LES BATAILLES ET LES SIEGES ^3S
d'Armes auraient ete enfouies les armes des ennemis.
A Noyal-sous-Bazouges, il y eut autrefois une grande bataille, et les vainqueurs oblig^rent les vaincus ii Clever, de leurs propres mains, .un menhir.
L*auteur do^.rarticle Saint-Aignan (Loire-Inferieure), dans la nouvelle edition d'Ogee, avail recueilli une tradition selon laquelle les Poitevins et les Manceaux en seraient venus jadis aux mains sur les Landes de Gauchon.
La tradition locale ditqu'^ la Ville-au-Traitre en Vieux Bourg Quintin, « une arm6e romaine » fut enti^rement d6truite dans une bataille terrible qui s'y livra. A Evran, pendant des siecles, la charrue a respecte le lieu ou Du Guesclin et les Anglais se baltirent pres du Pont d'Evran. A Rieux, on raconte qu'une bataille sanglantc se livra presdu chciteau ; dans le pr6 dit de la Bataille, les combattants avaient du sang jusqu'ii la cheville.
Comme la plupart des grands ev6nements qui changent les destinies d'une nation, la bataille de Saint-Aubin du Cormier (1488) fut prec6d6e de prodiges; sans doute on vit quelque temps avant des armies se choquer dans les nuages, et d'au-
i3G L^GENDES LOCALES DE LA ilAUTE-BRETAGNE
tres signes avaat-coureurs de la catastrophe oti p^rit rindcpendance de la Bretagne ; Tua d'eux nous a 6te conserve par rannaliste Belleforest, qui ecrivait un demi-si^cle apr^s la bataille : il s'agit d'ua combat furieux entre des oiseaux et il le rapporte vraisemblablement d*apr6s une tradition qui courait peut-^tre en Bretagne, et qu'on avait raconte, en Vy localisant, bien avant lui. On lit dans les Facilies de Pogge : Au mois d'avril de cette ann^e 1451, il arriva une chose etonnante sur les confins de la Gaule et de cetle contree qu'on nomme aujourd'hui Bretagne. Des pies et des geais apr^s s'^tre formes dans les airs en ordre de bataille, pouss^rent des cris pergants et se livr^rent pendant tout le jour un combat acharne. Les geais furent vainqueurs ; on trouva morts par terre jusqu'^ deux mille des leurs et quatre mille pies. Ce que signifie ce prodige le temps nous Tapprendra.
Voici le recit de Belleforest : Un pareil ev6nement estonna et les Bretons et ceux de leur ligue, lors que Louys Due d'Orleans (qui depuis fut Roy de France et des plus doux et meilleurs Princes qui iamais y commanderent) sarma contre Charles ; car il fut veu en Tair vn combat si furieux entre les Geais et les Pies, que la terre ^toit couuerte des corps outres de ces oyseaux, par Tespace de plus de deux lieues de terre, et s'estans 1^