LES FEMMES GROSSES DEVANT L ECHAFADD
c est surtout après le 9 thermidor, après la chute de Robespierre.
Le 17 septembre 1794, sur la motion de Pons (de Verdun), la Convention décrétait qu'il serait sursis au jugement portant peine de mort contre des femmes qui s'étaient déclarées ou avaient été reconnues grosses. Le même député proposait qu a l'avenir, « aucune femme prévue d'un crime comportant peine de mort ne pourra être mise en jugement, sans qu*il ait été vérifié et reconnu qu'elle n'est pas enceinte: »
tait le salut pour les malheureuses qui attendaient, dans leur prison, qu'il fût statué sur leur sort : un souffle d'humanité avait balayé les derniers germes du virus révolutionnaire.
Une question qu'ont dû se poser nos lecteurs et qui nous avait naguère préoccupé : que devenaient les enfants de ces femmes qu'on supprimait en pleine force d'âge, ces faibles créatures qu'on privait de leur soutien naturel ?
• On les envoyait aux Enfants-Trouvés, disent les historiens. Or. de minutieuses recherches n'ont fait retrouver, sur les registres de cet hospi aucune mention d'enfant provenant de l'infirmerie de l'Evêché.
Sans doute, ces pauvres êtres étaient-ils confiés à des personnes charitables, qui en prenaient
soin, comme s'ils étaient issus (le leur propre sang : car. il faut le dire à la louange cle notre pays, quelle que soit la période d'agitation qu'il ait traversée, il s'y est toujours trouvé des héros faisant front à la mort, de braves cœurs prêts à soulager l'infortune d'autrui.