LES ETANGS ET LES LACS
exptique ces temp^tes par une cause surnaturelle. A la poiDte orlentale du lac se trouve, dit Thomas de Saint Mars, une petite ile sablonneuse, de forme a peu pres ronde, elle se nomme Tile d'Un. II y a au milieu une pierre debout, d'environ cinq pieds de hauteur ; elle parait profond^mentenfoncee en terre, et est percee d'un trou rond, h environ deux pieds du sol. Elle sert, suivant une vieille tradition, h boucher Tentr^e du gouffre qui a vomi Teau du lac ; le gouffre renferme un geant enorme qui par les efforts qu'il fait pour se d^livrer de sa prison, excite ces tempetes. Ce geant doit rester enferme jusqu'^ ce qu'une jeune fille vierge puisse enlever cette pierre. Elle devra pour cela, d'apres un ancien manuscrit qui a disparu pendant la Revolution, passer le bras gauche dans le trou de la pierre et tenir de la main droite une ceinture b^nie, a laquelle sera pratique un noeud cqulant qu'elle tdchera de passer au cou du geant, qui, ainsi lie deviendra souple et, qui plus est, un fervent chretien. Alorsplus de tempetes k craindre. Aucune fille que je sache ne s'est encore presentee pour tenter la d(§livrance du geant. Pres de la pierre qui cl6t sa prison se voit le tronc d'un vieil arbre qui parait avoir et6 un vieux chene. Ce geant etait Tantagoniste de saint Martin et d6truisait le fruit de ses predications dans la cit6 d'Herbauges.
M. Pitre de Lisle du Dr^neuc a recueilli aux en-
IGO L^GENDES LOCALES DE LA UAUTE-BRETAGNE
virions dii Grand-Auvern(5, la curieuse legendiei qui suit, el qui a pour theftlre un 6tang du voisinage ; je la donno en enlier, bien que Louies ses parlies ne soient pas en rapport direct avec les eaux.
Dans le temps des guerres deS Anglais, le fils du seigneur de Youvantes cheminait pour retourner che2 iui, quand il se perdit dans la for6t. Comme son cheval avail soif, il tirait toujours du c6te de Teau, si bien qu'il Tamena au bord de r^tang de la Poiteviniftre. Pendant que le cheval s'abreuvait, le cavalier vit une belle dame, loute en blanc, qui se baignail au-dessous des branches. Le Voil^ qui pousse son cheval vers elle ; mais comme la demoiselle avail grand' peur, elle se sauva dans Teau, k la nage. Le cavalier laisse son cheval el se jelle dans Teau apres elle. II nageait si vile, si vile que Teau en volail.
Arrivee au milieu de T^tang, la demoiselle voyant qu'elle allait etre prise, se laissa couler.iAlors le jeune homme allonge la main, mais il iie peul empoigner que le boiit de ses cheveux. II se met k lirer el rien ne venait, car la demoiselle s'etait cramponn^e aux herbes du fond, el c'elait Iui qui commengait k couler. II lAche prise et l^che de revenir, mais comme il avail garde ses armes sur Iui, il s'alourdissail el Teau Iui venait jusqu'au menton. Alors il demande a saint Laurent, son patron, de le tirer de la pour qu'il ne inouriit pas