‹ Légendes révolutionnaires (volume 2)Chapitre 79 sur 81 · Je n'ai rien pour apaiser ta faim; nous au · texte numérisé non relu

Je n'ai rien pour apaiser ta faim; nous au

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très, habitants des bois, nous vivons habituellement au jour le jour.

17. Non plus que les ascètes, nous ne faisons provision d'aliments (6). Tout en parlant ainsi à son (hôte), il pâlissait (de honte).

18. Que faire ? Cette pensée l'absorbait, ô le meilleur des Bhâratas ; il déplorait sa situation.

19- Tout-à-coup il prit une résolution, et s'adressant au meurtrier des oiseaux, il lui dit : Je vais te rassasier : attends un moment.

20. Â ces mots il alluma (de nouveau) du feu, à l'aide de feuilles sèches, et rempli d'allégresse, il dit :

21. Les Rishis, les Dieux, les Pitris aux âmes généreuses m'ont appris autrefois que secourir les hôtes était un devoir rigoureux.

22. Accorde- moi ta bienveillance, ami; c'est la vérité que je dis là , mon intention est de remplir les devoirs de l'hospitalité.

23. Le pigeon alors, sa résolution prise, fît en souriant trois fois le tour du brasier, puis il s'y jeta courageusement (7).

24. L'oiseau de proie, voyant le pigeon au milieu des flammes, se dit en lui-même: Qu'ai -je fait ?

«t bUmable '. Ma culpabilité est éDorme et me vaudra de terribles (châtiments) ; il n'y a pas de

16. L'oiseau de proie se répandit longtemps en lamentations, regrettant ses méfaits, à la vue du pigeon ainsi entré (dans le feu).

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ADHYAYÂ CLVII.

1 . Bhishma dit : Alors, l'oiseau chasseur, bien qu'exténué de faim, dit en voyant le pigeon tombé dans les flammes :

2. Qu'ai- je donc fait ainsi, cruel et insensé que je suis ! Mon crime s'éternisera avec mon existence ! — Il répétait souvent ces mots, en déplorant sa conduite:

3. Perfide, rempli de méchanceté, n'ayant jamais que de mauvais desseins, renonçant aux bonnes œuvres : tel je suis, oiseau de proie.

4. Cruel comme je suis, c'est une leçon qu'aujourd'hui (8), sans doute, me donne ce pigeon magnanime, en brûlant sa chair.

5. Je vais abandonner ma vie, mes enfants, mon épouse que j'aime tant; ce généreux pigeon m'enseigne mon devoir.

6. Â partir d'aujourd'hui, je sèvrerai mon corps de toutes les jouissances ; je (le) rendrai aussi desséché qu'une flaque d'eau dans l'été.

7. Je supporterai la faim, la soif, j'amaigrirai par les austérités mes membres, de façon que les veines deviennent apparentes, je m'imposerai des

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privations de toute sorte et je travaillerai ainsi pour l'autre monde.

8. Hélas ! par l'oblation de lui-m£nie [te pigeon) m'a moDlré comment on doit honorer un hfite ; aussi je remplirai mon devoir, le devoir est la voie suprême;

g. Le devoir tel que je l'ai vu pratiqué par ce vertueux (pigeon), le meilleur des oiseaux. — Ayant ainsi parlé, cet oiseau de proie, au karman (jusque-là) si criminel, prit une décision,

10. Ce fut de partir pour un voyage sans retour (9), s'asireignant à l'existence la plus rude.

1 1. Alors il jeta son bâton (lo), sa pointe, son fitetel sa cage, apris avoir délivré la femelle du

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ADHYAYA CXLVIir

1 . Bhishma dit : Lorsque Toiseau de proie fut parti, la femelle désolée du pigeon, se souvenant de son époux, abîmée dans la douleur, se répandit en lamentations.

2. Je ne puis me rappeler d'avoir éprouvé aucun ennui près de toi, mon bien-aimé. Toute veuve, eût-elle beaucoup de fils, est malheureuse.

3. L'infortunée, privée de son époux, devient pour ses parents un sujet d'affliction (ii). Tu m'as toujours choyée et entourée d'égards nombreux.

4. Tes discours étaient aimables, tendres ; ils dissipaient mes peines. Dans les cavernes des rochers, le long des chutes d'eau,

5. Sur la cime ravissante des arbres, j'étais heureuse près de toi. Mon bonheur était de parcourir les airs avec toi.

6. Oui, j'éprouvais de la joie autrefois, mon bien-aimé; mais tout est fini pour moi désormais. Mesurés sont les dons d'un père, mesurés ceux d'un frère ou d'un fils.

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