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MARSEILLE

ALEXANDRE GUEIDON, ÉDITEUR.

INTRODUCTION

Ces Légendes n'ont jusqu'à à ce jour figuré qu'en des recueils où elles se trouvaient mêlées à des œuvres d'un tout autre caractère. Nous les publions pour la première fois en un volume. — Aux diverses époques où ils parurent, ces poèmes légendaires furent distingués par la critique ; voici quelques extraits des principaux jugements portés sur eux :

« Le Monge des Iles d'Or offre une fable dont le fond est aussi intéressant que la forme est attrayante. Toutes les couleurs du moyen-àge sont réunies avec habileté dans cette légende du genre gracieux où le chantre du Tasse marche sur les traces de l'Arioste, Le fragment intitulé : les Fleurs, surtout est délicieux.

« S. -A. Vieillard » ^ .T

Uonileur du 4 décembre 1839.

INTRODUCTION

« Dans le Monge des Iles d'Or , le ton naïf des vieilles légendes provençales a été heureusement conservé ; et cela , sans afféterie , sans obscurité, ces deux grands écueils de ceux qui rajeunissent les chants des troubadours.

« Brisset. »

Gazette de France.

(c L'œuvre où M. Canong-e nous a paru avoir le plus complètement réussi , c'est celle quïl a consacrée à vivifier de tout le charme d'une poésie fraîche et gracieuse la légende du Monge des Iles d'Or.

Malgré la modestie d'une préface où il présente ce travail comme un simple récit en prose cadencée et quelque peu rimce^ nous sommes convaincu que beaucoup de lecteurs s'obstineront à y voir, comme nous, un poème touchant , assez richement rimé , où la simplicité du fond est singulièrement relevée par le mérite de la pensée et par l'élégance du style ; enfin, delà poésie de bon aloi. Nous avons trouvé là des descriptions pleines de fraîcheur, de beaux sentiments , de grandes pensées, une expression toujours limpide et pure; en un mot, ce petit poème est une composition riante et gracieuse faite pour impressionner doucement, et pourtant d'une manière profonde et durable , comme ces parfums suaves qui survivent longtemps à la fleur dont ils sont émanés.

« Ad. Michel, -n LAit en Province. 1830.

INTRODUCTION

« La poésie, au XIX* siècle, a un immense mérite, selon moi, mérite que ses détracteurs les plus acharnés ne pourront jamais lui refuser : c'est d'être chaste et honnête. Elle n'a jamais profané sa lyre , elle ne l'a pas ravalée jusqu'à chanter ce qui séduisait les poètes du XVIII' siècle.

« M. Jules Canon ge est du nombre de ceux qui ont le plus respecté la sainteté de la muse. Ses vers sont purs et vrais ; le sentiment qui les a dictés est l'amour du beau et du bien , et nous lui en faisons un compliment sérieux. Quand la prose fait les affaires du corps , la poésie doit faire celles de l'esprit et du cœur. Prose ou vers , il est inutile d'ajouter que l'âme du poète est la même dans ces deux langues, c'est-à-dire noble et sévère. La pièce intitulée Dante AUX Aliscamps est l'une des plus remarquables. Le sentiment de la poésie italienne est très-heureusement compris dans ce morceau de choix . On voit que M. Canonge , qui est lui-même originaire du Midi , a une prédilection toute particulière pour les belles contrées aimées du soleil. Nous l'en félicitons, la nature méridionale possède une grande qualité; c'est qu'elle est franche et naïve et qu'elle est surtout faite pour inspirer les poètes et les peintres. Dans le Midi, point de fausse mélancolie, point de faux jour, tout est éclairé de face et les couleurs sont nettement dessinées : c'est le grand mérite que l'on remarque dans les poètes de la belle école italienne :

Solo guardando a guisa di îeon quando si posa.

« Antony Deschamps. »

France litlérairc, 1839.

8 INTRODUCTION

« Il en est des nobles esprits comme des nobles cœurs : ils appartiennent également à l'humanité et à la patrie ; l'œuvre de M. Canonge porte cette double empreinte, et ses poèmes, qui tiennent en général, par le sujet ou les incidents qui s'y mêlent, aux légendes , aux traditions , à Thistoire du pays que l'auteur habite, sont devenus par leurs mérites éminents , compatriotes de tous ceux qui aiment les

beaux vers.

« Armand de Poktmartin. »

La Mode, 1848.

En fondant la Bibliothèque Provençale, nous nous sommes imposé la tâche de mettre en lumière tout ce que la Provence contemporaine inspire de plus remarquable dans la littérature , les voyages et l'histoire. La publication que nous offrons aujourd'hui sera , nous en avons le ferme espoir, favorablement accueillie par tous les vrais amateurs des lettres provençales. Elégance et pureté dans la forme , élévation et solidité dans le fond , tel est le caractère de la poésie de M. J. Canonge. Nous avons tout fait pour donner à ce recueil de légendes gracieuses une édition digne d'elles et du talent de l'auteur.

Alexandre Gueidon.

QUATRIEME ÉDITION

RKTDB PAR L'AOTEDR

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