LES ETAN6S ET LES LACS
saas confession, el aussit6t il se sent ramene sur I'eau et pouss6 jusqu'au bord.
Quand il fut k terre, il avail lant de chagrin d'avoir fait noyer la demoiselle qu'il rattrape son cheval, court le vendre k la ville, avec ses armes et tout ce qu'il avail, et en revenant^ le long du chemin, il jelait son argent aux pauvres gens. Apr^s cela, il retourne dans lafor^t et se b^tit une cabane en branchages, comine les charbonniers. Tout le jour, il faisait des prieres et ne mangeait que des herbes, des f^nes et des luss^s, il ne buvait que Teau de la fontaine qui est auprfes de sa cabane. Gomme il priait toujours saint Laurent, on Tappelait Termite du Saint-Laurent, et les gens qui avaient des fi^vres venaient le trouver pour qu'il les fasse passer.
Yoil^ qu'une nuit, un grand orage arrive sur la foret ; le tonnerre tonne, le vent fait rage, si bien que la cabane s'envole en morceaux et Termite se sauve dans les bois. 11 arrive par une petite voyette tout contre un gros ch^ne, qui etait le chene a la gland^ et comme Tarbre etait creux, il se gite dedans et se met k Tabri. Toute la nuit le vent faisait craquer Tarbre et secouait les branches. Au matin, il veut sortir de son arbre, mais le vent Tavait si bien tordu que le trou s'^tait referme^ el qu'il ne pouvait plus passer. Alors, il se met k gratter la terre au fond de Tarbre, et en grattanl,
IG^ LtGENDES LOCALES DE LA nAUTE-BRETAGNE
il Irouve un degr6^ puis un autre, el le voil^ descendu dans un soutcrrain noir comme terre. On voyait seulemeot comme une petite lumi^re au bout. II ailait toujours, tant qu'k la fin, le voilk sorti en plein soieil dans un beau jardtn, juste au beau milieu de T^lang. II y avait parlout des bouquets, des sentes fleuries, et dans une allee la belledame en blanc qui se promenait. Bien vile, il va lui demander son pardon, en lui jurant que si elle veut r^pouser, il la m^nera chez son pere h Vouvantes. Elle lui repond qu'elle vent bien, mais qu'il faut qu'il fasse encore sept ans penitence.
Revenu dans son bois, il se met h refaire sa cabane ; comme il savait que c'etait pour longtemps, il la b^tit cette fois en pierre, pour que le vent ne Temporte pas, avec une petite chapelle k c6te. II y avait sept ans qu'il 6tait 1^, quand une nuit, la clochette se mit k tinier. II ouvre sa porte, et il trouve la dame en blanc qui dit qu'elle amene un moine de Tabbaye qui va les marier. Les voiU\ tons deux dans la chapelle ; les cierges etaient en cire jaune, le moine habilld de noir, et il chantait des Miserere et des De profundis. Pendant la messe, Termite pleurait que le pave en 6lait mouille. Enfin, au dernier oremus, il prend son anneau benit pour le passer au doigt de la dame ; mais au lieu do sa main, il ne Irouve qu'une mani^re de fum6e chaudo. Mors, il tomba raide mort.
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Le moine se mit k dire son enterrement, et apr6s, il Tenterra au pied de la chapelle. 11 a pousse dessus une grande boui^e d'^pine blanche. On dit que quand la buee se leve au matin sup Tetang, elle reste longtemps accroch^e k T^pine du Saint-Laurent.
Le cMteau de Prince (Loire-Inferieure) est accompagn^ d'un 6tang, dans lequel sont de petites iles auxquelles on donne le nom dlles enchant^es. C'etait iSi, dit-on, que Barbe-Bleue enfermait ses femmes.
Les tf Grands-Moulins » sont situes au bord de TEtang-au-Duc, pres de Ploermel, petit lac qui a douze kilometres de longueur. Aupr6s des « Grands- Moulins )) est une chaussee qui sert de barrage 5. TEtang. En cas de rupture du barrage, tout le pays serait inond6. Aussi, autrefois, d'apres les clauses du bail pass^ entre les dues et le tenancier des Grands-Moulins, celui-ci^devait avoir toujours un cheval bride et selle, pr^t ci servir au cavalier qui, en cas de rupture de la chaussee, devait courir en porter la nouvelle de village en village, jusqu'^ Malestroit.
Dans la croyance populaire nombre d'etangs passent pour receler des tr^sors ; peut-6tre est-ce un lointain souvenir de Tepoque oil les Gaulois
cachaieDt des richesses sous les eaux, ou les oflTraient aux diviniles aqualiques. L'elang du chdteau de Monlauban, qui est si profond que les plus longues perches k mulons n'onl pu en atteindre le sol, contient, de m6me que beaucoup d'autres, une barrique d'or. A Sainte-Colomhe, le seigneur des Moltes a jct6 au fond du lac, oil il git encore, un tonneau rempli d'or.
Parfois on connait xneme par le menu les circonstances dans lesquelles le Ir^sor ful enfoui : celui qui se trouve dans Tetang de La Motte-du- Parc, pres du Gouray, y fut pr6cipit6 par accident un jour que le cheval attel6 ^ la charrette qui le portait recula dans Teau et y disparut ; suivant une autre version, ce seigneur etait tellement brigand que le roi de France envoya contre lui une arrnee : se voyant perdu, il Bt charger tous ses Irc^sors sur une charrette qu'il donna k conduire h son domestique ; celui-ci ne voulut pas monter dessus, parce qu'il savait que Ton passerait sur une lourneou^re ou fondri^re. Le seigneur allait le tuer pour le punir de sa desob^issance, quand il fut atteint par une balle el tout le monde fut content d*6tre debarrass6 de lui. Le cheval qu'on laissa alter k sa guise fut englouti dans Tetang avec sa charrette d'or.
Paul Sebillot, Traditions de (a Hautc-Bretagney t. I,
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p. 86; Gargantua, p. 46, 79 ; Theuvenot. Notes sur quelqucs monuments anciens de la Manche, de riUe-ct-Vilainc, etc. Compte-rendu de la Society fran^aise d'archeologie. 1878 ; Thomas de Salnt-Mars. Mem, de VAcaddmie Celtique, t. V, p. 105 ; Revue des Traditions populaires^ t. XII, p. 589, t. VII, p. 211; Pitre de l'Isle du Drkneuc. Diet, arch, de S^-Nazaire, p. 27 ; Guillotin de Corson. Traditions de la Haute- Bretagne^ p. 36; Paul Sebillot. Traditions et Superstitions, t. I, p. 163; Fougeres. Annates de Bretagne, t. XI, p. 641 ; Elvire de Gerny, Saint- Suliac, p. 65 ; Grain. Folk-lore de I'llle-et-Vilaine, t. II, p. 317 ; Thomas de Saint-Mars. Mem. de VAcademie Celtique, L V, p. 93; Revue des Traditions populaires, t. XII, p. 289; Girault de Smnt-Fargeau, Geographie de la Loire- Inferieure. Revue des Traditions populaires, t. XII, p. 683; Paul SiSbillot. Traditions et superstitions, t, I, p. 350,
Les Fondri^res et les Marais
ANS certains endroits des prairies ou k la queue des etangs se trouvent parfois, au-dessus d'une couche d'eau plus ou moins profonde, des terrains mouvants qui s'affaissent lorsqu*un corps un peu lourd passe dessus. On ne parle de quelques-unes qu'avec une sorte de terreur, et Ton assure que des b6tes ou des gens y ont disparu sans retour dans les profondeurs d'une sorte de vase, ou dans des esp^ces de rivieres souterraines qui, apres un long trajet au-dessous du sol, vont reparaitrei\ des distances considerables.
Les legendes qui s'attachent k cet ordrc d'idees sont surtout r^pandues aux environs de Moncontour. Au Gouray Ton affirm e que la « lourneou6re » des Noes de la Ville Doualan va jusqu'^ Dinan ; c'est au meme endroit qu'aboutit celle de la Mottedu-Parc, et qu'on retrouva un bMon marqu^ qui y avait ^te jete par un homme, et m^me un boeuf qui s'y etait enlise.