‹ Légendes locales de la Haute-BretagneChapitre 59 sur 69 · LES BATAILLES ET LES SIEGES · texte numérisé non relu

LES BATAILLES ET LES SIEGES

assemblees les compagnies legeres et escadrons plameux, tout ainsi que les escadrons des soldats ont de coustume de s'arrenger pour donner quelque iournee et ce en vn lieu appelle sainct Aiibin, auquel mesme fut liuree celle memorable bataille, presagee par ce combat d'oiseaux, en laquelle les Princes d'0rl(5ans, Bretons, de Dunois, Orenge, Comminge, Albret et dTscalles Anglois, furent deffaits par le Roy, y moururent sept k huict mille Anglois, Bretons et Gascons, venus au secours des seigneurs de la ligue.

Cette tradition est maintenant oubliee aux environs ; elle fait songer aux batailles de chats qui, d'apres plusieurs r^cits que j'ai recueillis, pronostiqu^rent la Revolution.

J'ai habits assez longtem|)s k une tres petite distance du lieu ou se donna la bataille ; et j ai maintes fois interrog^ les gens du pays sur les souvenirs que la tradition conservait de ce fait memorable. Voici en resume ce que j'ai pu recueillir :

Les Bretons s'etaient post^s k Moronval, pour attendre les Normands ; ceux-ci furent d*abord vainqueurs ; mais les Bretons, ayant tequ des renforts, tirent un tel massacre de leurs ennemis, que I'etang de la Rousseli^re fut ainsi nomme parce qu'il 6lait rouge du sang des Normands. II est possible que la tradition populaire ait confondu

i\d LI^GENDES LOCALES DE LA HAUTE-BRETAGNE

les Normands et les Kran^ais, le lieu oCi ce fait de guerre se serait pass6 6lant voisin du champ de balaille de Saint-Aubin du Cormier. Toutefois, en raisoa do ce que le denouement de la rencontre est tout different, il est permis de supposer qu'il s'agit d'un combat plus ancien ; Saint-Aubin n'est pas Ires eloigne de la fronliere de Normandie, et ce pays de Marches dut sou vent ^Ire expose aux invasions normandes.

Les habitants de Poligne ( Ille-et-Vilaine) ont souvenir de batailles et de massacres qui ont eu lieu dans deux endroits : assez pr5s de Bout-de- Lande on montre un terrain oCi Fabondance du sang a 6le telle que I'herbe ne pent plus pousser ; au-dessous de la chapelle du Desert on voit deux landes nomm^es les Saigneries M . Harscouet de Keravel ayant demande ^ un paysan qui le conduisait k quelle dpoque avaient eu lieuces tueries, il lui repondit : « Peut-^tre bien en 93 ou deux cents ansavant ».

Les sieges ont laisse plus de souvenirs que les batailles ; sans en etre bien precis, ils sont toutefois moins confus : ce que la tradition a surlout retenu, ce sont les ruses des assi6g.eants et des assieges, les trahisons qui avertissent les ennemis

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