‹ Légendes révolutionnairesChapitre 164 sur 165 · Paris en 1794 et i795, par C.-A. Dauban, p · texte numérisé non relu

Paris en 1794 et i795, par C.-A. Dauban, p

affaires de leur petite république. A cette scène a succédé la tenue d'un tribunal, des juges, des jurés, un accusateur public, des prévenus, jugés suivant les formes républicaines. » Et le rapport se terminait ainsi : « Cette école fait honneur à ceux qui y enseignent, et surtout au citoyen qui en est le créateur et que les élèves regardent comme un père. Il faut aider cette institution et la subventionner. » La subvention, certes, était bien placée, et la république ne perdait point ici son argent : de cette école sortira Louvel, l'assassin du duc de Berry i.

A Paris, les écoliers jouaient au tribunal révolutionnaire ; en province, ils jouaient au jeu de V aimable guillotine. A Rennes, où l'on recherchait activement, sans pouvoir parvenir à découvrir sa retraite, le député Lanjuinais, proscrit après le 2 juin 1793, un maître de pension conduisait ses élèves, lorsqu'il était content d'eux et à titre de récompense, sous les fenêtres de M™^ Lanjuinais. Arrivés là, nos jeunes écoliers installaient de petites guillotines que leur maître leur avait distribuées, et ils les manœuvraient pendant plusieurs heures '^.

On appellerait cela aujourd'hui des « leçons de choses. » Les écoliers des campagnes n'en étaient pas plus privés que les écoliers des villes. D'un rapport du citoyen Guillaume Kerhouant, ouvrier du port de Lorient, nommé, le 19 février 1794, par le conventionnel Prieur (de la Marne), instituteur communal de Languidic, je détache le récit d'une petite fête patriotique donnée par ce digne instituteur à ses élèves et aux' bonnes gens de la commune :

Page 1