‹ Légendes révolutionnairesChapitre 165 sur 165 · L ENSEIGNEMENT AVANT · texte numérisé non relu

L ENSEIGNEMENT AVANT

Je lis gillotiner, dit Guillaume Kerhouant, dont je respecte scrupuleusement rortho<îrapho, je fis gillotiner en effigie Marbeuf et Kerfili émign's, il me serait trop lonc d'en faire les détailles et de pindre l'émulation que cela donna. Cet au pieds de l'arbre de la liberté sur une étale de boucher que cette cérémonie at été faite.

La tette de Marbeuf a tété déchirer avec fureur et l'autre porté au bout d'un sabn\ Les trons ont été porté en triomphe avec les biniou et au cri de Vive la nation ! Vive la république ! hors du bourg pour estre brûler et l'on a dencer la carmainnole autour du feu.

« Gillotiner » les gens en effigie, c'était bien ; mais donner la chasse aux prêtres et les livrer au bourreau, c'était mieux, et l'instituteur de l'an 11 ne laissait pas d'employer ses élèves à cette besogne. On lit dans un autre de ses rapports :

Les praîte constitutionnels vont revenir pour continuer leurs fonctions comme par le passé. Si une partie de cela pouvait estre vrai, je le croirez quand il le faudera ; mais pour croire le tout, je ne le peu, parce que la raison et la Révolution française ne peuvent réellement rétrograder. Je continuerez jusqu'à nouvelle ordre à instruire mes élèves dans le temple de la Raison, devant le bonnait de la liberté. Je leur direz la vérité pendant que je serez au milieu d'eux et j'esperre qu'ils aubaiirons à ma voix comme ils le tirent le deux de ce mois lorsque je leurs dit mes enfants un praîte refractaire vien de s'évader, allons le chercher dans les bois, les gênais, informons-nous dans les villages si on ne l'a pas vue passer. Les enfants se répendents dans les environs, une partie d'eux le trouve dans le bois de Kercadic, ils criers tous le voilà, la garde l'arrette et le livre au gendarme. Ce fut là que je trouva l'occasion de me débender contre les praîtes, leurs boîtes aux ongants et les autres bijouteries du fanatisme. Ce que j'avais dit aitait une bonne leçon pour les grands et pour les petits. Je dis en finissant au refractaire : tien voilà mes enfants je ne leur direz jamais de mensonges comtois et toutes tes semblables. Le maire fit donner du cidre aux enfants pour les défatigué

et les payer du service qu'ils venaient de rendre à la république 1.

Qu'ajouter à un tel document? et quel autre nous pourrait mieux faire connaître ce qu'a été l'œuvre scolaire de la Révolution ?

1. Un Instituteur en Van II, par Albert Macé, 1884. Pages 5 et 7.

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