Le Journal des Départements méridionaux et des Débats
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ticres. qui fut ensuite imprimé séparément et distribué a chaque soldat du bataillon marseillais.
La Révolution avait trouvé l'outil lyrique de vict< )irés : le chant de Rouget deLisle allait sortir mieux trempé du brasier marseillais et, sans la circonstance qui avait amené Mireur à Marseille,
peut-être ce chant n'eût-il pas connu la glorieuse fortune que Ton sait.
Sans le médecin Mireur, qui la révéla aux enfants de la Cannebière. la France et Paris auraient sans doute, longtemps encore ignoré la Marseillaise. Il a fallu que les volontaires marseillais lancent a tous les échos, de leur voix chaude et vibrante, la chanson qui leur avait été enseignée par Mireur, pour que le chant de guerre de l'armée du Rhin devienne notre hymne national.
Où Mireur avait-il appris la Marseillaise ? De gui et comment? À ces questions que posait, récemment, un de nos confrères, nous allons tenter de répondre.
Il esl généralement admis que le premier ti- -'■ typographique du Chanl de guêtre pour l'Armée ati Rhin, qu'on rebaptisa plus tard Marseillaise, fut exécuté, a Strasbourg, par l'imprimeur de la municipalité, nommé Dannbaoli, vers la fin de mai ou dans les premiers jours de juin 1792; or, il existe une édition antérieure de
l'hymne national, dont on a retrouvé, il y a quelques années, un des rarissimes exemplaires.
Qu'on se figure, dit l'heureux possesseur de cette relique1, une méchante petite feuille de papier, pliée en deux, fort mal imprimée, et donnant sur les trois premières de ses quatre pages, les six couplets du chant célèbre, sans autres variantes du texte de Dannbach que : Amour sacré de la patrie, conduis, soutiens nos bras vengeurs ! Comme titre : Chant de guerre pour l 'armée du Rhin, dédié au maréchal Luckner. A la fin : De l imprimerie logotype patenté.
Le capitaine Rosa, premier possesseur, inscrivit son nom au recto de l'exemplaire, et ajouta à la fin, après les mots « logotype patenté » : à Strasbourg.
On présume que l'imprimerie logotype devait être quelque presse mobile, destinée à fournir rapidement de petits ouvrages dans les bureaux ; un produit primitif, d'amateur en quelque sorte, le premier vagissement d'un hymne confié au papier en pleine fièvre d'inspiration et envoyé, sous cette forme primitive, aux amis de l'auteur, dès le lendemain de son éclosion, dans la nuit du 2i au 25 avril 1792.
On est au mois de juin ; l'édition de Dannbach