DEUXIÈME LÉGENDE DE LA FIN DE PILATE
Les grands crimes méritent de grands châtiments. Pachïmer.
Une croyance non moins répandue est celle qui sauve à Pilate sa redoutable entrevue avec Tibère mourant. Il paraît qu'en effet , il ne revint à Rome qu'au commencement du règne de Caligula , qui l'exila à Vienne en Daupliiné. Suivant les plus respectables témoignages, ce fut là que, dans son désespoir, il se donna la mort , deux ans après.
M. Mer y, dont on connaît le beau talent, a retracé magnifiquement cette légende, dans un petit écrit qui serait parfait, si l'esprit de foi chrétienne l'illuminait un peu davantage. Il peint avec toutes les couleurs du temps et des lieux, l'arrivée de Ponce- Pilate à Vienne, où il retrouve son vieil ami Albinus. L'exilé est grave et profondément triste.
« Et comme l'esclave s'approchait avec une aiguière d'argent pour servir à l'ablution des mains et la présentait à Pilate , on vit sur la figure du vieillard une grande pâleur, et dans ses yeux un reflet infernal. »
Partout on le reconnaît; partout on prononce son nom à ses oreilles, « ce nom formidable tout couvert du sang de Dieu. » Il se décide à quitter Vienne pour un lieu plus solitaire. Mais auparavant il raconte son histoire à son ami. Citons le passage où il rappelle