Pilate contre notre Sauveur Jésus-Christ, » trouvée miraculeusement" écrite sur parchemin en » lettres hébraïques, dans un vase de marbre, en- » clos de deux autres vases de fer et de pierre , en

» la ville d'Aquila, au royaume de Naples, sur Ja fin » de l'année 1580; traduit d'italien en français, tant » pour l'utilité publique et l'exaltation de notre » sainte foi, que pour la louange de ladite ville. »

Tel est le titre d'un petit livre imprimé à Paris en 1581, « par Guillaume Julien, à l'enseigne de Y Amitié, près le collège de Cambray. »

Ce petit livre étant devenu rare au point d'être introuvable, M. Techener, à qui les bibliophiles doivent quelques remercîments, en a publié, en 1839, un fac-similé rigoureusement exact. Nous n'en rapporterons que la pièce qui en est le sujet. Dans la préface, le traducteur, sans qu'on sache si c'est de lui ou de l'éditeur italien, donne une très-haute antiquité à la ville d'Aquila, quoiqu'il soit constant qu'elle n'a été bâtie que par l'empereur Frédéric (le second Barberousse). Ainsi l'urne en question ne peut avoir été placée là qu'au treizième siècle. Cependant voici cette pièce :

« Copie de la sentence prononcée par Ponce-Pilate, président de la Judée, Fan dix-septième du règne de l'empereur romain Tibère, à l'encontre de Jésus, fils de Dieu et de la vierge Marie, nommé Christ, condamné à la mort de la croix entre deux voleurs, le vingt-cinquième de mars; trouvée miraculeusement par des passants en la ville d'Aquilée, dedans un tombeau fait d'une belle pierre , auquel furent trouvées deux caisses, l'une de fer, et dedans icelle une de marbre fin, dans laquelle fut trouvée, écrite en hébreu, la sentence ci-après contenue :

(Nous copions scrupuleusement.)

« L'an dix-septième de l'empire de Tibère, empereur de tout le monde, monarque invincible, et de l'Olympiade 121 ; de la cliede (sic) l'année 84; de la création du monde, suivant le millésime et la partition des Juifs, quatre fois 1174; de la propagation et accroissement de l'empire romain, l'an 78; de la délivrance de la servitude des Babyloniens, l'an quatre cent Imitante; de la restitution du sacré empire 497; du consulat du peuple romain de Lucius Piso; du proconsulat de Mardis Isauricus; du commencement du public gouvernement de la Judée par Yalérius Palestina; du temps que Quintns Flavius gouvernait en la ville et cité de Jérusalem, dans laquelle était président très-agréable Ponce-Pilate , régent et gouverneur de la basse Galilée; du temps d'Hérode Antipater; du temps des souverains sacrificateurs du saint temple, Anne, Caïphe, Alismaël ; du temps des chefs du saint temple, Rabaham , Chichabal-Joachim ; des centeniers, comtes romains et de la cité de Jérusalem , Quintus Cornélius Sublima et Sextus Pompilius Rufus, le vingt-cinquième jour de mars, Je, Ponce-Pilâte, président pour l'empire romain, entré au palais, et juge principal, juge et condamne par sentence de mort Jésus, nommé des Juifs Christ, Nazaréen, du pays de Galilée, comme un homme séditieux en la loi mosaïque, et contraire à la loi de l'empereur Tibère ; nous le condamnons à être mis et attaché avec des clous en l'arbre de la croix, à la manière des criminels et malfaiteurs; et étant ici en l'assemblée de plusieurs riches et pauvres, comme ainsi soit qu'il n'ait cessé de mettre

trouble et dissension par toute la Judée, soi-disant fils de Dieu , roi d'Israël , avec menaces de la' ruine de cette cité de Jérusalem et du saint temple. Et en outre, comme ainsi soit qu'il ait refusé de payer le tribut à César, ayant pris la hardiesse d'entrer en ladite cilé et au saint temple, avec palmes et magnificence comme roi , menant après soi une grande partie du peuple; nous commandons à notre premier centenier, Quintus Cornélius, de mener publiquement par cette cité ledit Jésus-Christ, lié, flagellé, vêtu de pourpre et couronné d'épines, portant sa croix sur ses épaules, afin de servir d'exemple à tous malfaiteurs.

» Nous voulons qu'avec icelui soient menés deux voleurs meurtriers, et qu'il sorte puis après par la porte de la ville Giagarole, nommée Antonienne, pour être mené au lieu public de la montagne dite du Calvaire, pour y être crucifié ; et quand il sera mort, nous voulons que le corps demeure pendu sur la croix pour un commun spectacle de tous malfaiteurs; et que sur la croix soit mise cette superscription en trois langues :

. » En hébreu : Jehudim Meleck Nosrj Jeschua.

» En grec : lisos Nazoraïos o Yasilefton ïodaison.

» En latin : Jésus Nazarenus Rex Judaeorum.

» Nous commandons en outre que personne, de quelque qualité et condition qu'elle soit, n'entreprenne et soit si téméraire d'empêcher telle justice par nous faite, administrée et exécutée, selon la rigueur des décrets et lois des Romains sur les Juifs, sur peine d'être rebelle à l'empire romain.

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