‹ Légendes et archives de la BastilleChapitre 46 sur 59 · Desnoiresterres, Voltaire et Frédéric, p · texte numérisé non relu

Desnoiresterres, Voltaire et Frédéric, p

3. Cité par N. Joly, dans les Mé7n. de l'Acad. de Toulouse, ann. 1870, p. 198-99.

La Beaumelle ne tarda pas à faire paraître son édition des Mémoires pour servir à l'histoire de Mme de Malnienon et à celle du siècle passé, avec neuf volumes de correspondance. Il avait fabriqué des lettres qu'il attribuait à Mme de Saint-Géran, à Mme de Frontenac, publiait une correspondance de Mme de Main tenon, que M. Geflroy, dans un livre qui fait autorité, estime pjeine de falsifications éhontées, d'inventions malsaines et grossières. Enfin, il avait inséré dans son ouvrage la phrase suivante : « La cour de Vienne accusée depuis longtemps d'avoir toujours à ses gages des empoisonneurs*.... »

Il faut noter que des circonstances particulières devaient donner du retentissement à, la publication de La Beaumelle, que la réputation de l'auteur à l'étranger, le titre même, lui prêtaient un grand poids, et que la France, qui s'engageait dans la guerre de Sept Ans, avait besoin des bonnes grâces de l'Autriche. La Beaumelle fut conduit à la Bastille une seconde fois. Le lieutenant de police, Berryer, lui fit subir l'interrogatoire d'usage. La Beaumelle était l'homme du monde le plus spirituel, au point qu'au cours de leurs querelles il mit Voltaire lui-même au désespoir. Tel il se montra dans son interrogatoire. « La Beaumelle, lui dit Berryer, vous me

Page 1