X ' PREFACE
Les sentiments de sonpeuple,telsqu'ilsr^sultent de ses l^gendes, et m6me de ses superstitions, me semblent donnerdecette population demi-sang, interm6diaire enlre le pays qui a conserve la langue celtique et le reste de la France, une idde qui est loin d'etre d(5favorable. Si Ton s*en rapporte a la tradition orale qui, consid^r^e parmasses, est une image assezfidele des sentiments populaires, on a Timpression d'un ensemble de qualit^s raoyennes, avcc des id^es de charity assez remarquables, et un sens dela justice qui se manifeste par les punitions qui frappent presque toujours les m^chants, parfois en d^pit de Thistoire, et par la recompense accord^e aux actes qui sont louables ou courageux. Ce n'est qu'aux pdriodes de guerre civile que Ton rencontre des Episodes sauvages ou sanguinaires, plus communs d'ailleurs dans les traditions d'autres groupes provinciaux.
Je pense qu'on ne regardera pas comme entach(5es d'optimisme ccs reflexions qui me semblent pouvoir ^trc faites k Toccasion d'un ouvrage ou j'ai essay^ de retracer le plus exacte-
PRl^FACE XI
ment qu'il m'a 6\6 possible^ les r^^cils et les opinions populaires, sans autre souci que celui de la verity, sans les charger, comme sans les embellir.
II ne sera peut-6tre pas inutile, pour la connaissance de notre pays, de lire, hc6i6 de i'histoire qui r^sulte de Texamen et de la mise au point des documents Merits, celle, si fragmentaire qu'elle soil, que le pen pie s'est faite un peu k son image, qu'il s'agisse de personnages sacr^s ou de h6ros profanes, et ou se refl^tent, avec toutc sinc6rit6, les pr^jug^s, les croyances et les sentiments intimes d'autrefois, quel que peu m6lang<5s avec ceux d'aujourd'hui. Peut- 6tre trouvera-t-on qu'il y avait quelque opportunity k bMir quelques rustiques chapelles k cdl6 des cath^drales historiques qui jadis, et tout r6cemmeot, ont 6t6 6lev6es dans notre province, et qui lui font tant d'honneur.