‹ Légendes et curiosités de l'histoireChapitre 98 sur 99 · Arch. mil., \Y il · texte numérisé non relu

Arch. mil., \Y il

LES FEMMES CROSSES DEVANT L El HAÏ UT) 401

Trois semaines après son internement a l'hospice du Tribunal révolutionnaire, Mme Quétineau faisait une fausse couche de cinq mois ; une autre co-détenue, Mme Roger, accouchait à terme un mois après son entrée à l'infirmerie de rÉvêché. On n'attendait pas trois semaines pour les envoyer toutes les deux à la suprême toilette.

Veut-on d'autres témoignages? Le docteur Billard va nous en fournir, qu'il a extraits de la longue et touffue procédure instruite contre le monstre Carrier, l'auteur des tragiques noyades.

Une attestation, dont on ne suspectera pas la sincérité, est celle du citoyen Guillaume- François Laënnec, partisan déterminé du régime et qu raconte ce qu'il a vu, vu de ses propres yeux, Guillaume Laënnec était l'oncle de l'immortel cli* uicien de ce nom*

« Arrivée Nantes dans le mois de \ entùse, depose le médecin en chef de l'Hôtel-Dieu de cette ville, Nantes était dans la consternation, par le fait du tribunal révolutionnaire. Lambertye et Fouquet voulaient enlever des enfants, des femmes grosses qu'ils avaient fait mettre dans une chambre ; des enfants environ de un à dix ans, jusqu a quatorze et quinze ans. Vers la tin de pluviôse, te nommé Joly vint pour les relever. Lamberty< et Fouquet dirent qu'ils n'avaient point de comptes

ET CDRIOSH ES Dl l HISTOIRE

mire et qu'ils avaient des pouvoirs illimités...

►re un médecin qui raconte que, chargé par la Commission militaire, de constater les grossesses à l'Entrepôt, là où étaient surtout entassés les femmes et les enfants, saus paille, sans feu, sans autre nourriture qu'une chétive portion' de riz, il parcourut toutes les salles; « qu'il trouva des cadavres palpitans sic , des enfans dans des baquets, morts, mourants- et dans des excréments. Il demanda aux femmes de qui elles étaient enceintes... Les femmes craignaient tellement à la vue d'un homme qu'elles ne lui dirent rien. La Commission militaire donna une liste de trente à quarante femmes qui s'étaient dites enceintes. Il leur parla par la douceur. 77 constata la grossesse d'environ trente, de huit mois et demi. Quelques jours après, allant voir un malade a l'Entrepôt, il entre... pour voir ces femmes enceintes, elles avaient été noïé es ou fusillées. » L'une d'elles, détail horrible, était accouchée dans le navire destiné à engloutir et la mère et le fruit * » !

11 estjuste de reconaaître que plusieurs femmes en étal de gross échappèrent à la mort; mais

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