‹ Légendes et curiosités de l'histoireChapitre 80 sur 99 · T. VII · texte numérisé non relu

T. VII

6. Une estampe représentant la scène, paraissait dès octobre 1792. à Paris, chez Villeneuve, graveur, rue Zacharie-Saint- Séverin, maison du passage, n° 72. D'autres gravures, en noir ou en couleurs, parurent ensuite, figurant le même épisode. Dans toutes, le commandant se tue en plein conseil de défense.

Les contemporains avaient commencé par accréditer cette erreur.

Le 23 novembre 1792, le théâtre de la Nation représentait l'apothéose de Beaurepaire. par Lesur. Les Variétés jouaient, de leur côté, une pièce patriotique, sous le titre de la Mort de Beaurepaire. Au théâtre Fevdeau, on célébrait cette apothéose, avec accompagnement de musique de MéhuL

Un peu plus tard, le 3 février 1793, l'Opéra donnait un à-propos sur le même sujet. De nos jours, enfin, le mélodrame : Les Fils aînés de ta République ou Beaurepaire à Verdun, joué à Paris le 23 novembre 1872. et repris au Chàtelet en 1879, offrait une transaction entre la vérité et le mensonge : Beaurepaire ne s'y donnait la mort ni dans >a chambre ni en séance 'de- conseil, mais sur la terrasse de l'Hôtel de Ville1.

C'est le 6 septembre 1792, d'après le Moniteur, qu'on parla, pour la première fois, à l'Assemblée nationale du suicide de Beaurepaire. « A La suite de ces délibérations, dit le représentant Laporte, qui venait de donner lecture des différentes pièces de la capitulation de Verdun, M. Beaure-

1. L<^ conventionnel Gamon fit aussi une tragédie en trois actes, intitulée Beaurepaire ou la prise de Verdun, qu'il offrit i\ rs'Mpoléon en 1806, et publia à Paris, la même année.

pierre (sic), commandant, voyant que les habitants

exigeaient impérieusement la reddition de la place, s'est brûlé la cervelle *. »

Dix jours apvès, le mercredi 12 septembre, Delaunay aine proclamait cà la tribune de la Législative, que Beaurepaire « s'était donné la mort en présence des fonctionnaires publics, lâches et parjures, qui ont livré le poste confié à son cou-

rage ».

Voici en quels termes la Gazette nationale donne la physionomie de la séance de l'assemblée où il fut question de la mort de Beaurepaire. Peut-être y trouverons-nous quelque élément d'information pour éclairer le débat rétrospectif que nous soulevons.

M. Beaurepaire, commandant du 1er bataillon de Mayenne- et-Loire, s est donné la mort à Verdun, en présence des fonctionnaires publics lâches et parjures qui ont livré le poste confié à son courage... Nous devons regretter sans doute que Beaurepaire ne se soit pas conservé pour la patrie; mais en devons-nous moins applaudir au sentiment sublime qui lui a fait désirer la mort? Et parce qu'il a tranché le fil de son existence, devonsnous en être moins justes et moins reconnaissants?...

Voici le projet de décret que la Commission vous propose.

L'Assemblée nationale décrète que le corps de Beaurepaire, commandant du premier bataillon de Mayenne-et-

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