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LE PROCÈS DE BÉLIAL CONTRE JÉSUS-CHRIST

Le diable plaide sa cause lui-même; car il est plus fort en chicane que tout le barreau.

On fait une enquête ; on entend des témoins : David, Isaïe, Ézéchiel, saint Jean-Baptiste, sont du nombre. Ces témoins sont favorables à Jésus-Christ. Cependant Bélial se défend comme un diable.

On plaide sur le possessoire et le pétitoire(l). Enfin Salomon prononce en faveur du Fils de Dieu.

On croit le diable vaincu. Mais il en appelle au juge souverain, qui ne peut être que Dieu le Père. L'affaire est portée devant ce suprême magistrat; et \& diable, quoique le juge soit père de sa partie adverse , ne le récuse pas. Mais il propose un compromis, ou, comme on dirait aujourd'hui, un arbitrage. Aristote est arbitre du côté de Jésus-Christ; il doit cet honneur à l'extrême respect qu'on avait pour lui au moyen âge. Jérémie est arbitre du côté du diable. Isaïe, qui est le troisième arbitre, décide la question, et le diable perd son procès.,

Les Juifs et les païens, qui sont intervenus en faveur de Bélial, sont condamnés avec lui. On allait condamner aussi les chrétiens que les conseils du démon avaient conduits à prévariquer. Mais ils sont mis hors de cause par l'intercession de la sainte Vierge.

Nous pouvons citer à ce sujet, mais en l'indiquant seulement, quelque chose de plus singulier encore. Dans la préface, signée Ellis, des fabliaux de Way,

(1) Ce sont deux termes de jurisprudence. Possessoire est le droit de posséder, qui, à défaut de titres formels, s'appuie sur la prescription. Pétitoire, c'est l'action tendante à entrer ou rentrer en possession.

il est fait mention d'un poëme du quatorzième siècle où Pilate défie Jésus-Christ à un combat singulier, en champ clos, attendu que les témoins ne sont pas d'accord

Un autre trouvère anglais présente le coup de lance qui perça le cœur de Notre Seigneur Jésus- Christ comme ayant été reçu dans un combat judiciaire entre lejils de Dieu et Longin.

Les Anglais, alors très-arriérés, ont pu accepter ces énormités. On ne les oserait pas aujourd'hui.

Tout ce qui rappelle Marie est un baume salutaire. S. Bernard.

Les collecteurs de pieux souvenirs ont recueilli plusieurs lettres attribuées à la sainte Vierge. Il y en a trois surtout qui sont célèbres, et qui n'ont été que faiblement contestées.

La première est la lettre à saint Ignace d'Antioche, que saint Bernard (4) regarde . comme authentique. Saint Ignace avait écrit à la Vierge auguste :

« A Marie, mère du Christ, Ignace, son serviteur.

» C'est vous seule qui pouvez me fortifier et me consoler, moi qui suis maintenant appelé à la foi et qui ai Jean pour maître. J'ai appris de lui des choses admirables de votre fils Jésus, et j'en suis grandement frappé. Mais je désire, de tout mon cœur, avoir

(1) Sermon sur le psaume XCIX.

Hé LETTRES DE LA SAINTE VIERGE.

une certitude complète, et je l'attends de vous, qui, étroitement unie à lui, avez été nécessairement dans sa plus entière intimité.

» Soyez heureuse ; et que de vous, en vous et par vous, les néophytes qui sont avec moi soient affermis dans la vertu. »

La sainte Yierge lui répondit :

« A Ignace , disciple chéri , l'humble servante de Jésus-Christ.

» Toutes les choses que vous avez entendues et apprises de Jean sont très-vraies. Croyez-les d'un cœur constant. Marchez avec fermeté dans la doctrine de Jésus-Christ que vous avez reçue. Conformez vos mœurs et votre vie à cette doctrine. J'irai un jour, avec Jean , vous visiter, vous et les frères qui sont avec vous. Persévérez donc dans la foi; avancez avec courage. Que la rigueur de la persécution ne vous trouble pas: mais que votre âme puise sa force et sa joie en Dieu , où est votre salut. »

La seconde lettre, adressée à la ville de Messine, fait connaître à quelle occasion elle a pu être écrite :

« Marie , vierge , fille de Joachim , mère de Jésus qui a été crucifié, de la tribu de Juda et de la famille de David, humble servante de Dieu , à tous les habitants de Messine, salut avec la bénédiction de Dieu, le Père tout-puissant.

» Dans votre foi ardente , vous nous avez envoyé quelques-uns de vos frères , avec un écrit où vous confessez que Jésus, Dieu fait homme, est Fils de Dieu et mon fils. Vous reconnaissez qu'il est monté au ciel après sa résurrection, comme vous l'a an-

nonce l'apôtre Paul , qui vous a enseigné la voie de la vérité dans laquelle vous marchez fidèlement. Je vous bénis donc , vous et votre ville , dont je veux être à jamais la protectrice.

» De Jérusalem, l'an de mon Fils 42 , le 3 des nones de juillet. »

Florence \ qui ouvrit avec bienveillance ses portes aux deux disciples de saint Pierre, Paulin et Frontin, reçut une pareille faveur. C'est la troisième lettre. On sait que Savonarole, qui ne doutait pas de ce monument, écrit par saint Luc, sous la dictée de Marie, lisait quelquefois, dans la chaire sacrée, cette lettre au peuple qu'il voulait relever :

« A Florence la bien-aimée.

» Florence, chère à Dieu, chère à Jésus-Christ, mon Fils, et à moi, conserve la foi, sois constante dans la prière, fortifie-toi dans la patience. C'est ainsi que tu obtiendras de Dieu le salut éternel. »

Ce peu de mots, en effet, pour qui les médite, renferme tout ce qui mène au salut.

« La superstition est (en certains cas) quelque chose qui est par delà la croyance légitime » comme « l'honneur est la superstition de la vertu. »

Le chevalier, dans le dixième entretien des Soirées de Saint-Pétersbourg .

On appelle apocryphes des livres qui ne sont pas condamnés, mais qui contiennent des faits ou des actes imparfaitement confirmés , ou des livres attri-

bués à des auteurs sacrés, quoique l'assertion soit contestable ou démontrée inexacte.

L'auteur de la Légende d'or rapporte beaucoup de choses merveilleuses , et on l'a durement critiqué à ce sujet. Cependant il n'impose pas ces faits extraordinaires à notre foi; et lorsqu'ils ne sont pas acceptés par l'Eglise, il déclare toujours qu'il les. emprunte à un livre apocryphe. Il serait donc convenable d'accorder plus d'équité à ce pieux écrivain, connu sous le nom de Jacques de Voragine. Le Saint-Siège le nomma, en 1292, archevêque de Gênes; il fut mis, après sa mort toute sainte, au rang des bienheureux que l'Église honore; et, pendant trois siècles, son livre fut pour nos pères un trésor. Il a fallu les invasions calvinistes et jansénistes pour nous l'enlever, sous prétexte qu'il y a danger à trop croire, et que la foi, cessant d'être reine, doit se laisser mener à la lisière par la raison.

Mais dans ces légendes du Nouveau Testament , comme dans celles de l'Ancien, nous avons assez peu fait usage de ce livre. Nous avons consulté et suivi principalement les apocryphes qui se sont présentés, en leur temps, comme complétant les saintes Écritures. En les reproduisant dans de rapides récits, nous avons épargné à nos lecteurs les lenteurs immenses et les énormes ennuis qu'il faut subir pour les lire complètement, et nous avons donné, en un volume peu étendu, l'essence de plus de cent narrations, qui exigeraient quelques années de lecture.

Nous indiquerons sommairement les principaux ouvrages qui ont été mis à contribution dans notre

travail. Ce sont principalement les Évangiles dits apocryphes , dont quelques-uns n'ont pas été repoussés par les Pères, mais qui tous ne font pas partie du canon des saintes Écritures : le Protévangile de saint Jacques, l'Évangile de la nativité de Marie, l'Histoire de Joseph le charpentier, l'Évangile de l'Enfance, l'Histoire de la nativité de Marie et de l'enfance du Sauveur, l'Évangile de Thomas l'Israélite, le Traité de l'enfance de Jésus selon saint Thomas, l'Évangile de Nicodème, l'Enfance de Notre-Seigneur , le Livre du passage de Marie, l'Évangile de Barnabé, et une foule d'autres documents, épars ou recueillis par Fabricius, par Thilo, et récemment par M. l'abbé Migne dans son Dictionnaire des Légendes et dans son Dictionnaire des Apocryphes.

Nous avons profité des dissertations, plus ou moins lumineuses, dont les savants ont hérissé les faits légendaires, mais seulement pour y voir avec plus de clarté. Nous en avons épargné l'ennui très-pesant à nos lecteurs."

Nous n'avons pu placer dans l'ordre de ce livre un apocryphe célèbre et assez respecté : Le Pasteur d'Hermas. M. de Sacy, le traducteur de la Bible, a traduit ce livre avec quelques autres des Apocryphes qui ont de la gravité. Gomme la lecture du Pasteur d'HermaSj, malgré son intérêt très-noyé, est fort lourde, et que Fleury l'a clairement analysé dans tout ce qu'il a d'intéressant, nous extrairons de son Histoire Ecclésiastique le sommaire de ce livre curieux.

Nous aurions pu puiser, plus largement que nous

ne l'avons. fait, à propos seulement de la sainte Vierge (Légende XXXI) et du désespoir de Judas (Légende XLII) , dans les nombreux drames qui ont charmé nos pères. Sous le nom de Mystères , tout le Nouveau Testament, aussi bien que l'Ancien, a été mis en scène , comme personne ne l'ignore , avec les accessoires que fournissent les Apocryphes. Mais trop de détails imaginaires nous ont arrêté, et nous aurions pu aller trop loin.

Les écrits d'Hermas ont eu toute l'estime des premiers Pères de l'Église grecque. Sacy.

Nous donnons l'extrait de Fleury :

Environ l'an 62 de Jésus-Christ, sous le pontificat du saint pape Clément , vivait à Rome saint Hermas, auteur du livre du Pasteur y tenu par plusieurs autrefois comme écriture canonique, et cité comme tel par quelques-uns des plus anciens Pères de l'Église. On croit que c'est de lui que l'apôtre saint Paul fait mention, lorsqu'il cite les chrétiens de Rome les plus illustres.

Hermas était marié-, il avait des enfants, et il paraît n'avoir été que simple laïque, mais d'une piété singulière. Dieu, se communiquant à lui, comme il était ordinaire dans ces premiers temps , l'instruisit de plusieurs vérités utiles dans la morale. De ces révélations fidèlement rapportées , il composa son livre , qu'il écrivit d'un style très-simple ; il le divisa en trois parties. Il nomme la première les Visions; la

seconde, les Préceptes ; la troisième, les Similitudes, La première et la troisième partie contiennent les révélations suivantes :

Dans la première vision , il dit qu'il rencontra à Rome une fille qu'il avait connue étant jeune, et qu'il avait aimée comme sa sœur. Un jour, l'ayant vue, il pensa en lui-même qu'il aurait été heureux s'il avait épousé une femme aussi parfaite et d'aussi bonnes mœurs. Ma pensée, dit-il, n'alla pas plus loin.

Quelque temps après, ajoute-t-il, je me promenais en m'entretenant de ces pensées, et considérant la beauté des ouvrages de Dieu. Je m'endormis alors, et l'esprit m'enleva à droite, par des lieux où l'on ne pouvait marcher, à cause des roches et des eaux. Après avoir passé ce désert, j'arrivai à une plaine, où, m'étant mis à genoux, je commençai à prier le Seigneur et à confesser mes péchés. Pendant ma prière, le ciel s'ouvrit; je vis cette femme que j'avais admirée, qui me salua des cieux et me dit : — Bonjour, Hermas. Je la regardai , et lui dis : — Que faites-vous là? Elle me répondit : — On m'a mise ici pour accuser tes péchés devant le Seigneur. Dieu qui a créé de rien les choses qui sont, et les a multipliées à cause de sa sainte Église, est irrité, parce que tu as péché à propos de moi.

— Quand? lui dis-je, et en quel lieu vous ai-je dit quelque parole inconvenante ? Ne vous ai-je pas toujours respectée comme ma sœur?

Elle me dit en souriant : — Un mauvais désir est entré dans ton cœur. Ne crois-tu pas que ce soit là un péché pour un homme juste ? C'en est un bien

grand. Si l'homme juste a des pensées justes et marche droit, Dieu lui sera propice; mais ceux qui ont des pensées mauvaises s'attirent la mort et la captivité, principalement ceux qui aiment le siècle, qui se glorifient dans leurs richesses, qui n'attendent point les biens futurs, qui doutent et n'espèrent pas au Seigneur. Pour toi, prie-le; il guérira tes plaies, celles de toute ta maison, celles de tous les saints.

Après qu'elle eut ainsi parlé, le ciel se referma. Je demeurai plein de tristesse et de crainte, et je disais en moi-même : — Si ce péché m'est imputé, comment pourrai-je me sauver? ou comment pourrai-je apaiser le Seigneur, pour mes péchés qui sont en si grand nombre ?

Comme j'étais occupé de ces pensées , je vis devant moi une grande chaire, blanche comme la neige. Il vint une vieille femme, vêtue d'un habit éclatant, ayant un livre à la main. Elle s'assit seule dans cette chaire, et me salua. Je lui rendis son salut en pleurant. Elle me dit : — Hermas, pourquoi es-tu triste, toi qui étais patient, modeste et toujours gai? Je Lui répondis : — Une femme vertueuse m'a fait le reproche d'avoir péché à propos d'elle. Elle répliqua : — Dieu veuille préserver ses serviteurs d'un tel mal. Mais peut-être as-tu laissé entrer dans ton cœur un désir imprudent? Une pensée mauvaise ne doit pas pénétrer dans le cœur d'un serviteur de Dieu; il ne doit pas désirer ce que Dieu n'approuve pas; et toi principalement, Hermas, qui t'es toujours abstenu de tout désir criminel, toi, dont l'innocence et la simplicité sont si grandes....

Mais ce n'est pas à cause de toi que le Seigneur est irrité ; c'est à cause de tes enfants, qui ont péché contre lui et contre leurs parents.

Comme tu aimes tes enfants, poursuivit-elle , tu ne les as pas repris , tu les as laissés commettre des excès, et pour cela le Seigneur est irrité. Mais il guérira les maux qui se sont produits dans ta maison , et qui causent la ruine de tes affaires temporelles. Il a maintenant pitié de toi; prends courage, fortifie ta famille, continue de lui enseigner tous les jours la parole sainte, et ne cesse point de les avertir, car le Seigneur sait qu'ils se repentiront de tout leur cœur, et il t'écrira au livre de vie.

Ayant fini ces mots, elle me dit : — Veux-tu m'entendre lire ? — Volontiers, lui dis-je. — Écoute donc.

Et ayant ouvert le livre, elle lisait des choses si magnifiques que je ne les pouvais du tout retenir ; car c'étaient des paroles redoutables au-dessus de la portée d'un homme. Je retins toutefois ce passage : ■ — Voici le Dieu tout-puissant, le Dieu des armées, qui, par sa force invincible et sa sagesse infinie, a créé le monde; qui, par son conseil glorieux, a environné de beauté ses créatures ; qui , par la puissance de sa parole, a affermi le ciel et fondé la terre sur les eaux; qui, de plus, a formé la sainte Église qu'il a bénie : voici qu'il transportera le ciel et la terre, les collines et les mers, et tout sera rempli de ses élus, afin qu'il accomplisse en eux sa promesse, après qu'ils auront observé avec grand honneur et grande joie les lois divines qu'ils ont reçues avec grande foi.

Quand elle eut achevé de lire, elle se leva; et il vint quatre jeunes hommes qui emportèrent la chaire vers l'Orient. Elle m'appela, me toucha la poitrine et me dit : — Ma lecture t'a-t-elle plu ? Je lui dis : — Ces dernières paroles me plaisent, mais les précédentes sont dures. — Ces dernières, me dit-elle, sont pour les justes , les autres pour les apostats et les païens.

Tandis qu'elle me parlait, il parut deux hommes qui l'enlevèrent sur leurs épaules, et s'en allèrent du même côté que la chaire, à l'Orient. Elle partit avec sérénité , en me disant : — Prends courage, Hermas.

Telle est la première vision.

L'année suivante, Hermas vit encore la même femme, vénérable, non plus assise, mais marchant et lisant un mémoire qu'elle lui donna à copier. Il l'écrivit lettre à lettre, sans pourtant distinguer les syllabes. Lorsqu'il l'eut copié, il lui fut enlevé des mains, sans qu'il vît paraître personne. Quinze jours après, comme il avait jeûné et beaucoup prié, le sens de cet écrit lui fut révélé. C'étaient des avis sur les péchés de ses enfants et de sa femme, qui était coupable de médisances; il lui était ordonné de corriger ces défauts , mais sans vouloir de mal à sa famille pour le tort qu'elle lui avait causé. Il lui fut annoncé que sa femme deviendrait sa sœur, pour marquer qu'ils vivraient bientôt en continence. Tout cela lui fut révélé en dormant, par un jeune homme bien fait f qui lui dit :

— Qui penses-tu que soit la dame vénérable de

qui tu as reçu le mémoire? — • Une sibylle, dit Hermas. — Tu te trompes, répondit le jeune homme, c'est l'Église de Dieu.

— Pourquoi donc paraît-elle vieille ? dit Hermas. — Parce qu'elle a été créée avant le monde, et que le monde a été fait pour elle.

Ensuite, Hermas eut une vision dans sa maison: cette vieille y vint, et lui demanda s'il avait déjà donné le mémoire aux prêtres. Il répondit que non. — Tu as bien fait, dit-elle, car j'ai encore quelque chose à y ajouter. Quand j'aurai achevé , les élus entendront tout clairement. Tu écriras donc deux fois ce mémoire , et tu en enverras une copie à Clément et l'autre à Grapté. Clément l'enverra aux villes du dehors; Grapté le communiquera aux veuves et aux orphelins, et toi tu le liras aux prêtres de la ville.

Ce Clément ne peut être que le pape qui gouvernait alors l'Église romaine. Grapté, ajoute Fleury, semble être une diaconesse.

Après qu'Hermas eut encore beaucoup prié et jeûné, comme il demandait à Dieu de lui révéler ce que la femme vénérable lui avait promis, elle lui apparut et lui dit de venir dans un lieu écarté de la campagne. Il se trouva au rendez-vous, et vit un banc avec un oreiller, et un linge étendu dessus. Étonné de ces apprêts dans un lieu si solitaire, il eut peur, et les cheveux lui dressèrent à la tête. Mais il prit courage , se mit à genoux , et confessa encore à Dieu ses péchés. Alors la femme vint , avec les six jeunes hommes qu'il avait vus précédemment , et, le

touchant, elle lui dit : — Cesse de prier pour tes péchés, prie aussi pour la justice , afin que ta maison y ait part.

Elle le fit lever, le prit par la main, le mena vers le banc , et dit aux jeunes hommes : — Allez , bâtissez.

Alors elle fit asseoir Hermas, et comme il voulait passer du côté droit, elle lui fit signe de passer à gauche. La droite, lui dit-elle, est réservée à ceux qui ont souffert pour le nom de Dieu. Tu as encore beaucoup à faire pour t'asseoir avec eux.

Ensuite elle lui fit voir une grande tour, que l'on élevait sur les eaux, avec des pierres carrées et luisantes; le plan de la tour était carré. C'étaient les six jeunes hommes qui la construisaient, et plusieurs milliers d'autres hommes apportaient les pierres. Quelques-uns les tiraient du fond de l'eau , d'autres les transportaient sur la terre et les présentaient aux six jeunes hommes. Les pierres que Ton tirait du fond de l'eau étaient taillées si exactement que toute la tour semblait être d'une seule pierre.

Quant aux pierres que l'on apportait de la terre, il y en avait que les jeunes hommes employaient , d'autres qu'ils rejetaient et qu'ils cassaient. Autour de l'édifice on voyait plusieurs pierres qu'ils n'employaient point, parce que les unes étaient raboteuses, les autres crevassées, les autres blanches, mais rondes; en sorte qu'elles ne s'ajustaient pas au bâtiment. Quelques-unes étaient jetées loin de la tour, dans le chemin, d'où elles roulaient en un lieu désert : d'autres tombaient clans le feu et bru-

laient; d'autres semblaient s'approcher de l'eau et ne pouvaient y rouler, quelques efforts qu'elles y fissent.

Hermas ayant demandé l'explication de cette vision, la vieille dame lui dit : — Cette tour que tu vois bâtir, [c'est moi-même, c'est-à-dire l'Église. On la bâtit sur les eaux, parce que votre âme est sauvée par l'eau, et fondée sur la parole du nom glorieux et tout-puissant. Par là elle marquait le baptême. Ces six jeunes hommes qui bâtissent sont les Anges de Dieu, à qui il a donné pouvoir sur toutes ses créatures. Les autres qui apportent des pierres sont aussi des Anges, mais les premiers sont plus excellents. Quand le bâtiment sera achevé, ils feront tous ensemble un festin près de la tour, et ils glorifieront Dieu. Les pierres blanches et carrées, qui s'ajustent si bien, sont les apôtres, les évêques, les docteurs, les ministres, morts ou vivants, qui se sont acquittés de leur devoir avec piété, sainteté et modestie , envers les élus de Dieu , et ont conservé la paix.

Les pierres que l'on tire du fond de l'eau, et qui s'ajustent si bien au bâtiment, sont ceux qui sont morts et qui ont souffert pour le nom du Seigneur. Celles que l'on apporte sur terre et que l'on emploie au bâtiment sont les néophytes et les fidèles. Celles que l'on rejette, et qui demeurent près de la tour, sont ceux qui ont péché et veulent faire pénitence. S'ils la font tandis que l'on bâtit, ils pourront être employés au bâtiment : mais quand le bâtiment sera une fois achevé , ils n'y trouveront plus de place.

Les pierres que Ton casse et que l'on jette au loin sont les méchants qui ont embrassé la foi avec dissimulation, sans quitter rien de leur malice. Ils ne peuvent servir à l'édifice, et il n'y a point de salut pour eux. Quant aux autres pierres qui n'entrent point non plus dans le bâtiment j les raboteuses, sont ceux qui ont connu la vérité, mais qui n'y sont pas demeurés et ne se sont pas joints aux saints. Celles qui ont des crevasses sont ceux qui gardent dans leur cœur la discorde, et n'ont la paix qu'en apparence. Celles qui sont trop petites sont ceux qui ont embrassé la foi, et qui ont gardé la plus grande partie de leurs vices.

Enfin celles qui sont blanches et rondes sont ceux qui ont embrassé la foi , et lorsque la persécution vient, leurs richesses les font renoncer à Dieu ; ils ne seront utiles à l'édifice que quand leurs richesses seront retranchées, comme les pierres rondes, dont il faut ôter une grande partie. Juges-en par toimême, Hermas : quand tu étais riche, tu étais inutile ; à présent tu es propre à la vie , car tu as été de ces pierres.

Celles qui sont jetées loin de la tour et qui roulent dans le chemin, et de là dans le désert, sont ceux qui ont cru; mais par leur incertitude ils ont quitté le vrai chemin , s'imaginant en pouvoir trouver un meilleur ; ils sont errants et misérables.

Celles qui tombent dans le feu sont ceux qui se sont éloignés pour toujours du Dieu vivant, à qui il ne vient plus dans l'esprit de faire pénitence, tant ils sont passionnés pour leurs débauches et pourleurs crimes.

Celles qui tombent près de l'eau et ne peuvent y entrer sont ceux qui désirent le baptême , mais que le moindre bruit de persécution fait retourner aux idoles, ou qui, pensant à la sainteté- de la Religion , se retirent et retombent dans leurs désirs criminels.

C'est ainsi que l'Église expliqua à Hermas la vision de la tour.

Elle lui fit voir ensuite autour du bâtiment sept femmes , dont la première était la Foi , puis sa fille l'Abstinence: ensuite la Simplicité, l'Innocence, la Modestie, la Discipline et la Charité. Chacune était fille de la précédente, la Simplicité fille de l'Abstinence, l'Abstinence fille de la Foi, et ainsi des autres. Elles soutenaient la tour, et y faisaient entrer ceux qui les servaient.

Hermas désirait savoir pourquoi l'Église lui avait apparu en trois formes différentes. La première fois très-vieille, et assise dans une chaire; la seconde fois avec un visage jeune , mais les cheveux et la chair d'une vieille, lui parlant debout, et paraissant plus gaie que la première fois; la troisième fois, elle lui parut toute jeune et belle-, excepté qu'elle avait les cheveux d'une vieille; elle était assise sur un banc et avait le visage riant. Après qu'il eut jeûné et beaucoup prié, un jeune homme lui apparut la nuit, et lui dit :

— D'abord elle a apparu vieille, et dans une chaire , pour montrer que votre esprit est faible et languissant, à cause des affaires temporelles qui vous ont rendu triste et paresseux, comme dans une vieil-

lesse décrépite, au lieu qu'il fallait mettre votre confiance en Dieu.

Après que vous avez ouï la révélation que Dieu vous a faite, votre esprit s'est renouvelé : votre foi et votre force se sont augmentées, comme un vieillard qui apprend qu'il lui est venu une succession se lève avec joie, prend de la force, se tient debout et agit vigoureusement. C'est ce que signifie le second état où vous l'avez vue.

La troisième fois , elle a marqué encore plus de force et de gaieté, pour montrer comme votre esprit a été renouvelé par la vision de la tour, et par les autres biens que Dieu vous a faits. Le banc sur lequel elle était assise marque par ses quatre pieds la solidité de cet état , et l'effet de la sincère pénitence.

Hermas eut encore une autre vision , trois semaines après la précédente. 11 marchait seul à la campagne, dans un lieu écarté, allant à une maison éloignée d'une demi-lieue du grand chemin. En marchant, il priait Dieu d'accomplir se qu'il lui avait révélé , et de donner la pénitence à ces serviteurs qui étaient tombés, afin que son saint nom fût honoré. Alors il entendit comme une voix qui lui dit : — Ne crains point , Hermas.

Il pensa en lui-même : Qu'ai-je à craindre après les grandes choses que le Seigneur m'a montrées? S'étant un peu avancé, ii vit de Ja poussière jusqu'au ciel, environ à la distance de cent vingt pas. Il crut que c'étaient des chevaux qui venaient à lui ; mais remarquant que la poussière s'élevait de plus en

plus, il soupçonna quelque prodige. Un rayon de soleil qui parut lui fit voir une bête, grande comme une baleine, haute d'environ cent pieds, jetant par la gueule des sauterelles de feu. Il commença à pleurer et à prier Dieu de le délivrer de ce monstre. Puis il se souvint de cette parole qu'il venait d'entendre : Ne crains point. Il s'arma de foi , et s'exposa hardiment à la bète. Elle marchait d'un train à renverser toute une ville d'un seul mouvement; mais quand Hermas s'approcha , elle s'étendit par terre, tirant seulement la langue, et ne se remua point qu'il ne l'eût passée tout entière. S'étant avancé environ trente pieds au delà, il rencontra une fille parée comme au sortir de sa chambre , et vêtue de blanc jusqu'à la chaussure. Elle portait une mitre, et était couverte de ses cheveux, qui étaient brillants. Il reconnut que c'était l'Église, et en eut bien de la joie. Elle lui demanda s'il n'avait rien rencontré, et lui dit que c'était par sa foi qu'il avait été préservé de la bête.

Le Seigneur, ajouta-t-elle , a envoyé son Ange qui lui a fermé la gueule, de peur qu'elle ne te dévorât. Va donc, raconte les merveilles de Dieu à ses élus, et dis -leur que cette bête est la figure de la persécution qui doit venir. Qu'ils aient confiance en Dieu; s'ils le font, ce ne sera rien.

Voilà les quatre visions contenues dans le premier livre d'Hermas.

Le second livre commence ainsi :

Ayant prié chez moi , et m'étant assis sur mon lit, je vis entrer un homme d'un visage vénérable,

en habit de pasteur, couvert d'un manteau blanc, avec une pannetière qui pendait de ses épaules, et un bâton à la main. Il me salua. Je lui rendis son salut. Il s'assit auprès de moi et me dit :

— Je suis envoyé pour habiter avec toi le reste de tes jours.

Je crus qu'il était envoyé pour me tenter, et je lui dis : — Qui êles-vous donc , car je sais à qui j'ai été confié? Il me dit : — Tu ne me connais pas? Je lui dis : — Non. — Je suis, dit-il , le pasteur à qui l'on t'a confié. En parlant ainsi il changea de figure, et je le reconnus pour mon gardien. J'eus confusion, crainte et douleur de lui avoir répondu si imprudemment. Il me dit : — Prends courage et reçois les préceptes que je vais te donner. Écris-les, afin que, les relisant de temps en temps, tu les gardes plus aisément.

Je les ai donc écrits, comme il me l'a ordonné; et si vous les observez et les exécutez d'un cœur pur, vous recevrez du Seigneur ce qu'il a promis. Si ensuite vous ajoutez encore à vos péchés, au lieu de faire pénitence , le Seigneur vous enverra des adversités ; ce que m'a ordonné d'écrire ce pasteur, qui est l'Ange de la pénitence.

Suivent alors les préceptes, au nombre de douze, qui sont comme autant de chapitres, contenant les principales règles de la morale chrétienne. Et c'est de cette vision, où l'Ange se montre en forme de pasteur, que ce nom a été donné à tout l'ouvrage d'Hermas. Car c'est toujours cet Ange qui parle; souvent Hermas fait des questions, et l'Ange répond.

LE PASTEUR ifHERMAS. 38 3

Après avoir parlé du mariage et des secondes noces, Hermas dit : — J'ai ouï dire à quelques docteurs qu'il n'y a point d'autre pénitence que le baptême, et qu'ensuite il ne faut plus pécher.

L'Ange répond que le baptême n'est pas proprement pénitence , mais rémission ; et que la pénitence est pour ceux qui, après avoir été appelés et mis au nombre des fidèles, sont tombés par les artifices du démon. Dieu leur accorde la pénitence, mais celui qui tombe et retombe, et fait pénitence de temps en temps, il est difficile qu'il vive véritablement pour Dieu.

Dans le sixième précepte , il dit que chaque homme a deux Anges, l'un bon, l'autre mauvais. Le premier nous porte à la vertu , et l'autre au vice ; et par nos dispositions, nous connaissons celui qui est avec nous.

Dans le dixième , il dit qu'il y a de faux prophètes qui pervertissent les serviteurs de Dieu. S'ils ne sont pas fermes dans la foi, ils vont interroger quelques-uns de ces trompeurs, comme s'ils avaient un esprit divin. Le faux prophète leur répond suivant leurs questions : il dit aussi quelques vérités, parce que le démon les remplit de son esprit pour faire tomber quelqu'un des justes. Ceux qui sont forts dans la foi et attachés à la vérité fuient ces faux prophètes. Il n'y a que ceux qui doutent et qui ont de fréquentes rechutes qui les consultent , comme font les païens; ils tombent ainsi dans l'idolâtrie par trop d'attachement à leurs affaires temporelles.

Or l'esprit qui est véritablement de Dieu n'at-

tend pas qu'on l'interroge; il dit tout de lui-même.

L'Ange fit voir ensuite à Hermas quelques-uns de ces fidèles douteux, assis sur des bancs; un d'entre eux était assis dans une chaire; c'était un de ces faux prophètes remplis d'un esprit terrestre. Il ne vient point, dit l'Ange, dans l'Église des vivants, il la fuit; il s'attache à ceux qui sont incertains et vides, leur prophétise en secret, dans des lieux cachés, et les flatte en leur parlant selon leurs désirs.

L'esprit de Dieu est paisible et humble; il s'éloigne de toute malice, de tous les vains désirs de ce monde , et se met au-dessus de tous les hommes. Il ne répond point à ceux qui l'interrogent, car l'esprit de Dieu ne parle pas à l'homme quand l'homme le veut, mais quand Dieu le veut.

Donc , lorsqu'un homme qui a l'esprit de Dieu vient à l'assemblée des fidèles, et que l'on fait la prière, un saint Ange remplit cet homme du Saint- Esprit, et il parle dans l'assemblée comme Dieu veut. Au contraire, on connaît l'esprit terrestre, vain, sans sagesse et sans force, en ce que celui qu'il agite s'élève et affecte la première place. Il est importun, parleur, vivant dans les délices et dans les plaisirs. Un prophète de Dieu n'agit pas de la sorte.

Hermas, ayant reçu les préceptes de l'Ange, lui dit qu'il les trouvait grands et beaux. Mais je ne sais, ajouta-t-il , si un homme, les peut garder.

L'Ange lui répondit : — Tu garderas aisément ces préceptes, et ils ne te seront point rudes. Mais si tu te mets dans l'esprit qu'un homme ne les peut garder, tu ne les garderas pas.

Or, je te dis que, si tu y manques, tu ne seras jamais sauvé, ni toi, ni aucun de tes enfants, ni ta maison, pour avoir jugé toi-même qu'on ne peut garder ces préceptes.

Il dit ces paroles avec sévérité, et d'un visage si terrible, qu'il n'y avait homme qui en pût soutenir la vue. Hermas en fut épouvanté.

L'Ange, le voyant ainsi troublé, commença à lui parler plus doucement, et il lui reprocha sa faiblesse et son ignorance, de ne pas considérer la puissance de Dieu, qui a soumis à l'homme toutes les créatures, et lui a donné le pouvoir de faire ce qu'il commande.

— Celui-là , dit-il , sera maître de tous ces préceptes qui a Dieu dans le cœur; mais ceux qui ne l'ont que sur les lèvres les trouvent rudes et difficiles.

Hermas répondit : — Il n'y a personne qui ne demande à Dieu de pouvoir garder ses commandements; mais le démon est cruel et tient les serviteurs de Dieu sous sa puissance.

L'Ange répliqua : — Le démon n'a point de puissance sur les serviteurs de Dieu qui croient en lui de tout leur cœur. Il peut combattre , mais il ne peut vaincre : si vous savez lui résister, il s'enfuira confus.

La troisième partie du livre d'Hermas est pleine d'instructions morales. Il nomme cette partie les Similitudes : nous en citerons celles qui sont remarquables. L'Ange lui recommande de s'abstenir de la multitude des affaires temporelles, parce qu'elles attirent beaucoup de péchés, et sont comme des

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liens qui empêchent de servir Dieu. Parlant du jeûne, il lui dit qu'il faut commencer par garder les commandements de Dieu. Si ensuite on veut y ajouter quelque autre bonne œuvre, comme le jeûne, on recevra une plus grande récompense.

— Le jour où tu voudras jeûner, ajoute-t-il, tu ne prendras que du pain et de l'eau; et tu supputeras ce que tu as accoutumé de dépenser par jour pour ta nourriture; tu le mettras à part, et tu le donneras à la veuve et à l'orphelin. Celui qui jeûne, dit-il encore, doit se retirer pour prier.

L'Ange dit ensuite , en parlant de ceux qui font pénitence : — Penses-tu que leurs péchés soient aussitôt remis? Non, pas aussitôt; mais il faut que celui qui fait pénitence s'afflige et s'humilie en toutes rencontres, et qu'il souffre diverses peines. Après qu'il aura souffert tout ce qui lui est imposé , il peut espérer qu'alors son créateur sera touché, et que sa clémence lui donnera quelque remède , s'il voit que son cœur soit pur de toute œuvre mauvaise.

Ailleurs il dit , parlant des différents pécheurs : — Ceux dont le Seigneur a vu que l'âme est pure , et qu'ils veulent le servir de bon cœur, il leur accorde la pénitence; mais ceux dont il a vu la malice, qui reviennent à lui faussement, il leur refuse le retour à la pénitence, de peur qu'ils ne profèrent encore des malédictions contre la foi.

Sous deux images différentes , il représente les différents états des chrétiens. Les apostats, qui ont renoncé à Dieu jusqu'à dire des blasphèmes contre lui et trahir ses serviteurs, demeurent morts et sans

pénitence, quoiqu'on la leur propose. Les hypocrites, qui enseignent de mauvaises doctrines pour détourner les autres de la pénitence, se convertiront difficilement, et il n'y a point de pénitence pour eux s'ils ne l'embrassent promptement.

Il en cite d'autres, incertains dans la foi, médisants, envieux et gardant mal la paix, quoique fidèles et bons : comme il y a en eux plus de faiblesse que de malice , la pénitence ne leur est pas difficile. D'autres, embarrassés d'affaires temporelles, se retirent du commerce des serviteurs de Dieu ; ils sont à demi morts pour la vie spirituelle; mais ils peuvent faire pénitence, s'ils l'acceptent promptement. D'autres, ayant toujours été bons et fidèles, ont commis quelques petits péchés, emportés par la fragilité humaine et par la légèreté de leurs pensées : ceux-là font aisément pénitence. D'antres, n'ayant le Seigneur que sur les lèvres et non dans le cœur, ne font que des œuvres mortes : aussi y a-t-il rarement pénitence pour eux, s'ils ne saisissent l'occasion. D'autres, ayant la foi, mais vivant dans des querelles et des différends légers , peuvent faire pénitence ; mais elle est difficile pour ceux qui gardent leur colère et se souviennent des injures.

Enfin, il y a d'autres fidèles qui ont toujours été bons et simples, sans différends entre eux, se réjouissant des vertus des autres, toujours prêts à faire du bien à tout le monde et à donner à tous de leur travail, sans le reprocher ni délibérer; Dieu, qui voit leur simplicité, bénit leurs travaux et favorise toutes leurs œuvres. Les plus chéris de Dieu sont

ceux qui ont cru avec la sincérité des enfants, à qui aucune malice n'est venue dans l'esprit, qui n'ont violé les préceptes divins dans aucune circonstance , et sont demeurés fermes toute leur vie dans les mêmes sentiments.

Telles sont les instructions que l'Ange - Pasteur donna au bienheureux Hermas.

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