Moniteur Unw , 2 mai
pièces du bâtiment de droite par les soldats du poste, mis en éveil par la détonation '.
Pour nous, la conclusion s'impose : le commandant Beaurepaire s'est donné ta mort dans sa chambre, et non an sein du conseil de défense.
Bien, dans les documents exclusivement du domaine médical, ne permet d'infirmer ïhypolhèse du suicide, qui reste, pour nous, la seule version acceptable 2.
1. Recherche de la vérité sur les causes de la mort du commun danl Beaurepaire. défenseur de Verdun en 1792 : rapport présenté par M. Gabriel Desclosières, sur un travail de M. Dommartin. Paris. Ernest Thorih, 1$
2. La déposition d'un témoin. M. Mondon. recueillie par M. G. Desclosières-, dans sa substantielle brochure, ne laisse aucun doute sur la réalité du suicide. Avec M. Mondon nous disons: « Tout repousse l'idée d'un assassinat, tout se réunit au contraire pour prouver qu'il y a eu suicide. » La cause, pour nous, --t définitivement jugée.
LE PRÉTENDU VERRE DE SANG DE MIk DE SOMBREU1L
Nous voyons s'esquisser un sourire sur les lèvres de nos lecteurs, et ce sourire n'a rien qui encourage. Vouloir pénétrer une énigme à plus de cent ans de distance, alors que témoins et acteurs ont disparu ; prétendre donner la clef d'un mystère, obscurci par l'esprit de parti, déformé par la suite des temps, tandis qu'avec un système judiciaire et un appareil policier tels que n'en connurent jamais nos pères, nous ne réussissons pas à débrouiller Fécheveau d'une affaire en apparence des plus simples, est, pour le moins, de la témérité.
Fidèle à notre méthode habituelle, nous exposerons les faits, nous dirons à quelle solution vont nos préférences, laissant à chacun le soin de prononcer, pièces en main, comme il lui conviendra
Qu'on ne s'imagine pas que nous ayons plaisir à prendre les historiens en défaut, et que nous nous réjouissions de substituer la réalité brutale à la légende plus ou moins embellie. Nous n'avons, est-il besoin de le répéter, d'autre souci que la recherche du vrai, reprenant à notre compte le mot de Lessing, qu'il faut « rendre justice même au diable ».
Si nous abordons à nouveau un problème qu'on pouvait croire résolu, c'est qu'une pièce, un document, dont l'importance n'est pas contestable, a été révélé, permettant de rouvrir l'instruction d'un procès que l'on avait lieu de tenir pour définitivement jugé.
Il y a quelques années *, le docteur Turgard, chef du service de gynécologie à la Policlinique de Lille, assistait une jeune femme à son premier accouchement, quand le mari, pour l'aider à tromper les longueurs de l'attente, lui apporta un livre, qui lui venait de son grandpère, docteur en médecine, depuis longtemps décédé.
( l'était Y Atlas d'anatomie de Blandin.
lui le parcourant, notre confrère trouvait, entre les feuilles, quelques figures d'anatomie, peintes à l'aquarelle, puis, un peu plus lôin,tom-
1 1904. Cf. Annales de la Policlinique de Lille, décembre;
LE VERRE DE SANG DE Mlle DE SOMBREUIL 371
bait en arrêt devant un dessin au lavis, représentant les organes génitaux d'un pseudo-hermaphrodite, avec, au-dessous, cette légende :
« Parties génitales externes du nommé Voilant, 70 ans (salle Saint-Louis, n° 7). »
Au dos, se trouvait cette note : Vollant était l'individu oui fit boire un verre de sang a Mlle de