‹ Lègendes du Nouveau TestamentChapitre 48 sur 106 · DEVANT LES MUSULMANS · texte numérisé non relu

DEVANT LES MUSULMANS

D'Herbelot, dans sa Bibliothèque orientale, cite à ce propos des vers d'un Persan musulman , dont voici la traduction littérale. Ils sont adressés à Jésus - Christ :

« Le cœur de l'homme affligé tire toute sa conso- )> lation de vos paroles ; l'âme reprend sa vie et sa )) vigueur en entendant seulement prononcer votre » nom. Si jamais l'esprit de l'homme peut s'élever à » la contemplation des mystères de la Divinité, c'est » de vous qu'il tient ses lumières pour les connaître, » et c'est vous qui lui donnez l'attrait dont il est pé- )) nétré, »

Un chrétien ne parlerait pas mieux.

A la vérité, ils admettent, comme nos pères, les gracieuses légendes de la sainte Enfance, et ils altèrent quelques points de l'histoire évangélique. Ainsi, ils prétendent que Notre-Seigneur a bâti la vi-lle de Bahana , dans la Thébaïde inférieure , à peu de distance de Fium. Cette autre ville s'élève en un lieu où les débordements du Nil forment un lac, que les Égyptiens, aujourd'hui encore, appellent le lac de Joseph, parce qu'ils ont appris que ce patriarche l'a creusé en même temps qu'il fondait Fium.

Mais revenons à Notre-Seigneur. Les musulmans croient qu'il a régné à Bahana; que c'est là qu'il appela ses apôtres, qui péchaient dans le Nil, et qu'en quittant la terre il les laissa dans ce pays en qualité de ses successeurs.

Cette légende n'a d'autre fondement que le séjour que fit l'Enfant Jésus en Egypte.

Ils en font d'autres sur la Nativité. Us disent que

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l'Enfant Jésus, né à Bethléem, ne resta que trois heures dans son berceau, et alla passer dans le quatrième ciel les premiers temps de son enfance.

Ils révèrent saint Jean-Baptiste comme le précurseur du#Messie , disent qu'il fut le dernier des prophètes, exaltent sa sainte pureté, et racontent qu'après que l'abominable Hérode lui eut fait couper la tête, le sang du martyr ne s'étancha que lorsque Dieu eut vengé ce meurtre par de grandes désolations , qui frappèrent le tyran et ses convives.

D'un autre côté , les musulmans ont conservé plusieurs paroles qu'ils ont reçues de la tradition, comme ayant été prononcées par Notre-Seigneur. L'Évangéliste saint Jean déclarant que les actions et les paroles de Notre-Seigneur, si elles étaient toutes écrites, formeraient un nombre immense de livres, il n'est pas impossible que quelques-unes de ces sentences viennent de la bouche auguste que nous adorons.

Saadi, dans son Gulistan, cite ces paroles qu'il attribue à Jésus-Christ : « 0 homme! si je te donne des richesses , elles t'occupent tellement que tu ne songes plus à moi. Et si je t'envoie la pauvreté , tu t'affliges si complètement que la paresse te saisit et te fait abandonner mon service. En quel état veux-tu donc vivre pour faire ce que tu dois ? »

Jésus dit un jour à un disciple de Jean- Baptiste : — Si on dit de vous la vérité , rendez grâces à Dieu. Rendez-lui grâces encore si on vous calomnie , parce que le tort qu'on vous fait augmente vos mérites.

Léon Warner (1), dans ses recherches sur les pro-

(1) Notœ ad centuriam proverbiorum Bersecorum. Leyde, 1644, cité par M. l'abbé Migne dans le Dictionnaire des apocryphes.

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