E. Pelletan, Décadence de la Monarchie, 28ti
qui fait tout oublier ; et l'on s'abandonne, comme à une fatalité morbide; on traverse la vie comme un gué, sans prendre garde aux précipices, puisque toute résistance, tout effort de volonté seraient vains.
Cette misère atteint toutes les classes, des plus hautes aux plus infimes; et, pas plus que la naissance, l'intelligence, l'esprit, toutes les vertus ou qualités supérieures n'en préservent. « Il souffle sur toute la nation, comme un air mortel qui empoisonne^... »
Dans leur impuissance à lutter contre le fléau qui monte et qui gagne les mieux équilibrés, ou ceux qui le devraient être, les cerveaux les plus solides sont ébranlés.
Pour dépeindre leur accablement, leur détresse morale, les « intellectuelles « de ce temps pressentant, devançant Nietzsche, dans leurs autobiographies, leurs confessions, où se dévoile à nu leur àme, laissent échapper de leur plume des phrases telles que: «Je suis tombée dans le néant... je retombe dans le néant.»
Le néant, mot immense, l'infini de la désolation ! Fortune, honneurs, rang suprême, rien ne met à l'abri de cette peste : l'ennui !
Le type représentatif le plus complet de Thuma