Ordonnance royale du 2ô février
3. La Congrégation, p. 288. — Voy. aussi, sur Tai-lion religieuse dans l'armée au temps do la Restauration, les Soumiirs (Vun aumônier mililairc, par l'abbé Sève. Un vol. iu-8, Lyon, 18ÔI.
formé en ce qui était des « officiers de la cour. » Ou la Congrégation n'était pas ce que disaient ses ennemis, une association formidable el ténébreuse, qui dominait partout, qui enveloppait dans son réseau les fonctionnaires, les ministres, la cour elle-même ; ou elle avait dû déployer toute son habileté et mettre en œuvre toutes ses ressources pour faire entrer dans la maison du roi le plus grand nombre possible de ses membres, ce qui, d'ailleurs, avait dû lui être assez facile, puisque aussi bien Charles X, au dire de M. de Vaulabelle, « était devenu un des membres les plus dévoués et les plus fervents de la société i. »
Ici encore j'aurai recours à VAlmanach royal.
Dans le calendrier lisez-vous, quelquefois ?
Pour qui aime les dates exactes, les détails précis, authentiques, indiscutables, rien ne vaut un almanach. Je rouvre donc celui de 1827 et j'y vois que la Maison civile du roi était divisée en six services, ayant à leur tète le grand aumônier, le grand maître de France, le grand chambellan, le grand écuyer, le grand veneur et le grand maître des cérémonies.
Les personnes attachées à ces divers services étaient au nombre de 678 ; quatorze seulement appartenaient à la Congrégation, et encore convient-il de remarquer que, sur ces quatorze congréganisles, huit étaient des ecclésiastiques qui dépendaient de la grande aumônerie. Dans le service du grand maître de France et dans celui du grand maître des cérémonies, il n'y avait pas un seul membre de la Congrégation ; il n'y en avait que cinq dans le service du grand chambellan, qui comprenait les chambellans et les gentilshommes de la
chambre. On le voit, les affirmations do M. de Monllosier, si complaisammenl répétées par M. de Vaulabelle, n'étaient pas plus exactes, en ce qui touchait les t officiers de la cour, » qu'en ce qui regardait les officiers et les soldats de la garde royale K
Un mot maintenant, et j'en aurai fini avec le Mémoire à consulter, sur les villages de la campagyie envahis par la Congrégation, expression un peu vague qui, sous la plume de M. de Montlosier, désignait les congrégations de province, agrégées à la congrégation de Paris. Pie VII avait concédé à M. Delpuits l'autorisation de faire participer aux indulgences qu'il accordait d'autres congrégations, sous la condition de leur affiliation authentique à celle de Paris '-. Plusieurs personnes, frappées du bien produit par l'association qu'il dirigeait, souhaitèrent d'en connaître les règles pour les suivre,
1. Le comte de Puymaigre, préfet de l'Oise de 1824 à 18'J8, très en faveur auprès de Charles X, bien qu'il ne fût rien moins que congréganiste, dit, dans ses Souvenirs, à l'occasion des séjours de la cour à Compiègne : « Quand les princes s'élaiont retirés, on se mettait avec plaisir à son aise; les propos étaient très gais, et souvent même licencieux, et je dirai à cette occasion (|uc tous les hommes de la cour que j'ai vus près du Roi, loin d'être ce que l'on appelle des dévots ou des hypocrites, comme on le croyait ep j)rovince, n'étaient rien moins que cela, qu'ils ne cachaient pas plus leur indifTérence en matière religieuse que la diversité de leurs opinions politiques, royalistes sans doute, mais de nuances fort diverses; que personne n'était plus tolérant (|uc le Uoi.... On désignait comme appartenant à la Congrégation M. Francliel, M. tic Rainneville, etc., et j'ai toujours eu à me louer d'eux, en dépit de mes goûts mondains que je n'ai jamais songé à cacher. - Souvenirs sur V Émigration, l'Empire cl la Reslauration, par le comte Alexandre de Puymaigre, p. 274.
2. Pour qu'une congrégation particulière jouisse des privilèges de la Congrégation mère établie à Rome, il ne suflil pas, en cfTel, qu'elle en adopte les principes et en observe les règles, il faut qu'elle soit affiliée par qui de droit. (M. (JeolTroy de Grandmai»on, p. 226.)
et les maximes pour s'y conformer. Le P. Delpuits et, après lui, le P. Ronsin furent donc sollicités de divers côtés, et ils furent heureux de pouvoir, après examen, répondre favorablement aux demandes qui leur parvenaient. L'affiliation une fois accordée, leur intervention cessait, leur rôle prenait fin. Formées en dehors d'eux, les congrégations nouvelles n'étaient, à aucun titre, et ne furent à aucun moment placées sous leur direction. Entre ces associations de province et celles qu'ils dirigeaient à Paris, il n'existait qu'un lien spirituel, une union de prières. La plupart de ces congrégations ne comprenaient que des enfants ou de tout jeunes gens. Sept avaient leur siège dans des collèges et dix dans des petits séminaires. Elles ne faisaient pas du reste beaucoup plus parler d'elles que les académies de province du temps de Voltaire, puisque ni M. de Montlosier ni M. de Vaulabelle n'ont rien pu relever à leur charge. Et pourtant ce n'est point l'imagination qui leur faisait défaut. M. de Montlosier n'est-il pas allé jusqu'à écrire : « J'apprends en ce moment, par un recensement nouvellement fait, que la Congrégation renferme 48,000 individus. Le moyen, a dit un personnage congréganiste, de résister à une semblable congrégation M » Au moment où M. de Montlosier écrivait son Mémoire, \q nombre des admissions depuis 1801 avait été de 1,219, et comme il faut retrancher de ce chiffre les membres décédés, environ 150, le chiffre réel dépassait à peine un millier 2 : un millier de congréganistes au lieu de QUARANTE-HUIT MILLE !