Journal d?s Dùparlemenls méridionaux, etc., n* 49 9G juin
Le discours de Mireur, les paroles des autres délégués tombèrent, dans ce milieu surchauffé, connue de l'huile bouillante sur le feu. Le lendemain, la société jacobine de Marseille organisait, en l'honneur de ses hôtes de la veille, un grand banquet, qui réunit près d'une centaine de convives, chez un traiteur dont l'établissement était situé à deux pas du club où avaient coulé tant de flots d'éloquence. C'est à ce banquet que Mireur, se levant au milieu du silence général, entonna le chant sublime que venait de composer l'officier Rouget de Lisle , alors en garnison à Huningne.
On devine l'impression que dut produire ce chant, prononcé d'une voix forte et sonore, « et avec une expression si énergique que tous les assistants en furent électrisés ».
C'était la première fois qu'on l'entendait ; l'hymne belliqueux était encore inconnu à Marseille et, d'ailleurs, dans la plus grande partie de la France.
Mireur avait sur lui plusieurs copies manuscrites du Chant guerrier. Alexandre Ricord et Micoulin, présents au banquet, purent, grâce à cette précaution, insérer le lendemain, dans leur journal1, le Chant de guerre aux armées des fron-