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Histoire de l'Académie royale des sciences

rapport, qui nous renseigne aussi complètement que possible, sur l'opération à laquelJd n'avaient pas hésité à se soumettre, en dépit des préjugés et des préventions qu'avait conservés une bonne partie du public, les augustes personnages qui avaient voulu donner un exemple à leur peuple.

« La famille royale, persuadée, enfin, par l'évidence des faits les plus authentiques et les plus multipliés, qu'il n'existait qu'un moyen de se mettre désormais en sûreté contre les malheurs qui la menaçoient encore de toutes parts, prit tout-à-coup, seule et sans impulsion étrangère, le parti courageux de recourir à l'inoculation. »

Les médecins durent procéder sans délai aux préparatifs nécessaires. On choisit, comme inoculateurs, deux hommes réputés pour leur savoir evt leur habileté : M. Richard et M. Jauberthon.

M. Richard fit chercher « plusieurs sujets atteints d'une petite vérole naturelle de bonne espèce ». Il choisit une petite fille âgée de deux ans, malade à Paris, dans la maison paternelle, qui lui parut réunir tous les avantages désirables. Il fut procédé à une enquête rigoureuse, « sur la conduite, sur la vie, et sur les mœurs du père et de la mère, dont le talent unique, qui les fait subsister, est de blanchir pour le public le linge à la rivière »,

Le lieutenant de police chargé de prendre des informations sur les mêmes personnes ne recueillit que de bons témoignages sur leur moralité.

La première fois que les médecins visitèrent la petite malade dont ils avaient fait choix pour servir à inoculer la Famille royale, ils la trouvèrent « renfermée soigneusement sous les rideaux d'un lit. dans une chambre échauffée par un feû que Ton v entretenoit pour lessiver beaucoup de linge ».

Le père et la mère ne permirent d'abord qu'avec peine de la découvrir pour l'examiner ; ils furent effrayés, lorsque, après avoir fait ouvrir la porte et une fenêtre, « pour rafraîchir l'air de la chambre et le renouveler », les docteurs substituèrent au vin sucré et aux œufs, un régime plus doux et moins échauffant.

Ils prescrivirent, en outre, de laisser reniant levée une partie du jour, et annoncèrent qu'on allait la transporter de Paris à Marly, où devait avoir lieu l'opération, dans un carrosse qui viendrait la prendre chez ses parents.

Le 18 juin, jour fixé pour l'inoculation, l'enfant était conduite de grand matin à Marly, où la .famille royale était établie depuis la veille ; la petite fille était sur les bras de sa mère, et accompagnée de son père et d'un homme de confiance, chargé de les surveiller durant le trajet.

A huit heures, ou les introduisait dans le grand salon du château royal, où se trouvaient déjà réunis un assez grand nombre de personnages de la Cour, qui purent voir et examiner librement le sujet. Tous les médecins présents constatèrent le caractère de la maladie, et les inoculateurs se mirent à l'œuvre.

L'auteur de la relation que nous suivons pas a pas nous décrit très minutieusement le procédé alors en usage.

On prend une bonne lancette ordinaire, on la plonge dans un bouton varioleux en pleine suppuration; la lancette avant ainsi été chargée, on en insinue très doucement la pointe seulement sous l'épidermedela personne que l'on veut inoculer. Le plus souvent, cette piqûre se fait sans ouvrir le plus petit vaisseau sanguin, par conséqueiU sans procurer la moindre douleur. S'il paraissoit un peu de sang, il n'y a pas d'inconvénients. On ne met ensuite sur la piqûre nulle espèce de topique, on l'abandonne àla nature; c'est la métho de d'inoculer que Vma appelle Sultonienne, parce que Sutton, fameux inoculateur anglais, est le premier qui l'ait employée avec le plus grand succès, ou plutôt il n'a fait que renouveler l'ancienne d'Asie en la perfectionnant; sa simplicité et ses avantages, confirmés depuis plusieurs années par un nombre prodigieux de faits, l'ont rendue presque générale en Europe...

Le 18 juin, à 8 heures du matin, le docteur Richard faisait, à l'aide de cette méthode, cinq piqûres aux bras du Roi, trois cà l'un, deux à à l'autre. Immédiatement après, il faisait deux piqûres à chaque bras de .Aime la comtesse d'Ar-

tois ; une. ensuite, à chaque bras des deux Princes, tandis que la seconde piqûre leur était faite par M. Jaubertlion. Le Roi reçut donc cinq piqûres; les deux Princes et la Princesse, seulement quatre : deux à chaque bras.

Le jour même de la purgation, c'est-à-dire le quatrième jour. depuis les piqûres, le Roi ressentait, le soir, du froid, du malaise, une douleur aux reins et dans la région axillaire. Le 23, les mêmes symptômes étaient constatés, avec mal à la tête, en plus. Le 24, la fièvre avait augmenté sensiblement, ainsi que le malaise et l'abattement.

Le sommeil avait été coupé et interrompu et,"" ce même jour, le Roi eut plusieurs fois des nausées, des soulèvements d'estomac ; par intervalles, des frissonnements et un peu plus de douleurs aux aisselles.

Le Lendemain soir, la fièvre diminuait ; la nuit qui suivait était meilleure, et pendant le sommeil apparaissaient les premiers boutons. La fièvre, qui était presque entièrement tombée, finissait par disparaître dans la journée.

La petite vérole locale faisait des progrès, les boutons des piqûres grossissaient, et il se formait autour d'eux une aréole rouge et enflammée. Au moment où cette éruption locale se terminait, une nouvelle éruption, plus abondante, se manifestait sur tout le corps.

L INOCULATION A LA COUR DE FRANCE 2?ô

Les deux Princes ne présentèrent les mêmes symptômes que vingt-quatre heures après le Roi; chez eux. comme chez le Roi, la petite vérole secondaire fut bénigne.

Chez la comtesse d'Artois, les signes d'invasion ne se montrèrent que le septième jour api 1 inoculation. « L'éruption de la petite vérole secondaire ne produisit sur le reste du corps que très peu de boutons, qui tous avortèrent aussitôt que fut établi l'écoulement des règles, qui revinrent alors extraordinairement et qui continuèrent plusieurs jours. »

Les sujets inoculés avec le virus variolique qui avait servi pour le Roi et les Princes eurent, ton-, une petite vérole bien caractérisée, mais sans complications. Ceux qu'on inocula avec la matière puisée dans ces nouveaux boutons présentèrent, pour la plupart, une éruption abondante, quoique discrète. Il était désormais prouvé que « toutes les fois qu'après l'insertion faite du pus variolique, on ressent les symptômes qui prouvent que le levain a porté et déployé son action sur la masse du sang, on doit être sûr d'avoir déjà la petite vérole ; d'ailleurs, il n'importe pas qu'il survienne ensuite peu ou beaucoup de boutons sur le corps, ou même que la petite vérole artificielle ne soit que locale. »

Grâce à l'initiative royale, l'inoculation ne comp-

tait plus que des adeptes; ses adversaires étaient réduits à L'impuissance,

[ls essayèrent, néanmoins, de railler le médecin Richard, qu'ils appelèrent Richard- sans-Pear, parce qu'il avait ose braver l'opinion. Ils reprochèrent a la Reine d'avoir poussé son époux à un acte téméraire, qui l'exposait à un réel danger: ils exprimèrent enfin le regret qu'on n'eût pas fait appel a Tronchin, plutôt qu'à un médicastre sans notoriété, qui avait assumé là une bien gros responsabilité. Tronchin ne devait être appelé que postérieurement, pour inoculer les enfants du due de Chartres.

Cinq ans plus tard, la belle-sœur de Marie- Antoinette, la comtesse d'Artois, faisait inoculer sa fille. Le mois suivant, venait le tour de Mme Rovale. L'opération réussit parfaitement, ainsi que l'atteste le certificat suivant1:

Nous, soussignés, assemblés par l'ordre du Roy. sur la demande de son Altesse Madame la Princesse de Guemenée, pour constater l'état actuel de Madame, fille du Roy, certifions avoir trouvé Madame àyèe de trois ans. dix mois, trois jours, jouissant d'une très bonne santé à la suite de l'inoculation de la petite vérole qu'on vient de lui faire avec succès et n'ayant aucun vice de conformation, en foy de quoy nous

1. Ce document, ainsi que ceux qui vont suivie, ont été tirés \i'clu\ es nationales.

avons dressé le présent procès-verbal, fait et signé en Vappariement de Madame au chàleau.de la Muette.

Ce vingt deux octobre mil sep\ cent quatre vingt deux.

Brinyer Andouillé Loustalnau Lassone Blanouié.

Ce même jour, la Faculté était appelée à constater l'état du premier Dauphin, né jour pour jour Tannée précédente. Les médecins déclaraient qiTii jouissait d'une santé parfaite et qu'il ne présentait aucun vice de conformation.

Voici le texte intégral de leur consultation :

Nous soussignés, assemblés par l'ordre du Roy, sur la demande de Son Altesse Madame la Princesse de Guemenée, pour constater l'état actuel de Monseigneur le Dauphin, certifions avoir trouvé Monseigneur, en ce jour, âgé d'un an, jouissant de la santé la plus parfaite, sans aucun vice de conformation, portant depuis sa naissance une petite tache rouge, très légère à la base de l'omoplate droit, déplus une légère suppuration au bras gauche, suite d'un vesicatoire qu'on juge à propos d'entretenir depuis six mois, n'ayant aucune espèce d'incommodité, attendant sa onzième dent, étant plein de force et de vigueur, en Joy de quoy nous avons dressé le présent procès verbal ; fait et signé en l'appartement de Monseigneur. A Versailles, le vingt deux octobre mil sept cent quatre vingt deux.

Brlnyer Andouillé Loustaunàu Lassone Blanouié.

En récompense de leurs soins, les sieurs Brunver et Loustaunau recevaient l'un, le brevet de médecin, l'autre, le brevet de chirurgien de Mgr le Dauphin; mais ils ne devaient en porter

le titre que lorsque le Prince passerait entre les mains des hommes. Toutefois, « en considération du zèle et de l'exactitude » dont Brunyer donnera des preuves durant la maladie du Dauphin, le Roi l'autorisera à prendre le titre et à toucher les appointements de médecin des Enfants de Fiance, dès l'année 1784.

Le sieur Blanquie. chirurgien en survivance, ne put. par contre, obtenir une indemnité de logement de 300 livres que Mme de Polignac avait vainement sollicitée pour son protégé.

C'est à la requête de Mme de Polignac. gouvernante des Enfants de France, que Lassone, Brunyer et Loustaun.au avaient examiné, le 28 novembre 1783. Madame, fille du Roi, et qu'ils avaient certifié, « après V examen scrupuleux de toutes les parties du corps mises à nud », n'avoir « apperçu. dans l'organisation d'aucune de ces parlies, rien de contraire à la conformation régulière au' elles doivent avoir. L'épine du dos dans toute son étendue est très droite, les omoplates, les clavicules, les côtes et le sternum, qui composent la table antérieure de la poitrine, sont exactement disposés ».

Deux ans après (1785), la santé des enfants royaux s'étanl maintenue bonne, on estima qu'on pouvait, sans péril, les soumettre à l'inoculation.

Comme lors de l'opération pratiquée eu 177 k

on prit toutes les précautions pour s'assurer de la pureté du germe qui allait être employé : à cet effet, on procéda, comme on Pavait fait onze ans auparavant, à une enquête de moralité sur les père et mère de l'enfant qui devait fournir le germe variolique.

A en juger par le document inédit, comme les précédents, que nous allons produire, cette enquête était des plus sérieuses ; non seulement, on s'assurait des « bonne, vie et mœurs » des parents, mais on s'enquérait de leur état de santé et de celui des frères et sœurs du sujet qui allait servir à l'inoculation. A cet égard, la pièce cidessous est des plus instructives.

Van mil sept cent quatre vingt cinq, le mardi/ trente août cinq heures de relevée, nous Nr Jean Marcellin Serreau avocat au Parlement Cons*r (conseiller) du Roy commissaire an Chàlelel de Paris sommes transportés en l'Hôtel de Monsieur le lieutenant général de Police par devant lequel sont comparus le Sr Jean Marcel Patte demeurant à Paris grandrue du faubourg Saint-Denis paroisse Saint Laurent.

Et Sieur Louis Henry Soc! demeurant à Paris rue du Marlroy paroisse Saint-Jean en Grève. Tous deux ConseTS (conseillers) du Roy Inspecteurs de Police.

Lesquels ont dit que d'après les ordres qui leur ont été donnés par le Magistral pour prendre des Informations sur la conduite vie et mœurs du nommé Hacquin m1 de bois de bateaux et de sa femme tous deux demeurants au Gros Caillou, ils se sont à cet effet transportés cejourd'hui audit lieu où ils ont appris que ledit Hacquin et sa femme sont mariés depuis onze ans et habitent Paris depuis dix sept ; qu'ils ont

demeures deux ans rue Saint Marlin près de l'Abbaye maison du sieur Gentil mà de bois el qu'Us denfeurenl depuis cinq uns au Gros Caillou, qu'ils ont eu six enfants dont quatre sont morts en bas âge, el qu'il leur en reste deux dont un âgé de six ans garçon qui rient d'avoir depuis environ un mois la petite verolle; el d'après la vérification que ledit sieur Noël a faite en se transportant dans la maison dudit Jiacquin. il a reconnu que cet enfant est bien rétabli el qu'il est d'une force à faire croire qu'il a plus que son âge, qu'il a trouvé le second enfant dudit Hacquin et qui est une fille aussi d'une complexion 1res forte qu'elle est âgée de deux ans et ilemie et est actuellement dans son septième jour de la petite verolle et dans le meilleur élut possible.

Que par suite de celle vérification il a reconnu que ledit Hacquin el sa femme paraissent être dans une aisance honr néte, el que leurs en fans sont tenus très proprement. Ou il a sçu que ledit Hacquin éloit âgé de trente six ans et originaire d'un village aux environs de Meaux en Brie et que sa femme est native de Danmarlin. âgée de Irenle-deux ans, qu'il a reconnu que lad.-femme Hacquin qu'il a trouvée seule, son mari étant absent pour raison de son commerc, éloit d'une forte constitution, et a ouï dire que son mari ne Vétoit [>as moins.

1 1 fen continuant leurs informations, ils se sont transportés : le sieur Garai curé dudit lieu <pii leur a dit que depuis cinq ans que ledit Hacquin et sa femme demeuroienl sur sa paraisse, il aoqil toujours eu les renseignements les plus favoriibles sur leur vie et mœurs el conduite, et qu'il n'a trouvé personne qui ne lui en ait parlé d'une manière très avanlas< . que ledit sieur curé leur en a donné son certificat en dalle de ce jour, qu'Us représente (sic) pour être par Monsieur le Lieutenant général de police, à ce sujet, ordonné ce qu'il appartiendra..

Qu'ils se s<,nl encore transportés chez le sieur Brochier

maître en chirurgie demeurant au Gros Caillou gui s'est

lu avec eux <lans Vhôlel où mais sommes pour donner

liçulièremenl su ffeclaralion sur la conduite vie cl moeurs

et santé desd. Hacquin et sa femme et de Vétat actuel de leur enfant qui a la petite verolle, et ont signé en cet endroit de notre minutie. Est pareillement comparu par devant Monseigneur le Lieutenant général de police sieur Joseph Brochier maître en chirurgie demeurant au Gros Caillou.

Lequel nous a dit qu'il y a vingt cinq ans qu'il demeure audit lieu du Gros Caillou, que depuis cinq ans que ledit Hacquin et sa femme y sont venus demeurer il a été à même de les connaître particulièrement, qu'il a toujours reconnu en eux la conduite la plus réglée, que depuis cette époque ils n'ont eu aucune maladie, qu'ils sont l'un et l'autre d'une forte constitution singulièrement la femme, qu'ils vivent dans une aisance honnête au moyen de ce qu'ils sont livrés entièrement à leur Etat ; qu'il a sçu que Hacquin et sa femme avaient eu six enfants dont quatre éloienl morts en bas âge et avant qu'ils vinssent demeurer au Gros Caillou, que l'un des deux enfans qui leur restent et qui est garçon a eu une pétille verolle bénigne depuis environ un mois, qu'il l'a vu et suivi pendant celle maladie de laquelle il s'est tiré sans aucun accident, que cet enfant es! âgé d'environ six ans, que le second enfant qui est une fille et âgée d'environ deux ans et demi, a actuellement et depuis sept jours la petite verolle qui est de la même espèce que celle de son frère, c'est-à-dire discrète et par conséquent de la meilleure qualité ; que ces deux enfans sont d'une forte complexion et beaucoup plus que l'on n'est ordinairement à leur âge et a signé en notre minutie des présentes.

Sur quoi Monsieur le Lieutenant général de police a donné acte aux Srs Palté et Noël Inspecteurs de police, et audit sieur Brochier, chirurgien, de leurs déclarations cy dessus, etc.

Suit le certificat du curé, établissant que le marchand de bois et sa femme sont de mœurs, vie et conduite sans reproches; et celui des médecins Brunver et Lassone, ainsi libellé :

Xous certifions que jigus étant transportés aujourclhutj mercredy trente et un du mois d'aoust de Saint Cloud au Gros Caillou, par ordre du Roy, pour examiner Vélal de V enfant dénommé dans le précédent procès-verbal, l'avons trouvé au septième jour d'une petite vérole très abondante quoique discrète, et dans Vélal de suppuration le plus complet et sans aucun accident, ayant par conséquent toutes les conditions requises pour servir à l'inoculation de M. le Dauphin et de M. le duc de Berry ; laquelle doit être pratiquée le lvT du mois de septembre, à Saint-Cloud où cet enfant doit être transporté dans un carosse de remise avec sa mère et le sieur Brochier maître en chirurgie domicilié au Gros Caillou et qui a indiqué cet enfant.

Fait à Saint- Cloud ce 31 aoust 1785.

Lasso, e Brunyer.

L'opération eutlieule 1er septembre ; les médecins publiaient, ce même jour, un premier bulletin, ainsi conçu :

Hier, jeudi, premier du présent mois de septembre, M. le Dauphin fut inoculé par ordre du Roi, dans le château de St-Cloud à dix heures du malin en présence de toute la famille Royale, de Me l'a Gouvernante des enfants de France et des premiers officiers de santé, qui doit suivre celle inoculation. Le Sr Jauberlhon a pratiqué, suivant la méthode des piqûres sur les deux bras du Prince l'insertion du levain variolique pris sur les boutons varioleux et eu pleine suppuration d'un enfant de deux ans et demi. Le Sr Lassone premier médecin du Roi et de la Reine, le sieur Brunycr médecin des enfants de France, et le Sr Jauberlhon médecin consultant de M, le comte d'Artois, avoienl eu ordre d'examiner et de constater d'avance Vélal actuel de l'enfant, dont ils ont été satisfaits. Ils ont pareillement reconnu et certifié la

bonne santé du père et de la mère, dont tes mœurs régulières et la bonne conduite ont été aussi attestées de la manière ia plus authentique par le Sr de Crosne lieutenant généra! ie Police qui avoil été chargé de cet examen particulier.

On ne continuera à donner de bulletin que lorsque les symptômes de la petite vérole s'annonceront.

Lassone Brinyer Jauberthon.

La duchesse de Polignac avisait le baron de Breteuil que ce premier bulletin allait lui être envoyé et elle lui recommandait de le faire insérer au Journal de Paris, moniteur officiel de l'époque.

L'inoculation Monsieur] de M. le Dauphin ayant été faite ce matin fai f honneur de vous prévenir qu'il va vous cire adressé par M. de La Sonne un Bulletin de cette opération que je vous prie de vouloir bien faire insérer dans le Journal de Paris de demain. Lorsque les accidens commenceront à paroitre. il vous sera adressé M. un bulletin qui devra être régulièrement imprimé pour être distribué tous les jours à Paris dans la matinée. Je crois également nécessaire M. de faire insérer ce bulletin dans le Journal de Paris pour- la satisfaction des provinees.

J'ai l'honneur d'être...

Le ministre s'empresse d'accuser réception à la gouvernante des Enfants de France du bulletin qu'il a transmis au Journal de Paris, pour insertion.

Des gratifications sont accordées aux médecins qui ont pris part à l'opération et, particularité no-

table, au curé de la paroisse où habite l'enfant qui a fourni le germe. La lettre suivante, écrite à M. Garât, curé du Gros-Caillou, accompagnait un envoi de douze cents livres.

L'inoculation M. de M. le Dauphin élanî une époque fort intéressante, je désire la signaler par un acte de bienfaisance de sa part, envers les pauvres de la paroisse au nom de M. le Dauphin que je recommande à vos prières. Je saisis avec plaisir M. celte occasion de vous témoigner la très parfaite considération avec laquelle j'ai l'honneur d'être, etc.

Le 7 septembre parait le deuxième bulletin de Mgr le Dauphin ; il ne signale que l'évolution nor maie de l'insertion variolique.

Le mardi, six du présent mois, nous avons remarqué que le pouls de M. le Dauphin à son réveil étoit sensiblement fébrile ; ce qui avait été annoncé dès la nuit par un peu d'agitation et de moiteur. Les boutons des piqûres parurent plu* cn/lammés et caraclérisoienl l'existence non équivoque de la petite vérole locale. Le mouvement fébrile n'a pas cessé depuis.

Ce matin mercredi les boulons de la pelile vérole locale ont fait des progrès très marqués. Le ventre est un peu relâché. Il existe toujours du malaise.

Au château de St-Cloud à 8 heures du soir ce 1er septembre /7<s\5.

Lassonb Brunykr Jacberthon.

Lf i loi-irmc bulletin annonçait une amélioration * n-ihlc ; le quatrième semblait indiquer quelque

alarme, vite dissipée du reste. La réaction fébrile avait été assez violente et la douleur locale un peu plus marquée qu'à l'ordinaire.

3° Bulletin de M. le Dauphin.

Dans la nuit du jeudi au vendredi M. le Dauphin a eu le sommeil un peu inquiet et interrompu ; cependant le malin nous avons trouvé le pouls à peu près dans Vêtal ordinaire de la bonne santé. Sur l'un et Vautre bras, les boutons des piqûres ont grossi ; et la peau des environs dans toute la circonférence est devenue très rouge et enflammée. Il s'est fait sur le corps une éruption de quelques nouveaux boulons varioliques. M. le Dauphin prend avec plaisir et appelil la nourriture permise. Le ventre n'est plus relâché.

Au château de St-Cloud à huit heures du soir 9e septembre 178$.

Lassone Brunyer Jauberthon.

4e Bulletin de M. le Dauphin.

A la fin de la journée de vendredi, qui fui bonne, il se développa à Ventrée de la nuit une bouffée de chaleur et de fièvre, qui s'accrut et continua. Il y eut en conséquence de Vagilalion et peu de sommeil, excepté vers le matin, ou V émotion fébrile s'est modérée et a été suivie d'une forte transpiration. Ce petit orage avait été annoncé par la nouvelle explosion bien marquée du levain variolique, qui sétoit {aile aux environs des piqûres sur les deux bras et dont nous avons parlé dans le précèdent bulletin. Il en est résulté l'éruption de quelques nouveaux boutons varioliques sur le corps, que nous avons reconnu, ainsy que le progrès de ceux qui avaient déjà paru. Ces irrégularités dans le développement et la marche de la petite vérole inoculée ne sont pas ranee surtout chés les enfans. M. le Dauphin a eu tout le jour un mouvement de fièvre, avec un peu de langueur et d'abbale-

LÉGENDES II CURIOSITES Ht L H 1STO

ment qui en sont les suites, et continue à se plaindre de beaucoup de douleurs dans les deux bras.

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