I.KdKNDES, III. "^ fi
montra, toiile sa vie, anialeur éclairé des beauxarts et des Jjelles-lettres.
Qu'on mette en balance ses (|ualités et ses vices ; que, surtout, on ne la détache pas de son cadre, et l'on conviendra, si l'on veut être juste, ((ue, dans la galerie de nos reines, son génie politique et sa haute sagesse la rendent digne d'occuper une des toutes premières places.
UNE TENTATIVE DE VITRIOLAGE AU XVl' SIECLE. MAÎTRESSE ET FEMME DE ROI.
Il y a quelques mois, nous recevions la visite d'un libraire, qui venait nous proposer l'achat d'un document auquel il paraissait attacher un grand prix, tant à raison de son contenu, que du caractère d'inédit que, de bonne foi, il lui attribuait. Il s'agissait d'un fragment de lettre, sans signature, dont le libellé était, à première vue, assez déconcertant. Voici, eu effet, ce que nous parvenions, non sans peine, à déchiffrer, grâce à l'aide obligeante de M. L. Gauthier, archiviste aux Archives nationales, à qui nous nous étions empressé de montrer le papier qui intriguait notre curiosité :
La Royne (Catherine de Médicisj a bien riz quand elle a vea dessus la lettre de Mess, (messire) de Nemours ces lignes marquées se souvenant (pi'elle le voulloye employer lorsque Madame de Valent inoye (Diane de
Poitiers) la faschoyt tant a luy faire jetter par luy d'une eau forte distillée comme par manière de jeu sur le visaige de quoy elle feust toute sa vie demouree deffiguree et ainsi elle jiensoyt en retirer le feu Roy son mary ce que ne fut pas faict car elle y pensa depuis. Bruslez cette lettre après l'avoir veue s'il vous playt.
Nous trouvions-nous en présence d'une pièce authentique ? MM. Noël Gharavay et Raoul Bonnet, les experts en autographes à la compétence desquels on ne fait jamais un vain appel, n'hésitèrent pas à nous répondre par l'affirmative. C'était bien, selon eux, une écriture du seizième siècle; le papier était de l'époque; et il y avait apparence qu'on ne se trouvait pas en présence d'un faux.
Afin de nous entourer de toutes les garanties, nous consultâmes encore MM. de La Roncière et Couderc, conservateurs à la Bibliothèque nationale, qui se rangèrent à l'opinion, dûment autorisée, de MM. Gauthier, Gharavay et Bonnet ; seul, M. Louis Batifl'ol exprima quelques réserves, portant plutôt sur le texte que sur le graphisme, qu'il déclarait irréprochable. Nous en étions là de nos investigations, quand, parcourant un ouvrage sur Catherine de Médicis i, ré-
1. EuG. Df.france, Catherine de Médicis, ses aslrologiies el ses magiciens-envoûleurs. Paris, Mercure de France, 1911.