‹ Légendes du vieux ParisChapitre 22 sur 41 · FOIRE DU LAND I T · texte numérisé non relu

FOIRE DU LAND I T

La plus ancienne foire de France. — Son étymologie — Son origine.

— Les logettes du champ de foire du Landit. — Privilège des marchands. — Les attributions du capitaine du Landit. — Ce que des marchands arméniens amenèrent à la foire en 1400. — Entrée des chats angoras à Paris. — Leur légende. — Origine du village de Popincourt. — D’où vient le mot égout. — Les rats de Montfaucon mordent la poussière. — Ce quel’on vit à la foire du Landit au mois d’août 1427. — Les plus pauvres gens qui oncques furent vus dans le beau royaume de France. — Ce qu’il en advint. — Origine de l’argot. — Les argotiers de la cour des Miracles. — Leurs mystères découverts par un page de la chambre d’Henri IV. — Aspect de Paris les jours du Landit. — Les bons tours des écoliers. — Une vieille jovialité du temps de Louis XI.

— Quel était le plus beau jour de la foire. — Curieuses coutumes. — Les frippe-landits. — Ce qu’il reste du Landit.

La foire du Landit, qui se tenait dans la plaine de Saint-Denis, « en France », ont bien soin d’ajouter les vieilles chroniques, entre la Saint-Barnabe et la Saint-Jean, est la plus ancienne foire de Paris. Cette limite n’était pas toujours invariable ; il y eut des années oit les rois de France la prolongèrent tout aussi bien que celles de Saint-Germain, de Saint-Laurent, de Saint-Ladre, de Saint-Lazare , de Saint-Antoine , du Temple , excepté cependant la foire aux oignons et au lard du jeudi absolu, métamorphosée aujourd’hui en foire aux jambons, et qui ne fut jamais prolongée.

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Celte foire du Landit dont les rois accordaient le privilège à l'abbaye, était tellement solennelle que le Parlement et l’Université prenaient un jour de vacation, lors de son ouverture, sous prétexte d’y aller. Ce congé lui empruntait même son nom et s’appelait le Landit.

Avant de parler de cette foire, disons un mot sur son nom, qui a mis à la torture la cervelle de plus d’un archéologue.

Selon les uns, c’est Charles le Chauve qui fit transporter cette foire à Saint-Denis. Elle se tenait, du temps de Charlemagne, à Aix-la-Chapelle, où tous les ans on indiquait un jour pour montrer aux pèlerins accourus de toutes parts, les insignes reliques de la chapelle impériale.

Un héraut indiquait , à son de trompe, ce jour solennel, qui prit de là le nom d'indict, et, par corruption, Landit (les mots : indict , ordonnance ou cri public , sont synonymes dans les vieilles chartes.)

Selon un titre du temps de Louis le Gros, le landit de Saint-Denis fut, par autorité apostolique, confirmation des archevêques et évêques et ordonnances des rois, établi en l’honneur, révérence et mémoire du saint Clou, du très-saint bois de la Croix et des épines de la couronne du Rédempteur, transportés à pareil jour en l’église de Saint-Denis, pour la protection des rois et du royaume par Charles le Chauve, qui les rapporta d’Aix-la-Chapelle et les mit sous la garde des moines. Ce fut un jour de grande fête longtemps indiqué à l’avance, d’où feriœ indictœ , d’où l'an dit .

D’autres le font venir de lan dit.

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