LAmaieur d'autographes, 1er novembre 1S
2. Goethe écrivait au lendemain de lévénement : « Le suicide esl à la fois un acte d'héroïsme et un présage de la résistance que rencontreront les alliés. »
ments empêcha d'exécuter, les arrêts de la Commune de Paris, donnant son nom à des places et à des rues de la capitale *, tous ces hommages étaient d'un salutaire exemple, mais ne prouveraient pas que l'on doive accepter comme définitive l'opinion de ceux qui croyaient au suicide.
Sans doute; mais il y a d'autres présomptions plus sérieuses en faveur de cette dernière hypothèse.
L'opinion générale, tout d'abord, à l'époque2, est en faveur du suicide. Cette opinion est encore corroborée par ce fait, que Beaurepaire, dès le 2cS août, écrivait à son ami Choudieu, député d'Angers, une lettre destinée à être lue devant l'Assemblée, où se trouvait cette phrase : « Assurez le
1. La Commune de Paris arrêta que la section des Thermes de Julien s'appellerait section de Beaurepaire, la place de la. Sorbonne, place Beaurepaire, la rue Bichelieu,rue Beaurepaire. Le nom de Beaurepaire fut, en outre, inscrit sur le côté droit de l'Arc de Triomphe.
2. Il y a quelque vingt ans, nous écrivait récemment M. P. d'Estrée, alors que j'allais fréquemment dans l'Est, à Verdun et à Stenay. une légende, très répandue dans la contrée, avait cours, qui voulait qu'on eût suicidé [\a municipalité de Verdun) Beaurepaire, parce qu'il refusait de se rendre. J'avoue pour ma part, que je n'y crois pas... » Et nous partageons l'opinion de notre collègue en recherches historiques, en dépit des rumeurs qui courent encore {Intermédiaire, 1864; Pétigny, op. cit., 159 et suiv., etc.)
Corps législatif que lorsque lennemi sera maître de Verdun, Beaure paire sera mort. »
Si l'on accepte la version de l'assassinat l, comment expliquer qu'aucun accusé ne fut poursuivi sous la prévention de menaces contre Beaurepaire, ou soupçonné d'avoir été l'auteur ou le complice de sa mort 2 ?
Pourquoi le conventionnel Cavaignac, chargé de rechercher les causes de la reddition de Verdun, Cavaignac qui avait les pouvoirs les plus étendus et dont les convictions républicaines ne font doute pour personne, pourquoi Cavaignac n'a-t-il pas cherché à venger la mort d'une prétendue victime des royalistes ?
Et puis, de quelle audace l'assassin n'aurait-il pas fait preuve, en attaquant un homme d'une vigueur physique peu commune, et qui, au dire du général Lemoine, avait toujours à portée de la main ses deux pistolets d'arçon ?
D'autres preuves en faveur du suicide ont, d'ailleurs été tirées de la topographie des lieux : l'assassin ne pouvait fuir par le bâtiment de gauche, occupé par les sergents de garde ; en revenant sur ses pas il s'exposait à se faire arrêter dans les
1. Cette version a été admise parle grand historien allemand Sybel, dans son Histoire de la Révolution française (traduction de ISsii.