Mémoire à consulter, p
brillent pas précisément par la précmon des détails. Patience ! nous allons la rencontrer dans le passage suivant : « Je ne sais rien de positif sur la Chambre des pairs. Pour la Chambre des députés, on y comptait, au mois d'avril dernier, selon les uns, 180 membres de la Congrégation; selon les autres, 150. Un député congréganiste, que j'ai pu interroger, ne m'en a accusé que lOo; mais on m'assure que depuis ce temps le nombre a augmenté. » A la bonne heure ! voilà au moins un détail à peu près précis : la Chambre des députés de 1826 comptait au minimum 10") congréganistes. Le fait est facile à vérifier, puisque nous avons la liste des congréganistes et celle des députés. Je trouve portés sur les deux listes les noms suivants : M. de Berbis, député de la Côte-d'Or; le comte Alexis de Noailles, député de la Corrèze; M. de Saint-Géry, député du Tarn ; M. de Vaulchier, député du Jura ; M. Ilersart de la Villemarqué, député du Finistère : total cinq députés congréganistes ^ Nous sommes loin du chiffre de cent cinquante, voire même celui de cent cinq. Donnons pourtant un bon point à M. de Monllosier. 11 avoue « ne rien savoir de positif sur la Chambre des pairs. » M. de Vaulabelle, lui, connaît ses pairs comme ses députés, et il écrit bravement : « La réunion des Missions étrangères, rue du Bac, comptait, à elle seule.
1. Du Croquemilaine de M. le comte de Monllosier, de M. de Pradl et de tant d'autres, par le vicomte de Saint-ChnmanK, maître des requêtes au conseil d'État, membre de la Chambre des députés. A Paris, chez Dentu, juillet 182(). — Aux cirKi députés congréganistes cités plus haut, M. Geo/Jrofj de Grandmaison croit pouvoir en ajouter trois autres : M. Borel île lirélhel, député de l'Oise ; le marquis de Villeneuve, député des Basses-Alpes, et le rhet^alier di' Hercé, député de la Mayenne; mais je crois (jue l'auteur de Ui Congrégation s'est ici montré trop généreux. M. Borel de Brétizel était membre de la Société des Bonnes-OKuvrcs, mais il ne ligure
dix-huit pai7^s de France au nombre de ses membres. » Au 8 mars 1826, date de la publication du Mémoire à consulter, la Congrégation ne comptait parmi ses membres que huit pairs de France, dont cinq seulement étaient des laïques : le comte de Breteuil, Matthieu de Montmorency, Louis de Rosambo, Jules de Polignac, le duc de Rivière. Les trois autres étaient des pairs ecclésiastiques : le cardinal prince de Croy, archevêque de Rouen ; l'abbé duc de Rohan, et Mgr Salmon-Duchatellier, évèque d'Évreux. — Déjà, en son tome IV, page 200, M. de Vaulabelle avait dit : « Quelques pairs, membres de la Congrégation, entre autres MM. La Roche foucauld-Doudeauville, Matthieu de Montmorency, de Chateaubriand, se réunissaient également dans le salon de M. Piet (1816). » Ni le duc de la Rochefoucauld- Doudeauville, nous l'avons déjà vu, ni Chateaubriand n'étaient congréganistes i.
Si M. de Montlosier a gardé un silence prudent sur la Chambre des pairs, — où il ne désespérait pas d'arriver un jour et où il a, en effet, fini par entrer, — par-
pas sur la liste des congréganistes. Le marquis de Villeneuve, député des Basses-Alpes, était le même que M. F. de Villeneuve, préfet de la Somme, qui ne faisait pas partie de la Congrégation. Quant au chevalier de Hercé, le congréganiste, qui, après avoir été maire de Laval, embrassa l'état ecclésiastique et devint évèque de Nantes, ce n'était pas lui qui était député, mais bien son frère, le comte de Hercé, maire de Mayenne. (Voy. la Vie de Mgr Jean- François de Hercé, évèque de Nantes, par Mgr Amand-René Maupoint, évèque de Saint-Denis.)
1. Au tome II, p. 293, de la Correspondance de F. Lamennais, publiée en 1859, par M. E.-D. Forgues, je trouve la note suivante de l'éditeur, à propos de l'Ordonnance royale du 5 novembre 1827, nommant soixante-seize nouveaux pairs : « La Congrégation y était représentée par MM. de Rougé, de Maquillé, Chifflet, Humbert de Sesmaisons, de la Bouillerie, etc., etc. » Ni M. de Rougé, ni M. de Maquillé, ni M. Chifflet, ni M. Humbert de Sesmaisons, ni M. de la Bouillerie ne figurent sur les listes de la Congrégation.
LA CONGRÉGATION. 2g5
tout ailleurs il voyait des congré'i:anistes. « Les villages de la campagne, écrivait-il, les officiers de la cour, la garde royale, n'ont pu échapper à la Congrégation. » Ici encore il reste dans le vague. A son défaut, j'essaierai d'être plus précis.
La garde royale, dont le roi était colonel-général, formait quatre divisions, — deux d'infanterie et deux de cavalerie, — une brigade d'artillerie et deux compagnies sédentaires, l'une de sous-officiers, et l'autre de fusiliers.
Chaque division d'infanterie comprenait quatre régiments, composés chacun de trois bataillons organisés comme ceux de la ligne. Chaque division de cavalerie comprenait également quatre régiments, composés chacun de six escadrons. L'artillerie formait Irois ré^'iments i. L'effectif complet de la garde royale était de 33,720 hommes sur le pied de guerre et de 24,7G0 hommes sur le pied de paix ''.
Voici maintenant les noms des congréganisles qui appartenaient à la garde : Augnet; de Haillon; Berlaud du Coin; Ilerbrand de Briey ; Jacques de Calhelineau; Guy de Durfort de Lorges ; comte de Faverny ; Louis de Foresta ; de Francqueville d'Abancourt ; Gallard ; François d'Isle de Beauchêne; d'isarn de Villeforl ; J.-B. Laman; Gabriel Le Roy ; comte de Modène ; Rolland de Roscoat; Armand-Louis de Rouvroy 3. En lout dix-sepi, dix-sept sur trente-trois mille !
M. de Montlosier se trompait grossièrement au sujet de la garde royale; peut-être était-il mieux in-