LE CHAT DU MONT
Nous l'avons dit ailleurs, la dénomination du aont-du-Ghat dérive d'un mot celtique qui 'signifie bois, un chàble : chemin à bois, et qui n'est autre que le radical des mots chalet, diables et peut-être Ghablais. Mais la tradition et ta légende ne sont pas de leur nature fortes sur les étymologies; elles s'arrangent mieux des rêves de l'imagination populaire. Un ancien chroniqueur, Joannes Reinerius, nous fournit à l'appui de nos dires un conte qui s'est perpétué jusqu'à nous.
A une époque indéterminée, la montagne qui porte aujourd'hui le nom de Mont-du-Chat était, dit le chroniqueur, couverte de forêts épaisses. Nous retenons ce fait en faveur de notre thèse. Il ajoute que ces forêts recelaient une bête furieuse ressemblant à un chat énorme, et qui épouvantait si fort les habitants de la contrée qu'ils n'osaient se risquer à traverser la montagne sans être nombreux et bien armés.
Mais les Hercules furent de tout temps des êtres de raison qui arrivent à point nommé dans les marais de Lerne ou dans les écuries d'Augias; pourquoi ne s'en serait-il pas trouvé un sur le Mont-du-Chat?
En ce temps-là, il advint, en effet, que le roi Artusje héros du cycle de la Table-Ronde, dut franchir cette montagne pour entreprendre quelque expédition périlleuse au-delà des Alpes. Ce monarque était accompagné de quantité de chevaliers et de l'enchanteur Merlin, né, dit-on, du commerce d'un démon avec une fille vierge. Il fallait avant tout livrer bataille au monstre' qui défendait le passage; mais la force étant impuissante contre lui, on eut recours à la ruse. Quel est le stratagème qui fut mis en pratique? La chronique ne nons renseigne pas jusque-là; I mais elle affirme que le chat monstrueux qui désolait ces parages fut attiré dans un piège où I il se laissa prendre comme un simple Fra-Diavolo. Tant est que, dès lors, la montagne que le roi Arlus délivra du monstre qui en rendait l'accès périlleux, est devenue le Monl-du-ChaU