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Rouget de Lisle adoptera lui-même le nom d'Hymne des

Le terme de Marseillaise n'apparaîtra qu'en 1820, et ce n'est que dix ans plus tard qu'officiellement le consacrera le nouveau roi de France, Louis-Philippe, ex-duc de Chartres, ancien combattant de Jemmapes, où devait se distinguer par son courage le volontaire, docteur en médecine, François Mireur, parrain de la Marseillaise-.

Marseillais, en insérant son chant de guerre dans ses Essais en vers et en prose 1 1796 . sous le titre suivant : Le Chant des Combats, vulgairement l'Hymne des ^ïfarseillais ; Strasbourg, jour de la proclamation de la guerre.

2. Nommé adjudant général, un peu avant la bataille de Fleur rus, Mireur prenait part à la campagne d'Allemagne, avecChampionnet et Bernadotte. En 1797, il se rendait en Italie, et c'est au cours de la campagne d'Italie que, tait général de brigade par Bonaparte, il prenait Rome avec Berthier. Désigné pour l'expédition d'Egypte, il entrait à Malte avec Desaix et bientôt succombait sous les balles ennemies, au lendemain de la prise d'Alexandrie, le 7 juillet lfp8: il était âgé d'à peine 27 ans.

L'étudiant en médecine de Montpellier avait eu une carrière courte, mais combien glorieuse!

Puisque la mode est aux centenaires, on a lieu de s'étonner qu'on ait laissé passer sans la célébrer à son heure, une des éphémérides les plus dramatiques de l'époque révolutionnaire.

Comment n'a-t-on pas rappelé, en septembre 1892, la fin héroïque du défenseur de Verdun, cent ans auparavant, du commandant Beaurepaire ?

En quelques lignes, évoquons l'épisode.

Beaurepaire avait été envoyé à Verdun avec sa troupe, au mois d'avril 179*2. Il commandait cette place, par suite du départ du général Galbaud, lorsqu'elle fut assiégée par les Prussiens à la fin du moins d'août suivant.

Longwy venait de capituler, Verdun était bloqué par les armées de la coalition. Le 31 août, Brunswick fait une première sommation à, la ville assiégée d'avoir à se rendre, si elle veut éviter que ses habitants soient passés par les armes.

Le 1er septembre, les royalistes de Verdun qui font partie du conseil de défense, essaient de soulever les habitants, déjà terrorisés par le bombardement. Une manifestation populaire se produit devant l'hôtel de ville et demande la capitulation.

Beaurepaire refuse de déférer à ces menaces. La majorité du conseil, la municipalité presque tout entière sont pour la reddition. Le commandant reste seul inébranlable.

Le même soir, après avoir fait une dernière tournée d'inspection aux forts et dans les divers postes, Beaurepaire se retirait dans ses/appartements. Dans la nuit suivante, vers trois heures du matin, un coup de feu retentissait, une détonation suivie de la chute lourde d'un corps sur le parquet. La garde accourait, et l'on trouvait le commandant Beaurepaire gisant inanimé dans sa propre chambre.

Beaurepaire s'était-il donné la mort pour échapper à la honte d'une capitulation ; avait-il été victime d'un assassinat ? S'était-il brûlé la cervelle en plein conseil de défense, comme Font avancé certains historiens ?

Ce problème est d'autant plus intéressant à élucider, qu'il peul donner lieu à des considérations médico-légales, qui ne seront pas, nous l'espérons, sans offrir quelque intérêt.

Ecartons tout de suite la dernière hypothèse émise : le suicide de Beaurepaire au milieu d'un conseil de défense. Le fait est matériellement faux, si l'on s'en rapporte aux témoignages Les plus autorisés.

La :>cène, de pure fantaisie, de la séance du conseil dans laquelle Beaurepaire se serait donné la mort, est cependant devenue populaire, grâce à une légende soigneusement entretenue par l'iconographie et le théâtre, autant que par les historiens eux-mêmes.

G'.est la version de Goethe1, de Lamartine dans les Girondins'1, de Michelet3, de Bûchez et Roux 4, de Louis Blanc "\ dans leurs histoires de la Révolution.

Les peintres, les sculpteurs, les graveurs, l'ont maintes fois reproduite 6. Ne la voyait-on pas encore figurer au Salon de 1880, dans un tableau de M. L.-P. Sergent ?

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