XXIV PREFACE
passe à Paris. — S'ils veulen! des armes, c'est pour leur propre séciffitcy^ La dissolution de l'Assemblée nationale, (Jonnée comme certaine, échaulîait \^m les esprits et les malintentionnés luttaient à profit l'inquiétude, l'agitation 'générales, pour pousser au pire, en créant partout le désordre. La police avait disparu; la canaille était maîtresse de la rue. Des bandes de chenapans, parmi lesquels ces gens de mauvaise mine, qui, dés le mois de mai, affluaient à Paris, venus on ne sait d'oîi^ comme à un mot d'ordre, et qu'on avait déjà vus à l'œuvre, au pillage de la maison Réveillon, s'en allaient partout, insultant les femmes, détroussant les passants, pillant les boutiques, ouvrant les prisons, brûlant les barrières!... Le 13 juillet, les électeurs de Paris décidèrent la formation d'une milice bourgeoise, pour la protection de la ville, et ce projet fut adopté le même jour par tous les districts, avec des considérants, cités par M. Funck-Brentano, et qui précisent l'intention des signataires. — C'est !)icn pour se défendre contre coux que l'on appelle « les Brigands », que se forme la milice bourgeoise : « Protéger les citoyens, dit le
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procès-verbal du district du Pctit-Saial-Antoine, contre les danp:ers qui les menacent tous individuellement. » « En un mot, le sentiment qu: domine, dit M. Victor Fournel, c'est la peur! Jusqu'au 14 Juillet, la bourgeoisie parisienne se montrait beaucoup plus soucieuse des excès de tous genres commis par la populace après le renvoi de Necker, que des projets de la cour. » — Et M. Jacques Charavay, qui le premier a publié le texte du procès-verbal en question, ne dit rien d'excessif, quand il en tire cette conclusion : « Le mouvement qui le lendemain emporta la Bastille eût peut-être été réprimé par la garde nationale, si son organisation eût eu plus de consistance. »
Il n'a manqué à ce bon vouloir qu'une direction, un chef, et surtout l'appui de Bcsenval.
Mais celui-là est stupéfiant!
Il part de Versailles, avec trente-cinq mille hommes, — et l'ordre signé par le Roi — non sans peine, — qui lui enjoint de « repousser la force par la force » .
Et voici le bulletin de ses opérations militaires.
Le 13, vers quatre heures du soir, escar-