M. Alex. Soiti.L, dans le Droit, du 27 septembre 1S
LE VERRE DE SANG DE MUe DE SOMBREUIL 381
sition aurait été faite, puisque Ton n'y massacrait pas; il faudrait donc supposer qu'un verre de sang eût été apporté du dehors, ce qui est inadmissible au point de vue physiologique, à raison de la coagulation, pour ainsi dire instantanée, de ce liquide1. » On pourrait, en etï'et, obtenir du sangliquide, au sortir même du vaisseau, mais il se coagule très rapidement à l'air libre et, coagulé. il n'est pas potable. Nous en revenons donc à la version la plus humaine, la plus naturelle : celle du verre de vin, présenté par des mains ensanglantées 2.
C'est, assurément, moins touchant, [moins dramatique que la tradition embellie par Part et la poésie, mais c'est infiniment plus vraisemblable3.
1. Ln verre de sang aurait été offert cependant à M. B.. horloger, à l'époque même où se passait l'épisode de Mlle de Sombreuil. Pour les détails, cf. Y Intermédiaire, du 25 juin 1888.
2. Dans le compte rendu du Salon de 186S, Jules Janin. parlant d'un tableau de M. Marius Abel, M. et M-e de Sombreuil devant le tribunal de V Abbaye, le -1 septembre 1792, écrit : « Nous félicitons M. Marius Abei d'avoir écarté de son sujet le fameux verre de piquette rouge, que bien des gens s'obstinent encore à transformer en verre de sang. »
3. Outre les noms cités dans le cours de cet article, nous devons mentionner, comme ayant réfuté la légende, G. Dlval. Dict. de la Conversation, 2e édition, t. XVI, 266 ; Maurice, llist. des Prisons de la Seine, 18-10. Par contre. A'. Hugo [Odes et Ballades) l'a consacrée, dans une poésie fameuse.