Gustave Bord, Pièces Jus H fieatives, 2^ partie, p
écrit à M. de Rougemont : « Je ne puis qu'approuver le parti que vous avez pris à l'égard de M. Le Prévôt ; il parait que sa tête est entièrement dérangée ^, » Deux ans plus tard, au mois de novembre 1772, M. de Sartine écrit de son côté : « C'est une espèce de fou bien méchant. » En 1775, c'est Malesherbes lui-même qui écrit : < La tête de ce pnsonnier n'est pas bien saine.... On craint qu'il n'écrive sur le gouvernement et qu'il ne jette par les fenêtres des écrits qui seraient ramassés. Cette prétendue crainte n'est pas suffisante pour priver un homme assez malheureux pour être enfermé depuis plusieurs années, de la faible consolation d'écrire toutes les folies qui lui passent par la tête 2. » Le 3 octobre 1784, le lieutenant de police, M. Le Noir, écrit au baron de Breteuil, ministre de la maison du roi : « Depuis qu'il est à Charenton, il ne fait qu'y troubler la paix et l'ordre qu'on cherche à y établir. Le prieur, qui craint, relativement à ses autres prisonniers, les effets des discours séditieux qu'il ne cesse de tenir, demande qu'il soit retiré de sa maison. 11 m'a remis plusieurs écrits de la main dudit sieur Le Prévôt qui prouvent sa méchanceté et son égarement. » Dans un mémoire dressé le 4 février 1787, par Cauchy, secrétaire de M. de Crosne 3, pour le baron de Breteuil, on lit ce qui suit : « Au mois d'octobre 1769, le sieur Le Prévôt a été transféré à Vincennes. 11 y est resté jusqu'à l'évacuation du donjon, en 1784, 15 mai, ne cessant d'écrire avec acharnement contre les ministres et les lieutenants de police, maltraitant ses porte-clefs, et donnant même, de temps en temps, des marques d'aliénation