Ces renseignements sont tirés de l'ouvrage, peu connu, du
comte de C.-F. Vitzthum d'EcKiEDT, Maurice, comte de Saxe et
Marie-Josèphe de Saxe, dauphine de France. Lettres el documents
lits dos Archives de Dresde. Leipzig, Londres et Paris,
Trois jours se passent, pendant lesquels la fièvre subsiste et l'état du malade ne s'améliore pas.
Un courrier est envoyé à Paris, pour prévenir Sénac, l'ami et le médecin ordinaire du Maréchal, d'avoir à se rendre en toute diligence à Chambord. Il y arrive, en même temps que le comte de Friesen, le 28. Cette particularité, seule, suffit a ruiner le légendaire récit du baron Grimm, si ce récit n'avait été reconnu, par ailleurs, dénué d'authenticité.
Du reste, il n'est pas fait la moindre allusion à la rencontre fatale, dans la correspondance de l'aide-de-camp du Maréchal dont nous venons de reproduire un extrait et, sur un fait aussi important, il n'est guère admissible que ce personnage eût gardé le silence, tant au moment de l'événement que postérieurement. Ecrivant au neveu de Maurice de Saxe, par un courrier spécial, pour quelle raison lui aurait-il caché une particularité aussi notable ?
Reste un dernier argument, qui donne le coup de grâce à la légende du duel.
Maurice de Saxe est mort le 30 novembre1. Sa
1. Le chargé cTalïaires de Saxe écrivait au comte Bruhl. de Paris, le 1er décembre 1750: « ... Ce fut hier matin, entre 6 et 7 heures, qu'il (le maréchal de Saxe) décéda à Chambord, a] une maladie de huit jours, qui a commencé à se déclarer di-
dernière sortie, tous les biographes du Maréchal sont d'accord là-dessus, eut lieu le 21. C'est donc le 2i au matin qu'il aurait été mortellement frappé ? Or, ni le 20. ni le 21 novembre, le prince de Contv ne pouvait être à Chambord... puisqu'il était à Paris ! C est ce qu'ont victorieusement démontré MM. G. Capon et Yve-Plessis.
« Le 20 novembre 1750, écrivent-ils 4, Louise- Adélaïde de Bourbon-Conty, princesse de La Roche-sur-Yon, mourait en son hôtel, à Paris, de la petite vérole, faisant son neveu son exécuteur testamentaire.
Nous n'ignorons point qu'il n'y a pas concordance entre tous les témoignages des contemporains sur la date de cette mort. La Gazette dit que Mlle de la Roche-sur-Yon mourut le 21 novembre et qu'elle fut enterrée le même jour'2. Les Affiches annoncent la mort dans les décès du213. Le registre de la paroisse Saint-Sulpice dit qu'on a transporté le 21, à Saint-André-des-Arcs, le corps de la princesse « morte avant-hier », le 19, par
manche, le 23 du passé, par une lièvre conlinue, avec des transports qui ne lui ont laissé que par intervalles, une heure ou deux de suite, la tète libre. Il avait ordonné de cacher sa maladie... »