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PREMIÈRE FOIS

La preuve est donc faite que le chaut strasbourgeois n'a pas éclos spontanément dans le banquet marseillais et qu'il était connu des Montpelliérains, avant de l'être des Phocéens.

Un patriote de Strasbourg Favait-il envoyé à un de ses amis de Montpellier; un voyageur l'aura-t-ii importé dans cette dernière ville ? Quoi qu'il en soit. Mi leur était de ceux qui avaient pu entendre l'hymne guerrier à la cérémonie de l'Esplanade, et il eut l'à-propos de le produire dans le milieu le

1. Manuscrit Soulier, de Ja Bibliothèque de Montpellier Duval Jouve, Montpellier pendant la Révolution).

plus capable d'assurer le sort de cet enfant vagabond, que son père, peu après lui avoir donné naissance, avait, dit-on. hésité à reconnaître : ne conte-t-on pas, en effet, que Rouget de Lisle, qui entendait un jour, clamée à pleines voix, la Marseillaise, par un bataillon en marche, demandait, ne reconnaissant plus sa fille : « Que chantent donc ces soldats ? »

Pour résumer, les Marseillais, et cela grâce, nous le répétons, au médecin François Mireur, conférèrent l'immortalité au Chant de guerre de Rouo-et de Lisle.

Ces Marseillais qui devaient abattre la Royauté dans la journée fameuse du 10 août1, étaient les mêmes qui avaient parcouru la France à pied2 et. tout le long de la route qu'ils avaient suivie, avaient lancé à tous les échos, « en vrais fils du Midi, qui ne s'abreuvaient pas que de sang impur », le chant que leur avait révélé Mireur.

Même sous l'Empire et la Restauration, c'est toujours le Chant, Y Hymne ou l'Air des Marseillais3.

1. Les fédérés marseillais attaquent les Tuileries en chantant le chant de guerre de Rouget de Lisle. Ils le popularisent au point de le faire demander dans tous les spectacles, et de lui imposer leur nom.

2. Sur leurs diverses étapes, notamment sur leur passage à Lvon, v. l'Interméd. des Chercheurs el Curieux, 10 février 1887.

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