I.KS CAI'HICKS DK I.A CAMAHUK
Les iiiaiivilises lanj^ucs jic luaiKiiicionl |)as (l'insinuer qii'Asclépiacle n'a dû sa longévité qu'à son aversion pour toute espèce de drogue; et ces détracteurs de iiolie ait rappelleront, à ce propos, que Machiavel juourut, âgé seulement de 58 ans, d'un excès de pilules, qu'il s'était administrées lui-même, et c|u'il croyait efficaces contre ses maux d'estomac.
Ces pilules, d'apiès la recelte (|ui en a été laissée par Tintéressé, n'étaient autres (|ue des pilules d'aloès, dont la composition se rapprochait de celle des pilules dites ante cibiini ; il est à présumer que, si Machiavel ne les eût pas ahsorbées en excès, elles n'auraient produit ((u'ini trouble passager'; en tout cas, Machiavel ne dut (|u'à son imprudence le sort <jui lui échut, tandis (jue,dans le cas suivant, il semble qu'on doive incriminer l'apothicaire qui avait préparé le remède, cause de la mort.
Il s'agit, dans la circonstance, d'un illustre évoque de Montpellier, Guillaume Pellicier, mort en 1568, d'un ulcère qui lui rongea les entrailles, à la suite de l'ingestion de pilules de coloquinte'-.
Mais passons à un chapitre plus gai.
1. V. l'analyse qui en a été donnée par M. Aktauu, ilans .<on ouvrage siu* Machiavel, non r/ériie el nés erreurs, t. Il, 2<K) et suiv.
2. LApolhicairerie à Monlpellier, par A. Gi:i!Main. Monlpelier, 1882.
Ambroise Paré, qu'on trouve toujours profit à lire, conte qu'un jeune homme fut incommodé d'une rétention d'urine, pour avoir trop longtemps retenu celle-ci, par piideuv; grâce à un cathétérisme opportun, il fut incontinent soulagé.
Le fameux astronome Tycho-Brahé succonilia dans les mêmes conditions i, pour n'avoir pas été sondé à temps : n'osant quitter l'assemblée à laquelle il assistait, pour soulager un besoin pressant, il fut victime du respect des convenances-.
On sait comment succomba le père d'Henri IV, Antoine de Bourbon, roi de Navarre. Tandis qu'il accomplissait l'une des fonctions les moins poétiques dévolues à l'être humain, une balle l'atteignait... en plein dos. Voilà, pour un guerrier, une mort peu glorieuse, aussi s'empressa-t-on de célébrer ce fait mémorable par cette épitaphe, mise en circulation par Voltaire :
Amis Français, le prince ici gisani Vécut sans gloire et mourut en p...ant.
Il s'en fallut de peu que son fils^ le Vert-galant,
de joyeuse mémoire, ne pérît de la même façon.
Ce bon roi était près de Montfort-l'Amaury,