IIichelet, Hist. de France, t. Y
2. François Itr, alors âgé '!«■ 26 an-, -e trouvait un jour chez Mme de Boisy, femme oV sod grand-maître d'hôtel. La dame, lui ayant montré son album «l-- portraits ou crayons, dont la mode commençait â se répandre, quand il on fut au portrait «le
La mort d'Agnès était survenue si brusquement, dans des circonstances si dramatiques, que les contemporains se refusèrent à y voir le dénouement naturel d'un mal implacable. Or, l'homme que désignait l'opinion comme l'assassin présumé, sera le même qui, devenu roi, multipliera les honneurs à la mémoire de la disparue, s'emploiera, par tous les moyens et sous toutes les formes, à célébrer les mérites de celle que Charles VII avait entourée d'une immuable affection.
On sait quels rapports plutôt tendus avaient toujours existé entre le dauphin et son père. Enfermé dans son apanage du Dauphiné, le jeune prince, à qui le trône était promis, trouvait tardive l'échéance de son avènement. Par ses émissaires, il ne cessait d'entretenir des intrigues avec les ennemis de son pays, comme s'il voyait avec dépit l'œuvre de la délivrance nationale, commencée par un autre, à la veille de s'achever sans lui.
En 1446, il forme un plan de conspiration, qu'il fait connaître à un personnage en qui il a placé sa confiance et qui la trahit indignement :
la belle Agnès, le roi-chevalier improvisa, au-dessous de l'image qu'il avait sou> les yeux, le quatrain demeuré célèbre :
Gentille Agnès, plu- de Los tri mérite,
La cause étant de France recouvrer, Oue tout ce qui en cloître peut ouvrer, Close nonnain ni en désert hermite.
il s'agit de faire disparaître le serviteur le plus fidèle du roi, le sénéchal de Normandie, Pierre de Brézé. Mais le complot est dénoncé par celui-là même qui en a reçu la confidence. Le prince, honni pour quatre mois du royaume, s'écrie en sortant nud teste de la chambre du Roi :
Par ceste teste qui n'a point de ehapperon. je me vengeray de ceulx qui m'ont getté hors de ma maison K
( In a voulu voir dans ces paroles une menace à l'adresse de la favorite, dont le dauphin redoutait l'influence sur son père.
La hayne de Charles Vil contre Louis XI venoit, écrit, un chroniqueur, de ce que ce prince a voit plusieurs fois blasmé et murmuré contre son père, pour la belle Agnez, qui estoit en la grâce du Roy beaucoup plus que n'estoit la Royne... dont le Daulphin avoit grand despit et, par despit, il lu y fit la mort avancer2.
Celui qui lance cette accusation est, avons-nous besoin de l'ajouter, un écrivain bourguignon ; de môme cet autre, qui se montre non moins explicite :
Kilo no dura guères. et disoit-on qu'elle feust empoisonnée... Kl volloient aulcuns dire aussy que le dict Daulphin avoit jà (ail mourir une damoiselle nommée la